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Un caddie rempli dans un supermarché
© Aja Koska via GettyImages

La pandémie va-t-elle (enfin) nous faire manger local ?

Le 25 mars 2020

Pour soutenir les agriculteurs français, la grande distribution est appelée à se fournir exclusivement en produits locaux.

Le 23 mars 2020, le Premier ministre a annoncé le durcissement de certaines mesures de confinement. Parmi elles, la fermeture des marchés ouverts. Un nouveau coup dur pour les producteurs qui ont déjà dû faire face à la fermeture des restaurants. À l’inverse, les supermarchés et grandes surfaces connaissent des records de ventes. Une hausse qui a commencé la semaine précédant le confinement avec une augmentation de 38% d’après le cabinet Nielsen.

Un appel au patriotisme économique

Bruno Le Maire, le Ministre de l’Économie, a appelé la grande distribution à faire preuve de « patriotisme économique ». Et donc de s’approvisionner en produits frais exclusivement français. De quoi faciliter la vie des locavores.

Les grandes enseignes de distribution – qui étaient souvent déjà engagées dans des politiques de transition – semblent avoir entendu l’appel du ministre de l’économie et des producteurs. Mais ce n’est pas toujours facile. Outre les producteurs de fruits et légumes, les éleveurs et pêcheurs sont aussi concernés par la fermeture des marchés.

Des rayons « à la coupe » désertés

Les grandes surfaces tentent de maintenir leurs rayons « à la coupe » pour écouler les viandes, poissons et fromages français. Mais elles se heurtent à un manque de personnel qualifié. « Les bouchers étaient déjà rares avant la crise », note Les Échos. Et ce n’est évidemment pas alors que des mesures de confinement sont mises en place que ça va s’arranger.

D’autre part, ces rayons sont désertés par les consommateurs. Les craintes de pénuries les ont menés à se ruer sur des produits de longues conservations comme les pâtes et le riz plutôt que le frais. Surtout, de nombreux clients préfèrent éviter les rayons où ils sont en contact avec d’autres personnes. Le jambon sous vide semble donc plus fiable que celui à la coupe.

D’autres consommateurs préfèrent éviter les supermarchés, et les risques de contact. Résultat : ils privilégient les circuits ultra-courts et se rendent directement chez le producteur quand ils le peuvent. Une autre façon de soutenir les producteurs locaux. Et de réduire en même temps son impact sur la planète.

Le moment de repenser nos modes de production mondialisés ?

Au-delà de la situation particulière des agriculteurs français, la crise serait pour certains l’occasion de repenser nos systèmes économiques de façon globale. C’est le cas des économistes Maxime Combes, Geneviève Azam, Thomas Coutrot et du sociologue Christophe Aguiton qui signent une tribune publiée dans Le Monde en ce sens. Ils appellent ainsi à la « relocalisation des activités pour réduire notre empreinte écologique et générer des emplois pérennes ». Et ainsi faire face aux défis qui nous attendront après la crise actuelle.

Alice Huot - Le 25 mars 2020
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