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Pourquoi les RH misent sur l’escape game

Le 8 juin 2018

Au-delà du CV des candidats, les services RH cherchent à connaître leur personnalité. Le cabinet d’audit PwC a mis en place un escape game pour recruter ses auditeurs juniors.

Alors que les entreprises misent de plus en plus sur l’escape game pour faire leur promo, certaines choisissent de l’incorporer directement à leur processus de recrutement !

Ces jeux d’évasion grandeur nature font appel à un bon esprit d’équipe, des capacités d’écoute, d’analyse et de déduction – autant de qualités qui sont prisées par les recruteurs.

C’est pourquoi PwC a choisi d’ajouter un escape game aux entretiens classiques depuis l’automne 2017. « Nous réunissons 4 ou 5 candidats et nous évaluons leurs soft skills », nous explique une collaboratrice. « Nous pouvons voir comment ils interagissent avec des gens qu’ils ne connaissent pas : l’objectif n’est pas tant la résolution de l’énigme que l’évaluation des compétences comportementales ».

L'escape game de recrutement
L’avantage est évidemment de voir comment se comporte quelqu’un dans un environnement « moins formel » que celui de l’entretien d’embauche en face à face. « Il n’y a pas de pression ». Dans la pièce, un game master oriente les candidats et les implique. « C’est quelqu’un qui fait partie de Collock, avec qui nous avons élaboré le scénario de l’escape game ». La startup propose ainsi différentes solutions : des escape games pour souder les équipes, créer une opération de communication ou recruter.

Moins d’expérience mais plus de soft skills

Le sujet des soft skills est particulièrement présent dans les discussions autour du recrutement, au point de parfois susciter le débat. Certains jugent cet engouement « risqué » :  recruter quelqu’un pour ses compétences comportementales peut créer une hiérarchie dans les personnalités et provoquer des départs précipités. D’autres, à l’instar de Google, insistent sur leur importance, et précisent que les qualités humaines sont parfois plus nécessaires qu’un doctorat de maths.

Par ailleurs, PwC n’applique cette méthode qu’auprès d’auditeurs juniors. « Souvent, nos candidats ont des profils similaires, et viennent des mêmes écoles. L’intérêt, c’est de voir ce qui peut les différencier ». Une approche qui semble en lien avec les attentes des millennials au travail, qui au-delà de la rémunération, cherchent un environnement qui leur convient. « Si le candidat reste fidèle à sa personnalité, un recruteur saura immédiatement si ça peut coller ou pas ».

Les méthodes traditionnelles toujours indispensables

L’initiative est censée montrer la capacité d’innovation de PwC, pas remplacer les canaux traditionnels de recrutement. « C’est vraiment un plus, qui complète le parcours classique ».

Les RH cherchent à se renouveler, mais sont encore parfois frileuses sur certains sujets : alors que l’APEC dévoilait dans sa dernière étude que les canaux traditionnels sont toujours ceux qui sont les plus prisés pour recruter les cadres, une conférence organisée par Monster montrait que le sujet de l’intelligence artificielle dans les ressources humaines est encore mal perçu.

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