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Un livreur Deliveroo de dos
© nrqemi via GettyImages

Hé non, les plateformes de livraison n'ont pas profité du confinement

Le 10 juin 2020

À qui profite le confinement ? Hé bien, pas aux plateformes de livraison.

Avec des salles de restaurants closes pendant deux mois et demi, on pouvait s’attendre à un boom des plateformes de livraison. Bien que beaucoup de restaurateurs doivent leur salut à la vente à emporter et livraison, Deliveroo et ses concurrents ne font pas partis des gagnants du confinement. Au contraire.

Le boom des plateformes de livraison n’a pas eu lieu

Entre ceux qui ont préféré se mettre aux fourneaux – et qui comptent garder cette habitude - et les restaurants qui ont baissés le rideau, les apps de livraison n’ont pas vraiment profité de la crise. D’après l’Usine Digitale, le nombre d’établissements disponibles sur Deliveroo aurait diminué de moitié. Et ce, même avec 2 000 nouvelles inscriptions. Son grand concurrent, UberEats, préfère carrément ne pas aborder le sujet. Pourtant, d’après Reuters, pendant le confinement, la plateforme aurait enregistré des baisses d’utilisateurs quotidiens allant de 2% à 23% (en mars) par rapport à début 2020.

Les restos se mettent à la livraison, pas aux applis

Pour survivre, les restaurateurs – et parfois de grands noms – se sont bien tournés vers la livraison à domicile. Mais pas forcément vers les applis. Et la raison principale est assez simple : les plateformes prennent une commission allant jusqu’à 30% sur chaque plat. Un chiffre qui rend l’opération non rentable pour beaucoup de petits établissements.

Le Wall Street Journal fait état d’un restaurateur américain qui a réussi à négocier des commissions plus raisonnables. Mais son cas reste une exception. Les plateformes de livraison de repas étant encore largement déficitaires, une réduction générale des commissions est inenvisageable.

De nombreux restaurants préfèrent donc développer leur propre système de livraison. Car en plus de la commission, le gros inconvénient des plateformes de livraison est qu’elles ne permettent pas d’optimiser les livraisons. Chaque commande est affectée à un livreur, qui doit parfois faire des allers-retours inutiles, et tout cela dans des conditions de travail peu éthiques. Pour finir, les restaurants perdent toutes leurs données clients – qui appartiennent donc aux applis en question. Mauvais deal presque sur toute la ligne donc.

Plutôt que des plateformes, les restaurateurs semblent plus que jamais avoir besoin de solution pour gérer leur service de livraison en interne.

Alice Huot - Le 10 juin 2020
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