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Une main dans un gant en plastique bleu
© Getty Images

Les outils de tracing : « On n’aura pas d’autres choix que d’y recourir »

Le 17 avr. 2020

Pour ou contre les outils de tracking ? Après que les détracteurs ont beaucoup fait entendre leurs réticences, le camp de ceux qui y sont favorables dégaine ses arguments.

Vendredi 17 avril 2020, Stéphane Richard était l’invité de la matinale de France Inter. Le PDG d’Orange s’est clairement déclaré favorable au traçage numérique pour lutter contre le Covid-19. « Si on pense que la technologie peut aider à sortir de l’épidémie, il serait irresponsable de fermer cette voie pour des raisons qui relèvent plutôt du fantasme », a-t-il affirmé. Il a par ailleurs rassuré sur les garanties que son groupe pouvait apporter dans la mise en place d’outils de tracking : le consentement, le droit à l’effacement, et le stockage des informations à l’intérieur du téléphone.

La tech mise en doute

En France, comme ailleurs, ces solutions agitent de nombreux débats. Les arguments des détracteurs sont nombreux. Ils soulignent principalement les risques encourus sur notre vie privée, comme nous l’expliquait le journaliste Olivier Tesquet, auteur d’À la trace, une enquête sur le développement des outils de la surveillance de masse. Mais ce n'est pas là leur seul reproche. Ils soulignent également que la technologie s'avère souvent beaucoup moins efficace que d'autres mesures.

Yuval Harari a été l’un des premiers à nourrir le feu de ces critiques. Dans une tribune parue dans le Financial Times, l’historien israélien, auteur du Best-Seller Sapiens, déclarait au sujet de la crise du Covid-19 : « Cette tempête passera. Mais les choix que nous faisons maintenant pourraient changer nos vies pour les années à venir. »

Mais a-t-on vraiment le choix ?

Ces arguments accablent Guy-Philippe GoldsteinExpert des questions de cyber sécurité, il préfère poser le problème sous un angle différent. « Il est erroné de prétendre que nous avons le choix, nous explique-t-il. Si nous voulons retrouver notre liberté de déplacement, nous serons obligés de faire appel à ce type de solutions. » Et ce sont les pays qui s'en sortent le mieux qui nous montrent la voie. Guy-Philippe Goldstein souligne qu'ils se sont tous appuyés sur des outils technologiques pour lutter contre la propagation du virus. Et ils l'ont fait de deux manières différentes et complémentaires. D'abord, en mettant en place des applis pour faire circuler les bonnes pratiques et les informations utiles. En Corée, les citoyens ont accès, depuis leur téléphone, à l'explication détaillée des mesures barrières, aux chiffres sur la propagation de l'épidémie, et à la cartographie des endroits les plus touchés. Ensuite, des outils de tracking permettent effectivement d'identifier les lieux touchés par le virus, et si nous avons pu être en contact avec un malade. En Corée, une appli géolocalise — a posteriori —les lieux sur lesquels a été la personne contaminée et prévient ceux et celles qui l'ont croisée. Cette  identification permet de déterminer qui doit passer des tests de dépistage, et qui doit être mis en quarantaine.

Toutefois, Guy-Philippe Goldstein rejoint le camp des détracteurs du tracking. Comme eux, ils concède que les premières mesures à prendre ne reposent pas sur des technologies numériques. « La Corée du Sud a souvent été citée parmi les meilleurs exemple, explique Guy-Philippe Goldstein, et sans aucun doute ce pays nous a montré ce qu'il fallait faire pour bloquer et contrôler une épidémie sans avoir ni vaccin ni traitement. Tout repose sur une chose : le diagnostic. Toutes les autres mesures ne font que découler de cette première et indispensable étape. L’utilisation d’outils technologiques ne sert à rien si on n’a pas déjà ce niveau d’information disponible. »

Béatrice Sutter - Le 17 avr. 2020
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  • Il est drôle de voir tout ces gens s’élever contre le tracking. Ce sont probablement les mêmes qui utilisent FB, LinkedIn ou qui racontent leur vie sur Instagram et consort tout en utilisant Waze pour se déplacer.
    Le tracking, nous l’avons déjà tous consenti à des sociétés privées qui ont même eu le pouvoir de changer les opinions (élection US, Brexit).
    La il s’agit de notre santé à tous alors un tracking de plus ou de moins quand il en va de notre vie et celle de ceux qui nous entourent .....