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Enfant pyjama licorne

Réseaux sociaux : ne vous inquiétez pas (trop), vos enfants savent ce qu'ils font

Le 2 oct. 2018

Nos enfants sont-ils complètement démunis face aux réseaux sociaux ? Détrompez-vous, ils sont surprenants de ressources et de lucidité. L'agence Heaven s'intéresse à ces jeunes de moins de 13 ans et livre les conclusions de son étude lors d'une conférence. Focus. 

Ils sont la première génération à ne pas connaître ce qu'aura été la vie non connectée. Eux, ce sont les « social media natives » ou « smartphone natives ». Et leurs parents sont inquiets. Après le tollé provoqué par le RGPD et le scandale Cambridge Analytica, ils se demandent - à juste titre - si les écrans ne sont pas en train de grignoter doucement, mais sûrement, le cerveau de leurs chères têtes blondes. C'est mal connaître cette nouvelle génération qui navigue sans difficulté entre les applications. Malgré leur jeune âge, les pré-ados ont une vision et un usage mature des plateformes sociales. Ils les utilisent pour communiquer simplement avec leurs amis, leur famille ou leur école. Ils comprennent les codes et les fonctionnalités de la diffusion éphémère et n'hésitent pas à laisser libre cours à leur imagination et leur créativité. 

Born this way 

« J'en suis à mon troisième téléphone, explique une jeune fille. J'en ai d'abord eu un petit. Mais j'en voulais un plus grand. Alors j'ai eu un plus grand. » Utiliser un portable coule de source pour ces jeunes. Ils sont littéralement nés avec un téléphone dans les mains. Ils ne savent même pas à quoi pouvaient ressembler le téléphone fixe de leurs parents. « Un gros truc comme ça», mime l'un deux, en mesurant avec ses mains. Ils en sont parfois à leur troisième appareil, auquel ils ne sont pas forcément attachés : « Samsung ou Apple, ça reste un portable», tranche un jeune homme. 

En matière de connexion, les 7/12 ans passent en moyenne 6 heures et 10 minutes devant leur écran. Ce qui représente une hausse de 45 minutes entre 2015 et 2017. Côté parents, ils sont 79% à limiter le temps d'usage des écrans de leur enfant. Mais, même si l'on rechigne, on est quand même bien content de pouvoir géolocaliser son bambin à tout moment. 

Twitter, le grand incompris des jeunes

Vous n'avez toujours pas saisi comment utiliser Snapchat ? Ne vous inquiétez pas, vos enfants, eux, maîtrisent très bien. Alors que les générations plus âgées galèrent à adopter de nouveaux codes, les enfants s'approprient instinctivement les usages et codes de chacune des applications. Et pour cause, dès la 6ème, 50% des enfants sont inscrits sur un réseau social. Et le taux atteint 90% dès la troisième. Ils sont inscrits en moyenne sur 3 réseaux sociaux. Snapchat et Instagram en tête, puis WhatsApp et Musical.ly (aujourd'hui Tik Tok). Le taux d'inscription sur Facebook et Twitter ne cesse de baisser. 

Pourquoi ? Facebook, « c'est plutôt pour les vieux » expliquent-ils en coeur. « C'est politique », affirme une jeune fille. « Je suis allée sur Facebook, mais il n'y avait aucun de mes amis. Du coup, j'ai abandonné », explique une autre. « Snapchat et Instagram me prennent assez de temps. Du coup, je me dis que je ne suis pas obligé de me mettre sur Facebook », conclut un dernier. Le seul avantage que les jeunes y trouvent : les jeux via Messenger et le Facebook Connect. Aujourd'hui, ce sont finalement les parents qui incitent les enfants à s'inscrire. Et il méconnaissent Twitter dont le fonctionnement sans filtre et sans rewards, contrairement à Snapchat, ne les inspire pas. S'ils y vont, c'est pour suivre leurs youtubeurs préférés. 

Snapchat : la liberté, Instagram : le réseau où tout est beau

« Je ne suis que mes amis sur Snapchat. Quand je veux parler à l'un d'eux, c'est là que je vais ».« Y'a un chien qui tire la langue et c'est rigolo ! » Pour les pré-ados, Snapchat représente un espace protégé des parents où ils peuvent communiquer en toute liberté. « Chaque jour on fait une photo, on l'envoie à des amis, et eux font pareil. Comme ça, on reçoit des flammes. » Les flammes sont un bonus qui récompense les interactions. Si un jeune ne se connecte pas pendant 24h, il perd la totalité de son butin. C'est l'une des raisons qui explique les nombreuses connexions journalières. En revanche la partie Discovery de Snapchat n'attire pas les jeunes qui plébiscitent massivement Instagram pour les nouveautés. « Moi j'aime tout sur Insta, il y a toujours des choses à voir ». « Je like quand c'est joli ou quand il y a des animaux et que c'est mignon. » « Je suis à une fête je vais faire une story mais je vais pas poster de photos. Quand il y a de la musique, c'est l'ambiance. Quand c'est des photos, on pose, on s'amuse. » 

WhatsApp pour l'école et les parents, Tik Tok pour chanter

Depuis le 30 juillet 2018, le gouvernement français a interdit les portables dans les écoles et collèges. Mais il n'est pas rare de voir des groupes s'ouvrir sur WhatsApp, à l'initiative des écoles, pour partager les devoirs ou le menu des repas de la cantine. C'est aussi l'application préférée des ados pour envoyer des messages à leurs parents. Le réseau Musical.ly (rebaptisé Tik Tok depuis le 2 août 2018) rassemble 2,5 millions d'utilisateurs en France avec une croissance forte chez les élèves de 5ème. L'application de chant et chorégraphie reste largement utilisée par les filles. 62% des jeunes filles de 5ème déclarent être inscrites sur le réseau. « Tu parles en playback et en même temps tu fais des gestes », s'enthousiasme l'une d'entre elles.  

Alors, si vous les pensiez largués, les jeunes sont finalement extrêmement lucides sur leur comportement face aux réseaux. Mais si vraiment vous tenez à vous angoisser, regardez plutôt du côté des assistants vocaux qui risquent de faire de votre enfant un connard

>> Retrouvez l'intégralité de l'étude de l'agence Heaven sur Linkedin 

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