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Une bouche sur un fond de déchets plastique
© master1305 via Getty Images

Le plastique : toutes les entreprises en parlent, peu agissent

Le 19 juin 2020

Quand les grandes entreprises du secteur FMCG parlent environnement, l’ennemi à abattre est toujours… le plastique. Mais force est de constater que derrière les effets d’annonce, les actions suivent peu.

Le plastique et la grande conso, c’est une histoire d’amour qui dure un peu trop. Sur fond de « je t’aime moi non plus », les acteurs du secteur ne cessent de se faire épingler par les ONG, puis de promettre qu’ils vont tout arrêter. Promis, juré. Le résultat ? Ce sont de petites initiatives, pas franchement signifiantes, qui ne font pas vraiment avancer le sujet.

C’est le constat de l’association As You Sow, dont la mission est de favoriser les actions RSE des entreprises. Dans son dernier rapport, l’organisation a noté 50 grosses sociétés, en fonction de leurs efforts en matière de plastique à usage unique.

Unilever en haut du podium

Le rapport de l’association, intitulé Waste and opportunity 2020: searching for corporate leadership, analyse les actions de grandes entreprises internationales selon six champs d’action : le design des packagings, leur réutilisation, ceux qui sont recyclés, les données disponibles sur le sujet, le recyclage et la responsabilité producteur. Premier constat : aucune des 50 entreprises choisies par l’association n’a de très bonne note. En haut du podium figure Unilever, qui s’en sort avec un B+. L’entreprise a d’ailleurs récemment annoncé consacrer un milliard d’euros à des projets plus respectueux de l’environnement.

S’ensuit une quantité d’annonceurs notés de C+ à C- : Nestlé Waters, Colgate-Palmolive, Coca-Cola, Procter & Gamble, McDonald’s, Starbucks… Du côté des très mauvais élèves (notés F), on retrouve Hershey’s, Domino’s Pizza ou encore Whole Foods, qui appartient à Amazon. On dirait que les 10 milliards de dollars débloqués par Jeff Bezos pour lutter contre le dérèglement climatique n’ont pas permis au distributeur de revoir sa politique plastique.

Le classement des entreprises en fonction de leurs efforts sur le plastique

Des actions anecdotiques et pas assez d’implication de la part des politiques

Conrad MacKerron, à l’origine du rapport, regrettait dans les colonnes Fast Company que les initiatives menées par les entreprises épinglées soient anecdotiques au regard de l’ampleur du problème. « Nous sommes à un stade où les actions volontaires ne sont plus suffisantes », estime-t-il. Si les sociétés continuent sur leur lancée, la pollution plastique devrait quadrupler d’ici 2050. Le problème, c’est que pour l’instant, il existe peu de contraintes à ce niveau-là. Et les petites boîtes sont aussi concernées. « Sans lois qui imposeraient les mêmes standards et objectifs à toutes les entreprises, la plupart des petites entreprises peuvent se cacher derrière les mauvaises actions des grandes, qui sont dans la ligne de mire des activistes. Il faut une pression commune de la part des consommateurs, des activistes et des entreprises progressistes pour parvenir à des réformes globales », conclut-il.

Mélanie Roosen - Le 19 juin 2020
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