Un jeune chien se roulant par terre

Trois technologies qui promettent de nous garder jeunes plus longtemps

© Loyal

Qui trouvera la fontaine de Jouvence ? La course est lancée et elle devrait s’accélérer en 2023. Entre reprogrammation cellulaire ou destruction des cellules zombies, état des lieux.

Peut-on trouver la jeunesse (presque) éternelle ? Ce rêve a longtemps été associé à un rêve de transhumanistes zélés ou de milliardaires fêlés. Mais depuis quelques années, plusieurs équipes de recherche travaillent sérieusement sur le sujet. Certaines ont même monté des startups dans l’espoir de mettre sur le marché des produits à la portée du grand public. 

Détruire nos vieilles cellules 

La recherche : Lorsqu’elles vieillissent, nos cellules entrent dans un état dit de sénescence. Ces cellules parfois appelées « zombies » sont à l’origine de l’inflammation chronique de nos tissus, cause du vieillissement. Pour éviter de vieillir, certains chercheurs envisagent donc tout simplement de supprimer ces cellules qui s’accumulent dans le corps. C’est notamment le cas de l’équipe de de la Mayo Clinic à Rochester aux États-Unis. En 2017, elle a prouvé que des médicaments qui éliminent les cellules sénescentes permettaient d’allonger l'espérance de vie de 30 % chez la souris. La technologie a été classée parmi les plus prometteuse par la revue MIT Technology Review en 2020.

L’entreprise à suivre : La Mayo Clinic est à l’origine de la start-up Unity Biotechnology qui développe des traitements dits sénolytiques pour traiter certaines maladies oculaires et la fibrose du poumon. Une vingtaine d’autres entreprises sont sur le créneau de la destruction des cellules sénescente, précise Wired. Le magazine américain estime que nous devrions voir un médicament utilisant cette technologie testée sur l’homme en 2023. 

Reprogrammer les cellules 

La recherche : Plutôt que de ralentir le vieillissement, pourquoi ne pas carrément le rendre réversible ? C’est l’idée des chercheurs qui travaillent sur la reprogrammation cellulaire. Leur objectif est de faire « reset » en quelque sorte. Puisque la reprogrammation cellulaire consiste à rajeunir les tissus en régénérant les cellules vieillissantes. Le pionnier en la matière est le chercheur japonais Shinya Yamanaka. En 2007, lui et son équipe ont démontré qu’il était possible de faire revenir une cellule à son stade embryonnaire, lui faire remonter le temps en quelque temps grâce à un mélange de protéines. S’en sont suivis d’autres travaux, notamment ceux de Jean-Marc Lemaitre en France, ou de Juan Carlos Izpisúa Belmonte aux États-Unis, qui ont prouvé qu’il était possible de rajeunir des souris en utilisant et complétant la méthode de Yamanaka.  

L’entreprise à suivre : Si cette technologie fait particulièrement parler d’elle, c’est qu’elle est soutenue à coups de milliards de dollars. Altos Lab, une start-up américaine qui a reçu 3 milliards de dollars de financement de la part notamment de Jeff Bezos selon MIT Technology Review, s’est lancée en janvier 2022 dans l’espoir de mettre au point un élixir de jouvence grâce à la reprogrammation cellulaire. La jeune entreprise a recruté des pontes du domaine dont Juan Carlos Izpisúa Belmonte, qui estime que l’on pourrait augmenter l’espérance de vie de l’Homme de 50 ans environ. Altos Lab n’est pas la seule à travailler sur ce sujet. Parmi les autres entreprises, on trouve New Limit, Life Biosciences, Turn Biotechnologies, AgeX Therapeutics, ou encore Shift Bioscience.

Jouer avec les gènes 

La recherche : En 1993, la chercheuse en biologie moléculaire Cynthia Kenyon et son équipe ont réussi à doubler l’espérance de vie d’un ver en supprimant l’un de ses gènes. Pour le ver, cela signifiait une vingtaine de jours en plus, mais la chercheuse osait déjà la comparaison à l’Homme. « Imaginez avoir 140 ans ! », indiquait-elle à la fin de son titre. Son travail a ouvert un nouveau pan de la recherche dédié à l’identification de marqueurs génétiques liés à la vieillesse ou au contraire à de longues espérances de vie chez certaines espèces animales comme la baleine et le rat-taupe nu, par exemple. 

L’entreprise à suivre : Essayer de rallonger la vie des chiens pour s’attaquer à celle des humains ensuite. C’est la thèse défendue par Loyal, une jeune pousse californienne fondée par la jeune et brillante chercheuse Celine Halioua. Loyal, qui a levé 58 millions de dollars, cherche à identifier les marqueurs du vieillissement chez le chien, afin de mieux les contrôler. La startup a développé deux médicaments dont le fonctionnement reste assez flou pour le moment. L’un à administrer aux chiens de petites tailles dont les tests cliniques sont en cours depuis septembre et un autre pour les races de grande taille qui devrait être testé cette année. La startup prévoit ses premières commercialisations en 2024, à condition que la FDA valide ses produits. En travaillant d’abord sur les chiens, Celine Halioua espère faire tomber les barrières psychologiques qui freinent la bataille contre le vieillissement, explique-t-elle à Wired. Car leur style de vie a bien plus de points communs avec celui des humains, que celui des rats de laboratoire. 

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