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Airbnb, Microsoft, Netflix, Patagonia : ces entreprises s’engagent à couvrir les frais de déplacement de leurs employées en cas d'avortement

© Aiden Frazier - Unsplash

Alors que le droit fédéral à l'avortement vient d'être révoqué aux États-Unis, de nombreuses entreprises ont annoncé leur intention de pallier les conséquences de la décision de la Cour suprême.

Suite à la fuite début mai d'un rapport de la Cour suprême évoquant la remise en question du droit à l'avortement, certaines entreprises avaient clairement pris position : elles s'étaient engagées à couvrir les frais de déplacement des leurs employées qui devraient le cas échéant se rendre dans un autre État pour avorter. Ce fut entre autres le cas de Starbucks, Apple, Tesla, Uber, Microsoft, Yelp, Netflix, Patagonia, Salesforce ou encore Gucci et Amazon.

La liste des entreprises annonçant des mesures pro-avortement s'allonge

Depuis la révocation du décret le 24 juin dernier, Disney, Meta, Johnson & Johnson, JPMorgan Chase, Condé Nast, Uber sont venus grossir les rangs et chaque jour la liste s'allonge un peu. Si peu de dirigeants ont pris le risque de faire des déclarations publiques (à l'image de Jeremy Stoppelman, PDG de Yelp), selon The New York Times de nombreuses entreprises ont en revanche informé leurs salariées de leur soutien via des notes internes. En substance, le message est toujours le même : l'entreprise s'engage à couvrir les frais de déplacement des employées qui auraient besoin de procédures de soins de santé non fournies localement.

Certaines entreprises vont encore plus loin. C'est le cas d'Uber ou encore de Lyft qui, conscientes des risques encourus pour leurs chauffeurs transportant une femme dans un autre État en vue de pratiquer un avortement, se sont engagées à rembourser les frais juridiques en cas de poursuite. La marque de vêtements Patagonia ou encore le tourneur Live Nation ont quant à eux fait savoir qu'ils paieraient les cautions pour libérer de prison leurs employé·e·s qui se feraient arrêter dans le cadre d'une manifestation en faveur des droits à l'avortement.

Prendre position, mais à quel prix ?

Si depuis l'annonce de la décision de la Cour suprême la liste ne cesse de s'allonger, de grandes entreprises manquent toutefois à l'appel. C'est le cas de McDonald’s, Coca-Cola, General Motors ou encore Walmart – premier employeur du pays – particulièrement implanté dans le sud du Midwest, région où l’avortement sera très largement interdit. Ces sociétés redouteraient-elles des conséquences politiques, économiques ou juridiques ? Probablement.

Il faut dire que la mise en garde, dès le mois de mai, de la firme d’avocats texane Morgan Lewis a de quoi faire réfléchir : « On peut faire valoir qu’une entreprise ou un régime d’assurance viole la loi du Texas s’il rembourse un employé basé au Texas pour un avortement effectué dans un État qui autorise l’avortement, ou pour les frais de voyage afférents » , rapporte le journal Le Monde. Ou serait-ce la peur de représailles, à l'image de la sanction infligée à Disney pour avoir critiqué une loi prohibant l'évocation de l'homosexualité à l'école primaire en Floride, qui amènerait ces grandes entreprises à rester muettes ?

Un silence qui interroge et que certains dénoncent, à l'image de Melanie D'Arrigo, militante démocrate.

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