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Ils font Shifter l'époque
Arnaud Pagès - Le 13 mai 2020
Portrait de Fabienne Cammas
© Eric Legouhy

Portrait de Fabienne Cammas, fondatrice du cabinet Wizz

Designer formée aux Arts-Déco et ingénieure diplômée de l'Institut National des Sciences Appliquées de Lyon, Fabienne Cammas a été successivement vice-présidente de l'agence de design Plan Créatif et directrice générale de l'agence de communication Babel. En 2019, elle a fondé le cabinet de coaching Wizz dans le but d'accompagner les dirigeants et les managers en quête de bien-être dans leur vie professionnelle.

L’ADN Le Shift est né d’une volonté de vous inviter à vivre ce que nous vivons en tant que média : vous connecter à ces pôles d’énergie de l’époque, initier les rencontres, faire naître d’authentiques conversations, et créer des relations durables. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, nous avons besoin plus que jamais de créer du lien, de nous rencontrer et de vous présenter celles et ceux qui pensent et font le monde de demain. C’est pour cette raison que nous avons souhaité publier, en cette période inédite, les portraits des premiers membres de L’ADN Le Shift. Un portrait, une rencontre.

 

Comment aidez-vous les personnes qui font appel à vos services ?

Fabienne Cammas : Je pratique une activité de coaching à laquelle j'associe le jardin. Je les accompagne dans leur quête de sens et d'équilibre. Bien avant la crise du covid, j'avais pris conscience que nous avions tous et toutes besoin de nous reconnecter à la planète et à la nature. Et les jardins sont la forme de nature que l'on trouve le plus facilement en ville. Ils fournissent un cadre de réflexion sur les questions que les dirigeants se posent et sur les problèmes qu'ils ont à affronter dans leur vie professionnelle. Ils sont propices à éveiller les consciences parce que la nature a énormément de choses à nous enseigner, que ce soit sur la résilience, sur la régénération ou sur la vie en commun.

 

Pour vous, le changement est d'abord personnel ?

F.C. : Je pense que pour opérer un changement sur son environnement, il faut d'abord être aligné avec ses valeurs, ses attentes, et ses forces pour être en capacité de les activer dans tout leur potentiel. Le travail sur soi est une nécessité pour pouvoir agir autour de soi, en harmonie avec les convictions de chaque personne. La nature permet de s'extraire des environnements de travail habituels et elle fournit des objets de projection. Le jardin permet de travailler le questionnement professionnel mais aussi personnel, et de trouver sereinement des réponses. L'aide que j'apporte aux dirigeants passe par mon énergie et ma positivité, ainsi que ma grande expérience des fonctionnements humains au sein des organisations. Je me mets au service des personnes qui souffrent dans les entreprises pour les aider à se redonner une place et à se révéler à elles-mêmes et aux autres.

 

Vous venez de la communication... Comment les agences participent-elles au changement ?

F.C. : Elles se doivent depuis toujours d'être aux avant postes des transformations sociétales. Leur rôle est de comprendre avec anticipation ce qui se produit dans la société pour nourrir leurs propositions créatives et stratégiques. Elles doivent par ailleurs être très agiles dans leurs modes de fonctionnement, ce qui veut dire qu'elles s'adaptent en général plus rapidement au changement que d'autres organisations. Par ailleurs, elles ne peuvent pas être en deçà de là ou sont les entreprises d'aujourd'hui dans leurs transformations. Cela fait un moment que les agences font tout ce qui leur est possible pour avoir une longueur d'avance sur les mutations en cours.

 

Peuvent-elles être un accélérateur de ces mutations ?

F.C. : Le rôle des agences est de saisir la nature du changement et de traduire cette réflexion dans leurs créations en utilisant des éléments de langage et de positionnement. Avec le chamboulement des modèles économiques, elles font partie des ressources externes qui peuvent aider les entreprises à appréhender les signaux faibles et les grandes orientations à venir. Elles ont en leur possession toutes les clés de compréhension. Dans la crise que nous vivons, on voit à quel point la société est en attente d'une relation particulière avec les marques. De fait, la communication doit nécessairement avoir une dimension sociétale et environnementale. Les plaques tectoniques sont en train de bouger.

 

A quel point la crise peut-elle être transformer la société ?

F.C. : Elle va accélérer tous les mouvements en cours. Ce moment qui nous oblige  à l'arrêt va créer énormément de casse d'un point de vue économique, mais nous fait également appréhender notre capacité à consommer différemment et à trouver une satisfaction malgré tout. Un signal particulièrement positif est la façon dont les producteurs locaux sont en train d'accélérer leurs capacités à délivrer leurs produits sur l'ensemble du territoire. Cela fait déjà plusieurs années que les consommateurs veulent adopter de nouveaux modes de vie et de consommation, ce qui a poussé les entreprises à évoluer. Le choc actuel va être un véritable coup d'accélérateur.

 

Quels sont vos défis post-confinement ?

F.C. : Mon challenge personnel, c'est d'être encore plus active au service des autres. Je suis dans la recherche de ma capacité d'action. Ce qui se passe actuellement entre en résonance avec le sens de mon changement de cap personnel. Mon programme jusqu'à la fin de l'année est de continuer à apporter la nature dans les yeux et les pensées des gens.

 

Fabienne Cammas est membre de L’ADN Le Shift - le collectif des Nouveaux Mutants.
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Arnaud Pagès - Le 13 mai 2020
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