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trois filles qui rient devant des fleurs
© Priscilla Du Preez on Unsplash

À quoi rêvent les jeunes femmes d’aujourd’hui ?

Le 27 juin 2019

Repousser ses limites, s’assumer telle que l’on est, changer le monde, flirter avec les radicalités… Focus sur les valeurs et les désirs des femmes de 25 à 34 ans d’aujourd’hui selon l'étude Féminités réalisée par l'institut Storymind en exclusivité pour Prisma Media Solutions.

En lutte contre le patriarcat, une sexualité assumée, un art reconnu, des engagements politiques, une forte personnalité, une rage de vivre… l’artiste Frida Kahlo, qui inspire aujourd’hui des millions de femmes à travers le monde, a fini par éclipser la mythique Marilyn Monroe. Si l’artiste mexicaine séduit aujourd’hui les jeunes femmes, c’est parce que ces dernières cherchent à casser les codes pour se sentir singulières et libres, souligne une étude Story Mind et OpinionWay pour Prisma Media Solutions. Pas étonnant, donc, que cette génération trouve en Frida Kahlo une icône et un modèle.

Casser les codes pour mieux exister

Sensibles aux regards des autres dans une société d'image, les jeunes femmes font étalage de leur personnalité et de leurs désirs sur les réseaux sociaux à coup de hashtags revendicatifs (#nofilter, #nomakeup, #plaisirféminin #adoptepasunmec…). Il s’agit pour elles d’assumer et d’afficher ce qu’elles sont et ce qu’elles aiment. Et Instagram est devenu en quelques années le théâtre virtuel de ces nouveaux dialogues.

Pour comprendre cette soif de casser les codes, il suffit d’écouter les nouvelles stars de la pop et du RnB francophones. « J'ai vu qu'le rap est à la mode, et qu'il marche mieux quand il est sale, Bah faudrait p't'être casser les codes, Une fille qui l'ouvre ça serait normal, Balance ton quoi, Même si tu parles mal des filles je sais qu'au fond t'as compris, Balance ton quoi, un jour peut-être ça changera » (de la chanson Balance ton quoi de la Belge Angèle) ou encore « Tu penses à moi, je pense à faire de l’argent. J'suis pas ta daronne, j'te ferai pas la morale. Tu parles sur moi, y a R(rien), crache encore, y a R. Tu voulais m'avoir, tu savais pas comment faire. Tu jouais un rôle, tu finiras aux enfers » (d’Aya Nakamura et son tube Djadja). Il faudrait donc peut-être « casser les codes » et assumer vouloir « faire de l’argent » si on écoute les jeunes chanteuses qui multiplient les tubes grâce à des punchlines entêtantes.

En attendant, les jeunes femmes d’aujourd’hui veulent plus que jamais assumer leurs identités plurielles et accélèrent le tournant intersectionnel du féminisme. « Nous ne sommes pas uniquement des jeunes femmes, nous avons des cultures, des origines, une religion ou des croyances, une sexualité multiple, une classe sociale, une ethnicité, un handicap… »

Assumer son identité, c’est aussi assumer son corps. Et nous sommes actuellement les témoins d’une véritable révolution en la matière. Cheveux, pilosité, cellulite, boutons d’acné… les jeunes femmes montrent tout sur les réseaux pour s’affranchir des injonctions liées à la beauté et font de leurs imperfections une nouvelle norme. L’occasion pour elles de se débarrasser d’un mille-feuille de sommations publicitaires et patriarcales restrictives et de réinventer une nouvelle féminité.

 

Une dernière danse avant la fin du monde

S’affranchir ? D’accord, mais il y a une autre nécessité qui se fait sentir. C’est le besoin d’intensifier le présent par des expériences radicales. Entre un date Tinder et un épisode de The Walking Dead, les jeunes femmes multiplient les stratégies pour profiter de l’instant présent, quitte à repousser leurs propres limites.

Et c’est en partie dû à l’urgence climatique. Les jeunes femmes font de plus en plus de choix radicaux. Démissionner, changer de carrière, chercher du sens dans leur activité professionnelle… finies les études qui mènent à la carrière parfaite, les jeunes femmes n’hésitent plus à prendre de la distance et parfois à tout envoyer balader. Make Sense l’a bien saisi en lançant « Paumé.e.s », « le podcast de la communauté Paumé.e.s, à écouter quand tu as envie de tout plaquer », dit la présentation. Le travail n’est plus une fin en soi et la quête de sens devient aussi importante, voire plus essentielle, que la rémunération.

