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Les personnages de Silicon Valley, en train de sauter de joie

Les scientifiques feraient de meilleurs startuppers

Le 4 juill. 2018

Alors que l’on entend dire que pour lancer sa boîte, il faut plutôt un état d’esprit qu’un gros diplôme, certains réfutent. C’est le cas de la doctoresse Anna Powers, qui explique pourquoi pour créer son entreprise mieux vaut avoir un doctorat en sciences.

La doctoresse Anna Powers est formelle : les individus qui ont suivi une formation scientifique font de meilleurs entrepreneurs que les autres. Elle-même entrepreneuse, elle partage son raisonnement dans les colonnes de Forbes : celles et ceux qui lancent leur entreprise doivent, au quotidien, répondre aux mêmes problèmes que les élèves en science (surtout au niveau du doctorat).

Une théorie qui va à contre-courant de tout ce que l’on entend en ce moment : les disciplines dites « STEM » (Science, Technology, Engineeing, Maths) n’ont plus vraiment la cote ! Chez Google, on s’accorde à dire que les meilleures recrues ont plutôt des qualités humaines. Ailleurs, on les oppose aux « soft skills », ces qualités comportementales qui séduisent les entreprises. Enfin, des expériences montrent que pour lancer sa boîte, mieux vaut disposer d’un état d’esprit particulier plutôt que d’un diplôme formatant.

Mais Anna Powers n’en démord pas : les élèves en filières scientifiques apprennent à résoudre des problèmes de façon tangible, avec des réponses concrètes et un cheminement logique pour y parvenir. « Les étudiants en sciences apprennent à regarder les données et à trouver une réponse à partir de là. C’est la même chose pour les fondateurs de startups : ils doivent résoudre des problèmes de façon concrète et obtenir des résultats à partir des données dont ils disposent ».

Elle poursuit : il ne suffit pas d’un BAC Scientifique pour avoir les qualités d’un super CEO. Pour elle, il faut avoir un doctorat – « les doctorants doivent résoudre des problèmes qui n’ont jamais été résolus jusqu’alors, c’est la définition même de l’innovation ». Idem pour celles et ceux qui créent une startup : il faut une idée qui vienne répondre à un besoin jamais considéré jusqu’alors, trouver la solution à un point de friction, proposer une alternative à une offre dépassée…

En conclusion, elle explique que les « fondateurs de startups et les doctorants partagent la même mission, mais dans des contextes différents ».

Le point de vue est partagé par Guillaume Vandenesch, ancien Directeur Général de Hello Tomorrow. Il regrette que les projets les plus visibles soient des projets « gadgets » - un énième réseau social ou une appli un peu sympa – et pas ceux de vrais scientifiques, capables d’impacter le futur. « Ils répondent à de grands enjeux sociétaux. Leur rôle n’est pas de vendre un produit ou une solution, mais de présenter des technologies révolutionnaires dans un contexte plus large ». Des innovations pas forcément faciles à appréhender, mais utiles pour un futur souhaitable…

La théorie divise, évidemment. Et que les nuls en maths se rassurent : les formations pour devenir entrepreneur ou entrepreneuses fleurissent – notamment en France où des lieux dédiés au sein des écoles traditionnelles se mettent en place.

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