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Un signe vert en neon qui représente une feuille
© Suzanne Bainton via Getty Images

Économie de demain : quelles solutions pour les entreprises ?

Le 5 sept. 2019

Face à l’urgence sociale et écologique, les Universités d’été de l’économie de demain ambitionnent de trouver des solutions pour changer de modèle. Objectif : faire des entreprises les pionnières de cette nouvelle donne.

90%. C’est le nombre d’entreprises qui souhaitent s’engager dans la transition écologique.

Partant de ce constat, les Universités d’été de l’économie de demain (UEED) ont réuni au sein de la Cité Internationale Universitaire, des experts, des patrons bien installés, des entrepreneurs débutants et quelques visages politiques pour mener, ensemble, une réflexion sur un thème commun. Comment créer un impact positif sur le monde d’aujourd’hui et inventer un nouveau modèle pour demain ?

Comment ça marche ?

L’idée n’est pas, ici, de proposer un format de conférences figées. Les 3 et 4 septembre 2019, nous avons vogué entre les espaces de travail, les lieux de discussion et l’amphithéâtre pour assister aux plénières. Pendant les conf’, tout le monde a son smartphone en main. Mais c’est pour la bonne cause – promis. Ici, les mobiles n’isolent pas : ils retrouvent leur fonction première, celle de nous faire communiquer. Un peu à la manière d’un tribunal participatif, nous sommes invités à poser des questions aux intervenants via l’application Klaxoon, les alpaguer, voter pour les solutions qu’ils proposent, répondre à des quiz… le tout dans une ambiance ludico-régressive assez jouissive.

On y voit qui ?

Les profs de cette université d’un nouveau genre se suivent et ne se ressemblent pas. Entre autres, et de façon non exhaustive, on se questionne sur l’économie à impact avec Jean-Marc Borello du Groupe SOS, Pascal Demurger du groupe MAIF, Cécile Duflot d’OXFAM France, Jérôme Saddier du Crédit Coopératif ou Mathias Vicherat de Danone. On s’interroge sur la nécessité des labels, avec Blaise Desbordes de Max Havelaar, Guillaume Gibault du Slip Français, Emery Jacquillat de CAMIF et Catherine Vampouille du Centre des Jeunes Dirigeants. On remet en cause nos valeurs d’aujourd’hui, notamment avec la brillante – et un poil angoissante – vision de Tom Rippin, qui compare l’économie actuelle à un cancer. On prend des leçons de management, avec Antoine Jouteau, dirigeant de leboncoin. On pleure un bon coup, avec l’intervention dure, mais nécessaire, de Najat Vallaud-Belkacem, désormais CEO Global Affairs chez IPSOS et d’Alice Barbe, de Singa. Elles ont parlé du sort réservé aux réfugiés, du blocage de l’opinion publique, de la nécessité des leaders de s’engager pour la faire évoluer.

Le tout s’est terminé sur un ring de boxe réunissant Thierry Beaudet de la Mutualité française, Laurent Berger de la CFDT, Dominique Carlac’h du Medef, Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’ESS, Jonathan Jérémiasz de MOUVES, Roland Lescure de l’Assemblée Nationale et Eva Sadoun, de Lita.co. Le débat, qui portait sur la loi PACTE, était musclé. Entre punchlines bien senties et piques à peine dissimulées, les invités n’ont pas hésité à exprimer le fond de leur pensée, quitte à se faire parfois chahuter par les questions du public. Le tout, sous l’arbitrage juste et maîtrisé d’Audrey Pulvar.

On fait quoi comme devoirs ?

Ça, c’est pour la partie cours magistral. Côté TD, on se retrouve par petits groupes au sein de workshops thématisés. Répartition des richesses avec les salariés, alimentation du futur, devenir une entreprise apprenante, réinventer le management en mode participatif, être une entreprise moins polluante… on y recueille les témoignages – à succès ou non – d’autres participants, puis on se réunit en petits groupes, autour d’un jeu de cartes. L’objectif : partager ses idées, ses ressentis, et prendre des décisions fermes à appliquer au sein de son entreprise.

Qu’est-ce qu’on en retient ?

Les sept propositions des UEED. Elles doivent définir la ligne de conduite à adopter, pour les leaders de demain – mais aussi d’aujourd’hui. Elles s’axent autour de 4 piliers :

  • le partage du pouvoir (imposer un principe de gouvernance éthique),
  • le partage des richesses (déployer une stratégie financière éthique, responsable et solidaire fondée sur des modes de gestion équitables et transparents),
  • l’impact environnemental (engager une véritable transition en matière d’éco-consommation et d’éco-conduite à la fois dans l’entreprise et auprès de ses parties prenantes externes)
  • et l’impact social (adopter et revendiquer son rôle sociétal, et le traduire dans son cœur de métier).

Proposition 1

Obliger à la publication des impacts environnementaux et sociaux comme des impacts économiques sur les 4 piliers.

Proposition 2

Un bonus/malus climatique et social pour prendre en compte l’impact des entreprises dans leur taux d’imposition.

Proposition 3

Une TVA réduite sur les produits fabriqués localement dans le respect de la planète.

Proposition 4

Structurer un comité « raison d’être transverse » qui définit annuellement un objectif qui représente une part de la rémunération variable ou de l’intéressement / participation suivant le niveau d’achèvement.

Proposition 5

Co-construire une Grande École de Demain pour former les décideurs aux bonnes compétences business, sociales et environnementales.

Proposition 6

Mesurer l’empreinte territoriale des entreprises avant d’allouer des marchés publics.

Proposition 7

Intégrer des critères d’impact social et environnemental dans les aides accordées aux entrepreneurs de la Tech (exemples du CIR et du statut JEI).

Alors… on s’y met ?

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