Vue sur des lignes de jambes de militaires en uniforme camouflage

Ukraine : 3 articles pour comprendre l'opération militaire russe et ses enjeux cyber

© Filip Andrejevic via Unsplashs

Zoom sur trois textes pour mieux comprendre la résurgence d’un conflit armé en Ukraine, aux portes de l’Europe.

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné plusieurs assauts militaires et bombardements contre l’Ukraine dans la nuit du 23 au 24 février 2022. Alors que les réseaux sociaux se mobilisent autour des hashtags #UkraineUnderAttack, #RussiaInvadedUkraine et #StopRussianAggression qui permettent de suivre l’avancée du conflit heure par heure, zoom sur trois textes pour mieux comprendre la résurgence d’un conflit armé aux portes de l’Europe.

Pour inscrire les événements en cours dans une chronologie historique

Le texte : Le viol de l’Ukraine par le politologue Bruno Tertrais sur le Grand Continent, une revue de géopolitique pluridisciplinaire pour comprendre les rapports de force contemporains.

L’idée principale : Le choix de Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine s’inscrirait dans une chronologie historique marquée par le ressentiment. Celui-ci a connu plusieurs pics, dont l’un des plus aigus remonte à 1991, l’année au cours de laquelle l’Ukraine s’émancipe de l’URSS (90% de « oui » à l’indépendance au référendum de décembre 1991). Le maître du Kremlin a une vision mythologique et belliqueuse du « monde russe » (russkiy mir). Pour lui, l’Ukraine est une terre russe ancestrale ; sa souveraineté actuelle est perçue comme un affront. Il souhaite donc revenir au mariage forcé entamé dès le XVII ème siècle en affaiblissant l’Ukraine en tant qu’État nation indépendant, dans la continuité de la guerre de 2014 au Donbass. Car « sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire » (Zbigniew Brezinski).

La citation forte : « L’opposant Garry Kasparov (…) rappelle qu’il est absurde de comparer [Vladimir Poutine] à un joueur d’échecs parce qu’«  aux échecs, nous avons des règles  ». Le maître du Kremlin réagit davantage comme un conjoint qui ne supporterait pas que sa femme l’ait quitté  : c’est «  l’ex toxique  » qui veut la ramener à la maison par la violence. 

Pour réaliser que la Russie a aussi mené sa guerre d’influence dans les médias

Le texte : L’interview du chercheur Maxime Audinet, auteur d’un essai sur l’influence de la chaîne Russia Today, dans La revue des médias de l’INA.

L’idée principale : Le soft power est l’un des bras armés de la Russie pour mener sa guerre non-conventionnelle. Depuis le début des années 2000, les médias servent donc de relai à une guerre d’influence destiné à imposer un régime de vérité alternatif, favorable au pouvoir russe. La clé de voûte de ce dispositif est la chaîne Russia Today lancée en 2005. Elle dispose d’antennes sur tous les continents et émet en plusieurs langues, du russe à l’arabe en passant par le français ou l’allemand. Russia Today est pilotée par une proche du président Poutine, Margarita Simonyan. La chaîne a été lancée en France en 2017, sous la direction de la journaliste russe Xenia Fedorova. Elle doit aujourd’hui faire face au départ de plusieurs de ses têtes d’affiche nationales. Frédéric Taddeï a annoncé qu'il arrêtait la présentation de son émission Interdit d'interdire, invoquant sa « loyauté à la France » au regard de la guerre en cours en Ukraine. Le 24 février, le Sénat ordonne la suspension de RT France.

La citation forte : « RT se présente comme un média contre-hégémonique, opposé à la « norme » libérale et à l’unanimisme supposé des grands médias, à la botte de « l’establishment ». RT affirme qu’elle « complète » ces médias en levant le voile sur leurs non-dits. Cette promesse se reflète dans le slogan de la chaîne anglophone, « Question more », « Osez questionner » sur la chaîne francophone. »

Pour comprendre l’anatomie de la cyberguerre en Ukraine

Le texte : Comment l’Ukraine est devenue un laboratoire à ciel ouvert pour la cyberguerre est un article qui date de 2017, publié par le média américain Wired.

L’idée principale : Bien avant l’invasion du 24 février, la guerre fasait déjà rage dans le cyberespace. Attaques DDOS ciblant le ministère de la défense et des armées mais aussi des banques, envoi de logiciels malveillants… les regards ont fréquemment convergé vers la Russie pour expliquer les fréquentes attaques visant des infrastructures vitales en Ukraine. En 2015, c’est tout le réseau électrique ukrainien qui avait brutalement cédé suite à une attaque d’ampleur. Depuis l’invasion de la Crimée 2014, l’Ukraine fait office de laboratoire de la cyberguerre. Et si la force nucléaire russe est fréquemment évoquée comme une menace majeure, le risque cyber est lui aussi à son maximum depuis plusieurs années.

La citation forte : « Quel meilleur endroit pour entrainer une armée de cyberattaquants estampillés Kremlin qu’une ancienne province soviétique empêtrée dans une guerre (l’article fait référence à l’invasion de 2014, ndlr) ? Il n’y a pas de limites [en Ukraine] C’est un endroit où l’on peut mettre en oeuvre le pire sans risquer de mise au ban ou de condamnation », explique Kenneth Geers, l’ambassadeur de l’OTAN.

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