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Manifestant black lives matter aux visages floutés
© Julian Wan via Unsplash

Black Lives Matter : ces applis et tech qu’utilisent les manifestants pour se protéger

Le 16 juin 2020

Aux États-Unis, on ne vient plus manifester équipé d’une simple pancarte. Messageries chiffrées et outils de floutage sont désormais de rigueur pour se protéger des technologies de surveillance policière.

Citizen : pour repérer les interventions policières

En quelques jours, Citizen est devenu LE réseau social des manifestations Black Lives Matter aux États-Unis. Cette application permet de repérer où se trouvent les rassemblements, mais aussi et surtout de localiser les incidents, notamment les interventions des forces de l’ordre. À l’origine, Citizen a été créée pour permettre aux utilisateurs de repérer et de signaler les dangers et infractions autour d’eux (cambriolage, fusillade, meurtre…). L’appli s’appuie sur un algorithme qui analyse les communications du 911 (numéro d’appel d’urgence aux États-Unis), en extrait les informations importantes et les matérialise par des points sur une carte. Cette technologie se double d’une partie réseau social. Les utilisateurs peuvent partager les vidéos des incidents en direct et les commenter ou réagir avec moult emojis. Une sorte de TikTok des crimes et délits, compare Fast Company. Les manifestations antiracistes ont été un véritable tremplin pour Citizen (et l'ont quelque peu détournée de son objectif d'origine). L'appli s’est hissée fin mai parmi le top 5 des applications les plus téléchargées toutes catégories confondues de l’Appstore US selon AppAnnie.

Signal : pour échanger en sécurité

Pour envoyer messages, photos, vidéos, les manifestants préfèrent utiliser cette messagerie chiffrée de bout en bout. Le but est d’éviter que la police consulte leurs conversations. En effet, grâce au chiffrement, personne, à part le destinataire, ne peut avoir accès à un message texte, audio ou vidéo envoyé via Signal. De plus, les messages disparaissent au fur et à mesure et Signal dit ne conserver aucune trace de ces échanges. L'appli connaît régulièrement des pics de téléchargement lors de périodes politiques tumultueuses. La dernière fois qu’elle avait atteint un tel pic (121 000 téléchargements en une semaine selon Apptopia) c’était le jour de l’inauguration de Donald Trump, rappelle Recode.

Les outils de floutage : pour tromper la reconnaissance faciale

C’est l’une des craintes des manifestants : voir leur visage analysé et identifié par un système de reconnaissance faciale. L’usage qu’en a la police américaine n’est pas très clair, mais il semble avéré que plusieurs agences fédérales utilisent les services de ClearView AI et Dataworks Plus, des entreprises spécialistes de cette technologie. Sentant le débat se crisper, Amazon et Microsoft ont annoncé ces derniers jours qu’ils ne vendraient pas (ou plus) de technologies de reconnaissance faciale aux services de police. IBM a carrément annoncé qu'il quittait ce marché. Pas de quoi rassurer les manifestants qui utilisent des outils permettant de flouter les visages sur les photos et les vidéos qu’ils partagent. Celui de YouTube, par exemple, ou le plus pointu Image Scrubber, un logiciel opensource qui permet, en plus du floutage, de supprimer les métadonnées attachées à une image (celle-ci permettent de connaître la date et le lieu où a été prise la photo). Signal a également récemment intégré une fonctionnalité de floutage début juin.

L'option finale : ne pas utiliser de technologie du tout

« Évitez de prendre votre smartphone en manifestation ou gardez-le éteint ». Cette solution radicale revient régulièrement dans les nombreux articles adressés aux citoyens soucieux de garder leur anonymat pendant les manifestations. Un smartphone sert à tout faire et il est devenu un outil de traçage, estime The Verge. Il contient de nombreuses informations sur son propriétaire : l’adresse de son domicile, son travail, où vivent ses amis, les manifestations et événements auxquels il a déjà participé… Un smartphone peut être confisqué par les forces de l’ordre en cas d’arrestation, mais aussi surveiller à distance grâce à des intercepteurs IMSI qu’utilisent la police américaine.

Marine Protais - Le 16 juin 2020
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