Boxe, cardio training, nage avec les requins, escalade extrême, saut en parachute… toujours prêtes à repousser leurs limites, les jeunes femmes carburent à l’adrénaline. L’étude Storymind de Prisma Media Solutions parle d’une génération « Yolo Mantra », Yolo pour You Only Live Once. Ce nouveau carpe diem sur fond de collapsologie conduit même certaines femmes à adopter des conduites à risque (alcool, cannabis, médicaments…).

 

À l’ombre des jeunes filles en colère

Mais avant la fin du monde, les jeunes femmes n’ont pas dit leur dernier mot. Qu’importe ce que nous réservera l’avenir, le plus important c’est d’en être les premières actrices. Il est temps, selon elles, de multiplier les combats et pas seulement sur le plan féministe. Condition animale, environnement, précarité, pauvreté, réfugiés… elles sont sur tous les fronts. Le récent hashtag #Çavasaigner, qui met en en scène des femmes et leurs tâches de sang sur leurs vêtements pour dénoncer la précarité menstruelle, en dit long sur leur détermination à ne plus jamais rien laisser passer. Plus extrême, le mouvement né à Londres et fondé par une femme, Extinction Rebellion, collectif activiste qui prône la désobéissance civile devant l’inertie des États en matière d’urgence climatique, compte beaucoup de jeunes femmes et de tout horizon (le compte Twitter du mouvement affiche près de 200 000 followers).

Des jeunes femmes tellement en colère face au monde qui les entoure, qu’elles sont en passe de mettre à genoux la domination masculine du militantisme. Si les jeunes femmes se rebellent, c’est probablement parce qu’elles ont moins d’illusions que leurs mères et qu’elles ne sont plus pressées de rejoindre l’âge adulte, même si cela signifie prolonger l’adolescence. Pourquoi s’installer dans un monde incertain ?

 

Sororité et nouvelles idoles

Pragmatiques et plus informées que jamais, elles misent sur la solidarité féminine pour faire avancer leur cause. Créative, connectée, mondialisée, la génération des 25-34 ans pioche dans l’histoire pour la réécrire en réhabilitant par exemple la figure de la sorcière grâce aux travaux de Mona Chollet, relit Judith Butler et s’inspire des gender studies pour acculturer une société aux questions de genre et d’identité, applaudit Beyoncé et Emma Watson pour leurs prises de parole féministes, investit internet pour être virale et entendue et va même jusqu’à inventer un nouveau langage (mecsplication, manspreading, manterrupting…) pour dénoncer les dérives du patriarcat. Les jeunes femmes d’aujourd’hui embrassent un féminisme global, inclusif et n’hésitent plus à adopter des méthodes de guerrières. Intolérante aux injustices et à la masculinité toxique, cette génération se rassemble et ose le crier dans la rue comme sur Twitter (voir #Noustoutes). Dans ce contexte, il n'est pas surprenant que Prisma Media, qui s'adresse à 17 M de femmes chaque mois, ait entrepris de créer Simone, le média 100% social qui valorise l'empowerment féminin, sur un ton à la fois libéré et divertissant.

Trouver sa place et s’y sentir bien, s’exprimer, revendiquer ses idées, s’assumer, ne rien s’interdire, débusquer des échappatoires et vivre intensément, trouver sa fibre artistique et spirituelle, tout quitter pour mieux se retrouver, se battre pour ses idéaux… voilà ce que souhaitent profondément les jeunes femmes d’aujourd’hui. Entre désirs et nécessités, espoirs et détresse, elles inventent de nouvelles règles et posent les bases de ce que pourrait être le féminin de demain. « Rien n’est absolu. Tout change, tout bouge, tout tourne, tout vole et disparaît », disait Frida Kahlo. Et ça, les jeunes femmes l’ont bien en tête…

Etude exclusive Storymind pour Prisma Media. Approche qualitative (focus groupe) et quantitative auprès de 700 femmes de 25-64 ans.

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