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le plateau de debathon avec le premier ministre
© Acropolis - Capture d'écran YouTube @HugoDécrypte

Débathon : après Hanouna, les ministres rencontrent les youtubeurs (et c'est mieux)

Le 20 févr. 2019

Pendant 11h, le youtubeur Hugo Travers et les membres de la chaîne Twitch Acropolis, ont tenu le premier Débathon. 10 ministres se sont succédés pour débattre avec des jeunes autour des quatre thématiques du grand débat. On fait le bilan.

Mardi 19 février 2019, la France a vécu une grande première médiatique. En effet, dix ministres se sont succédés sur le petit plateau de Débathon, en direct sur Twitch et sur YouTube. Organisée par la chaîne Acropolis, spécialisée dans les émissions live centrées sur la politique et par Hugo Travers de la chaîne YouTube Hugo Decrypte, cette série d’interviews a rassemblé plus de 300 000 personnes.

Après une introduction avec le Premier ministre Édouard Philippe et le ministre Sébastien Lecornu — co-animateur du Grand débat national - l'émission a fait passer le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, celui de la Culture Franck Riester, ou encore le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

8 jours pour faire dialoguer des politiques avec des jeunes

Difficile de se dire au premier coup d’œil que ce marathon médiatique a été organisé en huit jours à peine. « Quand j’y repense, je trouve ça un peu dingue, nous confie Hugo Travers. C’était un pari assez fou de pouvoir rassembler autant de ministres et de les mettre face à ces jeunes. Le contexte du Grand débat nous a beaucoup aidés au final, car le gouvernement nous a apporté son soutien tout en nous laissant une complète liberté sur le choix des questions et des intervenants. »

En effet, une dizaine de lycéens et d’étudiants avaient été recrutés par l’intermédiaire du compte Instagram d’Hugo Travers pour parler de leur quotidien et poser des questions aux hommes et femmes politiques. « On avait déjà testé cette formule avec des sénateurs, mais jamais à cette échelle nous confie Jean Massiet, responsable de la chaîne Acropolis. C’est la première fois qu’on faisait un truc pareil sur internet. On espère que cet évènement va avoir un impact positif. Notre objectif final était de faire en sorte que les jeunes se sentent légitimes dans le débat démocratique et que ça puisse leur donner envie de s’investir. »

Même s’ils avaient la liberté de poser toutes les questions qu’ils voulaient, on a quand même senti les jeunes intervenants un peu timides. « On a beau leur dire qu’ils sont libres de dire ce qu’ils veulent, il y a évidemment de la crainte quand on parle à des gens aussi importants, explique Hugo Travers. On a essayé de les briefer le plus possible pour que ça se passe au mieux. Mais le fait d’avoir un chat avec des questions assez cash et des invités comme Usul, qui ont des questions beaucoup plus "rentre dedans" a permis d’avoir plus d’équilibre dans les débats. »

Un raid de pirates pendant le direct

En effet, le débathon avait aussi prévu l’intervention des internautes via un chat diffusé en direct sur un écran géant. Les questions y défilaient très rapidement et les organisateurs ont comptabilisé 28 000 commentaires à 15h. Mais la présence de 11 modérateurs n’a pas empêché quelques petites tensions. « C’était difficile à gérer pour eux, indique Jean Massiet. Le fil allait tellement vite que le temps qu’ils modèrent des contenus, ces derniers étaient déjà passés sur l’écran. Ils avaient aussi pour mission de sélectionner et de nous envoyer les questions les plus pertinentes. Mais entre les prises de paroles de ministres et les interventions des invités, on n’a pas eu le temps de toutes les passer ». Le chat a aussi subi un raid du forum 18-25 de Jeux vidéo.com (un forum bien connu pour ses attaques de trolls). Ils ont tenté de pirater les identifiants des modérateurs afin de prendre le pouvoir sur le fil de questions. « Heureusement, on a pu régler ça assez rapidement, mais ça nous a fait un peu peur », confie Jean Massiet.

Malgré ces petits soucis techniques, l’exercice semble avoir plu, tant du côté des jeunes intervenants que du côté des politiques invités. « Certains ministres comme Jean-Michel Blanquer ou Édouard Philippe restaient dans leur rôle ou n’étaient pas forcément à l’aise sur le plateau, raconte Jean Massiet. Mais on en eu d’autres comme Olivier Dussopt qui ont plus joué le jeu. » Si vous êtes fan de ce format, vous pouvez retrouver l’ensemble des lives d’Acropolis réalisé en partenariat avec Public Sénat sur leur chaîne Twitch.

Un bon moyen d'intéresser les jeunes à la politique ? 

De son côté Hugo Travers a annoncé qu’il tiendrait à partir du mois d’avril une émission live par semaine pour préparer les élections européennes de mai 2019. « Je pense qu’au fond, ils ne savent plus trop comment renouer le dialogue avec les jeunes et que c’est une bonne occasion à saisir », indique le jeune youtubeur.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les politiques tentent d’investir les réseaux sociaux pour se rapprocher d’un public plus jeune. Lors de la campagne municipale, Nathalie Kosciusko-Morizet avait déjà tenté ce rapprochement, avec une certaine maladresse. Plus récemment, c’est Marlène Schiappa qui a subi les moqueries des internautes en participant au grand débat dans l’émission Balance ton Post de Cyril Hanouna. Si le Débathon n’était pas parfait, l'émission s'avère être la meilleure formule actuellement pour engager un vrai dialogue entre les politiques et les jeunes.

POUR ALLER PLUS LOIN : 

Vous voulez rajeunir de 10 ans ? Suivez-moi, je vous emmène sur Twitch Investigation : quand les youtubeurs se la jouent Élise Lucet

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