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Le Qatar choisit TotalEnergies pour développer la pire bombe climatique du monde

© Markus Spiske

Alors que le GIEC alerte sur l'impact « irréversible » de l'Homme sur le climat, TotalEnergie annonce la signature d'un contrat colossal avec le Qatar pour développer la « pire bombe climatique du monde » .

« Je suis heureux d'annoncer la sélection de TotalEnergies comme premier partenaire dans le projet North Field East (NFE) » , a déclaré le ministre qatari de l'Énergie, Saad Sherida al-Kaabi, lors d'une conférence de presse à Doha le 12 juin 2022. Traduction : TotalEnergies vient de remporter un contrat pour développer le plus grand champ gazier au monde. Si d’aucun y voit une bonne nouvelle qui permettra d’apaiser les craintes de l'Europe sur le plan énergétique, il s’agit pour d’autres d'une nouvelle catastrophique.

Un contrat colossal

Le NFE fait partie du projet d'expansion du champ offshore North Field, le plus grand gisement de gaz naturel au monde que le Qatar partage avec l'Iran. Dans le cadre de cet accord, qualifié de « mariage plutôt que de fiançailles » par le ministre qatari de l'Énergie, le groupe pétro-gazier français prendra une part de 6,25 % dans le projet. Il devient ainsi le premier partenaire étranger devant Exxon Mobil, Shell ou encore ConocoPhilips. Le projet devrait coûter plus de 28 milliards de dollars et permettra au Qatar d'augmenter sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) de 60 % d'ici 2027.

Mauvaise nouvelle pour le climat

Selon une étude du Guardian, le gisement North Field qui représente environ 10 % des réserves de gaz naturel connues est considéré comme « la plus grande nouvelle bombe à carbone pétrolière et gazière du monde » . Sous cette appellation, le journal désigne des « projets capables de propager au moins 1 milliard de tonnes d'émissions de CO2 au cours de leur durée de vie » . Un projet en complète contradiction avec le dernier rapport du GIEC ou de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Ce dernier concluait en effet qu'il ne « pourrait y avoir de nouveaux gisements de pétrole ou de gaz ou de mines de charbon si le monde devait atteindre zéro net d'ici 2050 » .

Et que dire de la durée du projet – qui devrait démarrer en 2026 et s'étendre jusqu'en 2054 – alors que les mantras officiels prêchent la neutralité carbone à horizon 2050 ? Pour Mike Coffin de Carbon Tracker interrogé par The Guardian, la réponse est simple. « Les entreprises qui continuent à développer des projets basés sur la demande habituelle parient sur l'échec de l'action politique sur le climat et sous-estiment le potentiel perturbateur des nouvelles technologies, telles que les énergies renouvelables et le stockage sur batterie. »

Ironie du sort, Patrick Pouyanné, PDG du groupe TotalEnergies vient de prendre la tête de l’association Entreprises pour l’environnement...

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