Image satellite de la Russie

Avions russes : que peuvent nous apprendre les images satellites de la guerre en Ukraine ?

Comment suivre le conflit entre l'Ukraine et la Russie sur les réseaux ? Ces comptes d’anonymes ou de journalistes passent au peigne fin les informations qu’ils parviennent à trouver et à vérifier dans tous les recoins du web. 

COUPSURE, pour suivre les mouvements de l'armée russe

Cet ingénieur suisse de 22 ans partage en français et sur Twitter à ses 60 000 abonnés les informations sur l'activité militaire russe qu’il parvient à glaner en ligne puis à vérifier. COUPSURE analyse des images satellites de l'Agence spatiale européenne qu’il trouve via le site Sentinel. Pour trouver des images de meilleure qualité (celles sur Sentinel sont en basse résolution), il se rend sur ShadowBreak Intl. Il surveille également les avions et les drones grâce à ADS-B Exchange, une base de données elle aussi en accès libre bien connue des spécialistes de l'aviation. Il croise ensuite ces informations avec des publications trouvées sur les réseaux sociaux par des internautes témoins des conflits (via Snapchat notamment et TikTok) pour suivre l’avancement des troupes, l’installation d’hôpitaux de campagne, ou le matériel utilisé par l’armée russe. Cette analyse lui permettait de déclarer à Ouest France le 18 février que tout était en place pour une invasion de l’Ukraine. La suite des événements lui a malheureusement donné raison. 

Rebecca Rambar, experte de l'OSINT (open source intelligence)

Derrière ce compte très bien informé repéré par Arrêt sur Images en septembre 2020, une spécialiste de l’OSINT, cette technique de recherche de renseignements en source ouverte. Elle passe entre 10h et 18h par jour à vérifier des informations (notamment des vidéos) trouvées sur internet et à partager des articles trouvés dans la presse internationale. Rebecca Rambar (c'est un pseudo, comme vous pouvez vous en douter), suivie par près de 40 000 personnes dont des chercheurs en géopolitique, a couvert l’arrivée du coronavirus en Chine, les affrontements entre Russes et Américains en Syrie, la reprise du conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan… Et plus récemment l'invasion militaire de l'Ukraine par la Russie. On peut notamment voir sur son compte des vidéos des explosions en quasi temps réel, et des threads qui font un récap régulier des dernières informations. Cette enquêtrice anonyme, comme @COUPSURE citée plus haut, fait partie d’un groupe d’analystes et consultants spécialistes de l’enquête en ligne baptisé @Little Think Tank – dont le compte Twitter publie également des infos sur la guerre en Ukraine. 

ELINT News, analyse de vidéos TikTok

C’est en quelque sorte l’équivalent anglophone de @COUPSURE, cité plus haut. Il est plus suivi que son confrère francophone (160 000 abonnés sur Twitter). L’animateur du compte préfère lui aussi garder son anonymat. France 24 rapporte qu’il s’agit d’un britannique d’une vingtaine d’années, étudiant en relations internationales. Les recherches d’ELINT News sur le conflit ukrainien commencent souvent par une vidéo de mouvements de trains militaires russes sur TikTok qu’il géolocalise. Il vérifie ensuite grâce à des images satellites leur trajet. « C'est probablement l’une des premières fois dans l’histoire que les gens voient aussi rapidement ce que les Russes sont en train de faire » , a déclaré le jeune homme interrogé par France 24.

Bellingcat, fact-checking de la désinformation russe 

Cette rédaction décentralisée créée en 2014 par le journaliste britannique Eliot Higgins s’est illustrée dans plusieurs affaires comme celle du crash du vol MH17 de Malaysia Airlines ou bien l’empoisonnement de l'ancien espion Sergueï Skripal et de sa fille Loulia en 2018. Les journalistes de Bellingcat sont eux aussi des spécialistes de l’OSINT. Sur Twitter, Bellingcat s’attèle notamment à partager des images du conflit qui ont été géolocalisées par ses soins ou par des internautes volontaires. La rédaction tient depuis quelques jours un Google Sheet où elle vérifie des vidéos et publications publiées, notamment par les autorités russes et leaders séparatistes pro-russes. 

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