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Des journaux placés en éventail
© Serezniy par Getty Images

Confinement, semaine 4 : trois articles à lire pour aborder la crise autrement

Le 10 avr. 2020

Dans le flux des infos, chaque semaine, nous partageons trois textes parus dans la presse et qui nous ont le plus intéressé.

Pour percer le mystères des prévisions des épidémiologistes...

Par Zeynep Tufekci, le 2 avril, dans The Atlantic - à suivre sur @zeynep

Si vous ne connaissez pas Zeynep Tufekci : C’est une sorte de techno-sociologue qui s’intéresse donc aux implications sociales des nouvelles technologies, de l'intelligence artificielle et des méga-données, entre autres. On vous recommande la lecture de son ouvrage Twitter & les gaz lacrymogènes, qui décrypte l’influence des réseaux sociaux sur les mouvements sociaux à travers le monde.

Ici, le constat de Zeynep Tufekci : Pour la crise du Covid-19, les recommandations fournis par les chercheurs reposent sur des modèles prédictifs. Or, il semble souvent a posteriori apparaître faux.  Pourquoi ? Pare ce que ces modèles décrivent un éventail de possibilités - et que ces possibilités varient selon les comportements qu'elles nous font choisir.

Trois idées fortes à retenir :

  1. Les épidémies se développent de façon exponentielle, ce qui les rend particulièrement sensibles à nos actions.
  2. Les modèles et les calculs reposent sur des chiffres qui sont contestables.
  3. Ces estimations sont surtout faites pour nous éviter de faire les choix les plus funestes.

« Le véritable antidote à l’épidémie n’est pas le repli, mais la coopération »

Par Yuval Noah Harari, le 5 avril, dans Le Monde (traduction d’un article paru dans Time) - à suivre sur @harari_yuval

Si vous ne connaissez pas Yuval Noah Harari : C’est le moment de réparer cette lacune, et vous avez peut-être le temps de plonger dans l'un de ses trois opus qui ont fait sa mondiale renommée : Sapiens, Homo Deus, et les 21 leçons pour le XXIème siècle. L’historien israélien en agace certains qui lui reprochent des associations et des raccourcis douteux et quelques pronostics erronés. Les autres apprécient la souplesse de ses analyses qui proposent toujours une lecture qui pousse au questionnement.

Ici, le constat de Yuval Noah Harari : Pour pallier la crise du Covid-19, la plupart des solutions mises en place parle de construire des murs, de restreindre les voyages, de limiter les échanges. Pour Yuval Harari, c’est exactement le piège à éviter.

Trois idées fortes à retenir :

  1. Les épidémies ont toujours existé, elles ont toujours été très meurtrières, et la chose qui devrait nous étonner – et peut-être nous réjouir – c’est que malgré nos explosions démographiques, nos déplacements inter-continentaux, leur nombre n’a cessé de décroître.
  2. Or, c'est la coopération – des scientifiques et des politiques – qui a permis de lutter contre les pandémies.
  3. Si la crise du Covid-19 devait nous conduire à une désunion entre les nations et à une méfiance accrue entre les hommes, ce sera la plus grande victoire du virus.

Et un grand bol de philo pour faire passer...

Par Pierre Zaoui, le 7 avril, dans Philosophie Magazine.

Si vous ne connaissez pas Pierre Zaoui : C’est un philosophe qui a écrit un essai en 2010 intitulé La Traversée des catastrophes... un titre qui laisse penser que, peut-être, Pierre Zaoui aborde la crise du Covid-19 avec un souffle d’avance. Ce fut en tout cas l’intuition de Catherine Portevin, cheffe de la rubrique « Livres » de Philosophie magazine. Et comme elle a eu raison.

Ici, le constat de Pierre Zaoui : Il souligne combien vivre cette expérience de confinement convoque d'émotions et de pensées contradictoires, complexes, nuancées, et d'autres plus trash et plus épaisses. On ne vous résume pas. Mais on vous invite chaleureusement à cliquer sur le lien, et à prendre le temps de déguster cet entretien.

Béatrice Sutter - Le 10 avr. 2020
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