Le chiffre 17, pour 17 % de femmes parmi les effectifs dans le secteur du numérique en France

Femmes et tech : 4 chiffres qui montrent qu’en France la mixité stagne

Moins bien financées, davantage sujettes aux comportements sexistes que dans les autres secteurs, et toujours pas nombreuses… Le secteur de la tech en France peine à se défaire de l'héritage de la « culture bro ».

Les équipes féminines lèvent 4,3 fois moins que les équipes masculines

Sorare, Mirakl, Back Market… La French tech a enchaîné les levées de fonds record en 2021, mais cela a surtout bénéficié aux entreprises fondées par des hommes. 88 % des montants levés ont été captés par des équipes 100 % masculines, rapporte le baromètre du collectif Sista et du cabinet de conseil BCG publié début mars, quelques jours avant la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. 11 % des sommes levées l'ont été par des équipes mixtes, et moins de 1 % par des équipes 100 % féminines. Quasiment aucune des méga levées, excepté Vestiaire Collective, ne concerne une jeune pousse fondée par une femme. De manière générale, les startups tricolores fondées par des femmes lèvent 4,3 fois moins que celles créées par des hommes, pointe le baromètre. L’écart était quasiment deux fois moins important sur la période 2008-2019. 

Une raison d'espérer toutefois : en 2021, 24 % des startups fondées ont au moins une femme au sein de leur équipe fondatrice contre 18 % en 2018. Si on continue sur ce rythme, la mixité sera atteinte en… 2055. 

Les femmes ne constituent que 17 % des effectifs du numérique 

Du côté des effectifs ce n’est pas la joie non plus. La part des femmes dans les métiers du numérique progresse à petits pas. Elle est de 17 % en 2020, contre 12 % en 2018, selon l’étude Gender Scan 2022, qui mesure l’évolution de la situation des femmes dans le secteur des technologies et du numérique. Et ce alors que l’on compte plus de femmes diplômées du numérique – leur nombre a progressé de 33 % entre 2013 et 2019. Et que les postes disponibles dans le numérique progressent d’année en année (+35 % entre 2011 et 2019), on parle même d'une pénurie de main-d'oeuvre. L’argument « on n’embauche pas de femmes, car il n’y en a pas » est donc de plus en plus difficile à entendre. 

Dans le secteur manufacturier de haute technologie, c’est encore pire. Le nombre de femmes a chuté de 14 % en France entre 2011 et 2019, alors qu’il a progressé de 13 % en Europe sur la même période. 

La satisfaction des femmes quant à la gestion de leur carrière régresse

Toujours selon l’étude Gender Scan, la satisfaction des femmes par rapport à leur travail décroche dans le secteur de la tech. En 2021, seules 49 % sont satisfaites de la gestion de leur carrière (gestion de la charge de travail, mentoring, formation) contre 59 % en 2019. Sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, leur satisfaction chute de 19 % (de 81 % en 2019 à 63 % en 2021 de femmes satisfaites). Et ce même si 75 % des femmes actives dans la tech saluent un engagement renforcé de leur direction générale en faveur de la qualité de vie au travail. La pandémie et sa réorganisation à marche forcée du travail sont passées par là. Mais le niveau de satisfaction des hommes reste lui stable sur ces sujets. 

Plus sujettes au sexisme qu’ailleurs 

Autre point noir de l’étude : 46 % des femmes dans la tech déclarent avoir déjà été victimes de comportements sexistes (propos discriminants, humiliants, menaçants ou violents adressés aux femmes en raison de leur genre). C’est 8 points de plus que dans les autres secteurs. 

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