Thémomètre entouré de feu

« Et si on changeait la manière de parler de la météo ?  » Le cri d'alerte du présentateur Marc Hay

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« La France va cramer cette semaine »  ! En cette période de canicule, Marc Hay, journaliste météo sur BFM TV, a décidé de rompre avec le ton habituel pour alerter sur les températures anormalement élevées.

« La France va cramer, ça n'imprime pas » ! Mardi soir, pour alerter sur les températures anormalement élevées de ce mois de juin 2022, le journaliste et présentateur météo de BFM TV a poussé un coup de gueule (nécessaire) lors d'une intervention sur la chaîne d'infos. Interrogé par Télé Loisirs, Marc Hay enfonce le clou : « La météo ce n'est pas juste un bulletin d'une minute trente. Et il faut dire aux gens qui regardent : attention, ce qui va se passer va être terrible. »

Changer la manière de parler des canicules pour sensibiliser à l'urgence climatique

Selon le présentateur météo : « Le but n’est pas de faire peur, mais j’ai décidé depuis maintenant quelques jours d’arrêter d’utiliser mon ton habituel que je trouve, au fur et à mesure des mois, un peu nul. (...) Ça ne marche plus. Il faut que les gens comprennent que la France, clairement, va cramer cette semaine ! Des gens à Toulouse m'ont dit au téléphone qu’ils étouffaient. Bien sûr, on étouffe : 37 degrés ! Qui a envie d’avoir 37 degrés à la mi-juin ?  »

Si le présentateur a été surpris par la résonance de son message, il ne regrette rien : « (...) Je ne pensais pas que ça allait déclencher tout ça… » Il va même jusqu'à recadrer ses détracteurs lui reprochant son ton anxiogène : « La prise de conscience, si elle ne passe pas les politiques, elle passe par nous : les gens regardent la météo, ils en parlent tous les jours… » [...] Je pense que mon ton était tout à fait correct par rapport à ce qui va se passer. »

Un point de vue partagé par Évelyne Dhéliat, la présentatrice météo vedette de TF1. En 2014, elle avait présenté un bulletin météo fictif pour le 17 août 2050 afin de sensibiliser aux effets du réchauffement climatique. Une carte prédictive très proche de l’épisode de chaleur que nous vivons en juin 2022.

Les canicules tuent

Kathy Baughman McLeod, directrice du think-tank américain Adrienne Arsht-Rockefeller Foundation Resilience Center abonde aussi dans ce sens. Selon elle, nommer et catégoriser les vagues de chaleur permettrait une meilleure prise en compte de l'impact de ces événements sur la santé humaine. Une urgence au regard de la fréquence et de la précocité de ces catastrophes naturelles qui risquent de se multiplier dans les années à venir.  « On sait qu’avec le réchauffement climatique, les événements extrêmes vont s’intensifier en amplitude et en fréquence. Les vagues de chaleur pourront être plus précoces et plus tardives. On pourrait en voir en fin de printemps et en fin d’été », indiquait hier Françoise Vimeux, directrice de Recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) à Ouest-France.

« Heat burst » , un phénomène rare qui a touché les Pyrénées-Orientales

Des cris d’alarme légitimes au regard du heat burst (coup de chaleur) observé en début de semaine au Cap Béar dans les Pyrénées-Orientales. Pour rappel, le Cap Béar a connu dans la nuit de mardi à mercredi un record de chaleur nocturne, le mercure passant subitement de 22 °C à 37 °, soit 15 °C supplémentaires en l'espace de deux heures. Si les heat bursts sont bien connus des habitants des grandes plaines américaines, ce phénomène météorologique reste en revanche rarissime en France. Selon l'agro-météorologue Serge Zaka, le phénomène n'arrive qu'une fois par an environ en France. « Côté sensation, c'est un peu comme si on ouvrait la porte du four, effet "sèche-cheveux" garanti » , souligne l'expert.

Alors, à quand une prise de conscience des médias pour que – comme le propose la géographe britannique Saffron O’Neill – ils cessent d'illustrer les articles traitant de canicules avec des visuels inappropriés, tels que des gens à la plage ou savourant des glaces en terrasse ?

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