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Citizen : l’appli qui vous permet de dénoncer un criminel

Le 22 sept. 2017

Imaginez un réseau où chacun peut aider la police à identifier et arrêter les criminels. C’est le principe de l’application Citizen, dont on imagine aisément les dérives…

Il est toujours compliqué de se prononcer sur les applications qui veulent faire justice à la place de la police. Sur le papier, c’est toujours mieux de pouvoir identifier – et interpeller – les individus dangereux. Dans la vraie vie, c’est un peu plus compliqué...

Peut-être vous rappelez-vous de « Vigilante », une application bannie de l’AppStore. Celle-ci encourageait les utilisateurs à être « vigilants » - à savoir reporter tout comportement suspect directement sur la plateforme. Le souci, c’est qu’au-delà de signaler un individu (ce qui peut déjà poser problème en soi dans la mesure où les stéréotypes ont la peau parfois bien dure…), l’application encourageait sa communauté à agir en groupe pour remédier au problème identifié, devenant aussi un outil incitant à d’éventuelles altercations avec des passants totalement innocents.

Or, les conditions de l’AppStore stipulant que toute application qui « encourage ou risque une confrontation physique » sera bannie, Vigilante n’aura pas fait long feu.

Du moins le croyait-on.

Revenue sous un nouveau nom, « Citizen », l’application est désormais disponible à New York et San Francisco. Un poil remasterisée, elle envoie des alertes à ses utilisateurs en fonction des appels reçus par le 911. A partir de là, ils sont invités à « live streamer » les crimes et les incidents afin que d’autres puissent en être les témoins, et commenter la situation en direct.

Cette fois-ci en revanche, plus d’incitation à l’action. Au contraire, l’application invite les utilisateurs à faire preuve d’une extrême vigilance et à « ne jamais approcher une scène de crime, interférer dans une situation ou se mettre en travers du chemin de la police ».

Plutôt que de lister tous les appels émis auprès du 911 (qui s'élèvent chaque jour au nombre de 10 000), l’application choisit de lister les 300 ou 400 jugés « dangereux » pour la population. Petit hic : il existe toujours une fonction permettant aux utilisateurs de signaler un problème. Si elle n’est pas fréquemment utilisée, il n’empêche que laisser l’appréciation de ce qui pose ou non problème à la population, peut rapidement virer à la délation mal placée.

Une autre dérive possible consiste à l’identification possible de témoins clés, en live-streamant une scène de crime.

Loin d’être un cas isolé, il existe de multiples applications aux Etats-Unis poussant à la surveillance généralisée. Parmi les plus abjectes, on notait « Ghetto Tracker », une application destinée aux Blancs qui souhaitaient éviter les quartiers où ils se trouvaient en minorité.

Tout va bien.

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