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Voilà pourquoi vous avez l’impression que toutes les séries Netflix se ressemblent

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Dans son essai Netflix, l’aliénation en série, le producteur de films Romain Blondeau met le doigt sur une impression persistante : celle que toutes les productions de la plateforme semblent sortir du même moule.

Vous avez sans doute vécu cette sensation de déjà vu après avoir ingéré plusieurs séries Netflix. Qu'il s'agisse des Chroniques de Bridgerton, Emily in Paris, The Umbrella Academy, Bodyguard, The Spy, 3%, Sabrina, Narcos, The Politician. Quelle que soit l'histoire, il y a quelque chose de commun dans les éclairages en néons contrastés, la photographie, la mise en scène… Et on a l’impression d'avaler plus ou moins la même soupe. Oui, mais pourquoi ?

2017, année du changement

Pour Romain Blondeau, producteur de films et auteur du livre Netflix, l’aliénation en série, cette uniformisation est plus qu’une impression, c’est une réalité. Et son explication trouve sa source en 2017. « Tout a changé avec la série Casa del papel, explique-t-il. Avant, Netflix tentait des choses de manière assez expérimentale, comme avec The OA ou Sense 8, par exemple. Quand cette série espagnole a fait un véritable carton, je pense que ça a validé le modèle qu’il visait, à savoir des séries mises en ligne intégralement et calibrée d’une certaine manière. »

Des séries fabriquées... en série

Netflix voulait surtout s’adresser au public le plus large possible, et ne pas se restreindre à une niche de cinéphiles comme le fait la plateforme Mubi notamment. Pour devenir un média de masse, elle n’a pas eu d’autres choix que de produire séries et films pouvant plaire au plus grand nombre, d'où la nécessité d'une forme de standardisation de l'écriture et de la photographie. « La plupart des réalisateurs et des producteurs indépendants qui travaillent avec la plateforme se voient envoyer un document informel qui forme une sorte de bible d'écriture, explique Romain Blondeau. Ils ne sont pas vraiment dans l’obligation de la suivre, mais les conseils qui y sont prodigués se trouvent dans beaucoup de séries. Concrètement, chaque scène doit absolument faire évoluer le récit ou incarner une information et il n’y a aucun espace pour l’inconscient ou le vide. On est dans l’économie de la vitesse. Les plans durent 20 secondes maximum et s’enchaînent. Les spectateurs doivent tout savoir immédiatement, on ne leur laisse pas le temps de se poser des questions. On doit pouvoir les arrimer le plus longtemps possible à la plateforme et donc saisir leur attention sans jamais la relâcher. »

Pour un retour au cinéma émancipateur

Abreuvés de la sorte par la plateforme, les trentenaires auraient-ils perdu le goût du risque cinématographique ? C’est ce qu'estime Romain Blondeau. « Ceux qui ne viennent plus au cinéma, ce sont les trentenaires captés par Netflix et qui sont aussi les plus ciblés par les services de livraison du type Deliveroo ou Uber Eats. Ce sont eux aussi que l’on trouve sur les réseaux sociaux pour critiquer ou s'étonner de découvrir une horde de jeunes de 15 à 25 ans se déchaînant dans les cinémas quand ils vont voir des films tirés de leur manga favoris. C’est pourtant réjouissant de voir que c’est bien ce public de plus jeunes qui va peut-être sauver le cinéma et permettre à ce dernier de rester un média émancipateur et d’élévation intellectuelle ».

commentaires

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  1. Anonyme dit :

    Ayant tourné dans un film netflix , il y a un cahier des charges pour pouvoir bénéficier de l argent de netflix pour le tournage. Une de ces obligations est qu il doit y avoir au minimum un plan avec des homosexuels (même si le plan ne dure que quelques secondes à l ecran). Donc, si netflix oblige pour ça imaginez le reste.

  2. Anonyme dit :

    Sans doute que Monsieur Blondeau met dans le même panier nos series françaises disponibles sur Netflix telles que "10 pour cent", "les 7 vies de Léa", "Familly business", "Le bazar de la charité"...etc. Son panel est certainement basé sur ses quelques relations personnelles, car pour ma part, je connais certainement bien plus de personnes de 20-25 ans grands dévoreurs de series Netflix américaines et coréennes que de personnes de ma génération, de trentenaires. Il faut dire que le cinéma français a de quoi être inquiet lorsque l'on découvre de "grandes" series telles que "Diane de Poitiers" qui réussit l'exploit de reunir un panel de bon acteurs impressionnant et de leur faire réciter platement des dialogues écrits par un élève de 4ème, avec des mimiques dignes des clowns de Pinder.
    De mon point de vu, qui clairement a autant de valeur que celui de Monsieur Blondeau, je vois là la verve baveuse d'un triste réalisateur en manque de succès (tout juste 2 étoiles sur ses films sur allociné)... Peut-être que la vrai question que Monsieur Blondeau devrait se poser, c'est de savoir quel devrait être son métier de reclassement...?

  3. anonyme 2 dit :

    bien d'accord avec la réponse d'Anonyme ci haut.... et en plus ça prend 1 représentant de la communauté noire,arabe, orientale etc.... 1 bi, 1 handicapé, 1 non genré, 1 transgenre et si possible une Drag ....comme si dans tous les scénarios chacun de ces groupes doit être représenté, ça devient trop évident que les auteurs force le scénario et c'est souvent anachronique et irréaliste surtout dans des les séries d'époque à tendance religieuse ou on n'exposait pas ces différences ...pourquoi les productions Netflix nous mentent-elles sur les tendances de ces époques?? pourquoi changer des réalités et nous faire croire que oui oui un soir de Noël 1950, 2 homosexuels s'embrassaient sur le perron de l'église à la vue de tous ...come on Netflixx l'intention est bonne mais ne doit pas être la règle.... C'est rendu que quand on commence une série on essaie vite d'identifier les différences... et bizarrement j'ai remarqué qu'on nous impose de plus en plus des scènes passionnés entre homosexuels et on passe vite sur les hétéros dans une chambre à coucher ....trop c'est comme pas assez

  4. Moi dit :

    Je suis d accord avec anonyme2 sur les impositions de plans anachroniques et homosexuels. Ce qui est compréhensible et formateur dans sex éducation est invraisemblable dans la chronique des Bridgestone et 1899.
    Je suis cinquantenaire et ce qu j adore avec Netflix c est de découvrir d autres cultures que française et anglosaxonnes. Je regarde maintenant les séries asiatiques notamment les coréennes, aux scénarios originaux et bien ficelés, sans saison à rallonge inutile.

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