5 personnes le pouce en bas

Qu’est-ce que l’appli Nos Lois, boostée cette semaine par les anti-pass ?

© katleho Seisa via Getty Images

Cette Civic Tech plutôt confidentielle jusqu’alors s’est hissée dans le top 5 des applis gratuites les plus téléchargées en France. 

« Nos serveurs ont eu très chauds », commente Erik de Boisgrollier. En 36 heures, son application a gagné 200 000 inscrits, soit vingt fois plus que deux jours auparavant. Nos Lois, lancée il y a un an, s’est hissée parmi le top 5 des applis gratuites les plus téléchargées en France sur l’App Store et Google Play. Elle a même occupé pendant 24 heures la seconde place, juste derrière Elyze, l’appli de la présidentielle.

Merci Fabrice Di Vizio 

Ce coup de boost ne vient pas de nulle part. Il y a deux jours, des influenceurs politiques opposés à la transformation du pass sanitaire en pass vaccinal, dont l’avocat et chroniqueur Fabrice Di Vizio, connu pour ses positions antivax, ont encouragé leur communauté à s’inscrire sur Nos Lois, voter contre le texte et partager en masse l'appli. Résultat : en quelques heures, 70 825 personnes se sont prononcées, dont 70 097 contre. Ce qui n'a pas empêché le Sénat d'approuver le texte la nuit dernière.

Concrètement, l’appli permet aux utilisateurs de se prononcer pour ou contre les lois proposées au Parlement, d’avoir accès aux dernières informations concernant ces textes et leurs avancées, ainsi qu’aux positions des parlementaires. Le résultat de leur vote est ensuite transmis aux parlementaires inscrits sur la plateforme. De quoi, promet Nos Lois sur son site, « influencer les décisions ». 

Différent d’une pétition en ligne

« Contrairement à un service de pétition en ligne, l’idée de Nos Lois n’est pas de voter une fois pour ou contre un texte de loi puis de s’en aller. Nous proposons aux nouveaux utilisateurs des thèmes de prédilections (éducation, agriculture, société…), leur demandons leur code postal pour leur suggérer des textes de lois susceptibles de les intéresser pour en faire des utilisateurs réguliers de l’application », décrit le dirigeant de la startup parisienne. Parmi les inscrits venus pour (ou plutôt contre) le pass vaccinal, certains se sont prononcés sur d’autres projets de loi comme l’interdiction du glyphosate.  

L’entrepreneur espère ainsi gagner des salves d’utilisateurs grâce à ce type de texte très controversé et avoir à terme un panel assez représentatif. Car pour le moment sur 210 000 inscrits, une très grande majorité sont potentiellement des militants anti-pass. « Nous n’arriverons pas à faire grossir notre base d'utilisateurs avec une population silencieuse, il faut des textes de lois débattus », observe-t-il. Prochain en date : la proposition de loi sur l’extension du contrôle parental la semaine prochaine, qui devrait faire venir une autre partie de la population sur l’appli. 

Outil de com’ et d’information pour les parlementaires 

Erik de Boisgrollier, qui prévoit environ 500 000 inscrits d’ici 5 mois, compte sur une bonne représentativité des citoyens. Car son modèle économique en dépend. Pour se rémunérer, Nos Lois fait payer un abonnement de quelques centaines d’euros par mois aux parlementaires inscrits. En échange ils ont accès à la section commentaires de l’application (seuls les parlementaires peuvent s’y exprimer) afin d’expliquer leurs votes au Parlement. Ils ont aussi accès à des statistiques sur les votes des utilisateurs de Nos Lois, de quoi « piloter leur mandat », explique le CEO. Nous demandons le code postal, la catégorie socio-professionnelle et l’âge de nos utilisateurs pour pouvoir fournir des éléments statistiques », précise-t-il. Aujourd’hui près d’une quarantaine d’élus sont inscrits, soit moins de 5 % de la totalité des sénateurs et députés. 

Le chef d’entreprise s’attend à un ralentissement des inscriptions car en février 2022 le Parlement fermera ses portes jusqu’à l’élection. 

Le succès de Nos Lois illustre aussi l’engouement actuel autour des applis politiques. Il y a quelques jours nous vous parlions d’Elyze, sorte de Tinder des élections, qui truste la première place du classement des applications les plus téléchargées depuis une semaine. 

commentaires

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  1. paillard dit :

    cela m'intéresse

  2. Anonyme dit :

    Bonjour, c’est du pipeau, cette appli, les élus ne vont pas payer pour s’inscrire et ceux qui le feront n’auront rien à faire de l’avis du peuple, comme il le font depuis 40 ans 😀

  3. Anonyme dit :

    J'ai téléchargé cette application et récemment lorsque je prends position pour une proposition de loi en cours, l'encard de validation via mon adresse email, n'existe plus, donc je ne peux pas certifier que mon choix "pour ou contre ou abstention" est activé et acté vers mes parlementaires et Sénat et Assemblée Nationale ?
    Il y a quelques semaines cela fonctionnait avec le bouton "Validation"
    Bizarre bizarre !!!

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