Anna Sorokin au tribunal

L'arnaqueuse mondaine Anna Sorokin lance sa collection de NFT

© NBC News

La tristement célèbre escroc Anna « Delvey » Sorokin, qui vient de passer quatre ans à la prison de Rikers Island pour fraude, annonce le lancement de sa collection de NFT.

Anna Sorokin, fausse millionnaire connue sous le nom d'Anna Delvey, condamnée en 2019 pour une vaste affaire d’escroquerie, cherche à se débarrasser de son étiquette de « scammeuse » (escroc). Pour cela, elle a choisi de vendre des NFT... Interviewée par NBC News, la jeune femme a déclaré « espérer que ce nouveau projet lui donnera une chance de concentrer son énergie sur une activité légale » .

Une collection NFT pour se connecter directement avec son public

Conçue par le créateur de bandes dessinées alternatives Johnny Ryan, sa collection de NFT est composée de 10 jetons illustrant des scènes de la vie de Sorokin. La collection comprend entre autres trois NFT « ultra platine » qui offriront aux acheteurs un lien privilégié avec elle. Au programme : un appel, des croquis et même « des objets personnels de son séjour en prison » , rapporte Page Six. L'ex-mondaine a déclaré qu’elle voyait dans cette « collection une opportunité de se connecter directement avec son public et de s'approprier le récit de sa vie jusqu’à présent majoritairement hors de son contrôle » .

Anna Sorokin, la fausse héritière qui fascine l'Amérique

Digne d’un scénario hollywoodien, son histoire a inspiré la mini-série Netflix Inventing Anna qui relate les stratagèmes élaborés par la scammeuse pour escroquer l’élite de Manhattan. Pour rappel, Anna Sorokin est la fille d’un chauffeur routier russe et se présentait sous l'identité d'Anna Delvey, une héritière allemande dotée d'une fortune de plus de 60 millions de dollars. Elle a été reconnue coupable de huit des dix chefs d'accusation retenus contre elle. Les procureurs new-yorkais ont estimé qu'elle aurait extirpé 275 000 dollars à ses victimes. Celle qui selon son avocat s’en tenait à une seule règle, « fake it until you make it » (fais semblant jusqu’à ce que tu y arrives), a indiqué à NBC News avoir baptisé sa collection « Reinventing Anna » en clin d’œil à la série Netflix. Pour l'adaptation de son histoire, elle aurait touché 320 000 dollars du géant du streaming.

La soi-disant « Soho Grifter » (arnaqueuse de Soho) a été libérée en 2021 pour bonne conduite avant d'être à nouveau arrêtée pour avoir dépassé la durée de son visa. En attendant son expulsion, elle est détenue dans un centre de détention pour migrants.

Un amour de l'art qui peine à convaincre

Si Anna a déclaré à NBC News qu’au travers de cette nouvelle activité elle essayait « de s'éloigner de son personnage d'escroc » , on est en droit de s'interroger sur sa sincérité. En effet, Anna Sorokin a organisé durant son incarcération deux expositions. Le premier événement baptisé « Free Anna Delvey » présentait les œuvres de 33 artistes inspirés par les délits et la captivité de la ressortissante russe.

Dessin collaboratif d'Anna Sorokin et Alfredo Martinez, « Send Bitcoin » , présenté dans l'exposition collective « Free Anna Delvey » – 2022 – Crédit… Anna Sorokin et Alfredo Martinez

La co-commissaire de l'exposition, Julia Morrison a déclaré qu'elle n'avait pas été remboursée pour les 8 000 dollars avancés pour l’événement, et que Sorokin avait bloqué son numéro de téléphone. Elle a également indiqué que l’agent d’Anna Sorokin, qui lui avait promis la gestion de la deuxième exposition ainsi qu’une part des bénéfices, n’avait pas tenu ses engagements.

Enfin, c'est la nouvelle activité choisie par Anna Sorokin qui laisse perplexe. Vols et contrefaçons sont monnaie courante sur les places de marché numériques, les escrocs profitant d'un marché largement non réglementé. Comme le rappelle le magazine Connaissance des Arts : « avec la vague des NFT, c'est une nouvelle cybercriminalité qui a déferlé sur le monde de l'art depuis un an. »

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