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Le journal d’extrême droite Rivarol perd ses financements publics

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Selon le site Conspiracy Watch, le journal antisémite Rivarol s’est vu retirer son agrément par la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), privant ainsi le média de 100.000 euros de financements publics.

Le journal Rivarol est considéré comme une publication phare de l’extrême droite française. En mars 2022, une trentaine d’historiens et de personnalités condamnaient dans une tribune au Monde, le versement d'aides publiques indirectes « à l’hebdomadaire le plus raciste, le plus antisémite et le plus négationniste qui soit, Rivarol. » Il semble que leur appel ait été entendu. En effet, selon le site Conspiracy Watch, l'Observatoire du conspirationnisme, « La Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) a décidé lors de sa réunion du 4 mai 2022 de retirer son agrément à l’hebdomadaire Rivarol, ce qui pourrait le priver à l’avenir de tout financement public direct et indirect. »

Une décision tardive

Concrètement cette décision prive Rivarol des avantages du régime économique de la presse : taux réduit de TVA à 2,1 % et tarifs postaux privilégiés. Elle l’empêche également de bénéficier des aides à la presse du ministère de la Culture. Aides non sollicitées par l'hebdomadaire, a indiqué la CPPAP. Une perte qui s'élève à hauteur de 100.000 euros, selon Jérôme Bourbon, directeur de publication du journal. Pourtant, si on se réfère au règlement de la CPPAP, on s'étonne que cette décision n'intervienne qu'en 2022, puisque celui-ci stipule que les « publications négationnistes, incitant à la haine raciale, à la xénophobie et celles portant atteinte à la dignité de la personne humaine » ne peuvent bénéficier de ce régime.

Précisons que cette décision est susceptible de recours devant une juridiction administrative. À ce jour Rivarol ne s'est pas encore exprimé sur ses intentions. L'hebdo a par ailleurs réagi sur sa page Facebook, fidèle à lui même : « Et d'où vient l'attaque contre RIVAROL ? Devinez… » , a légendé le média en commentaire d'un article du Monde sur la décision de la CCAP.

Jérôme Bourbon condamné à de multiples reprises

Fondé en 1951, l'hebdomadaire Rivarol (du nom du contre-révolutionnaire Antoine de Rivarol), par René Malliavin, avocat et journaliste d'extrême droite français, a été condamné à plusieurs reprises pour « incitation à la haine, négationnisme ou encore injure raciste » . Le directeur de publication, Jérôme Bourbon, cumule à lui seul une quinzaine de condamnations. Pour la dernière en date (décembre 2021), le tribunal l'a reconnu coupable de négationnisme et condamné à 8 000 euros d’amende, avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement, pour « contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine envers les juifs » .

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