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Des panneaux  - on strike -  entassés sur le bitume
© jekershner7 via Getty Images

Faire la grève des données : un moyen de négocier avec les Gafam ?

Le 8 mars 2021

Dans un article universitaire, un groupe de chercheurs détaille trois actions collectives pour faire pression contre les géants du numérique. Au programme de cette guérilla de la tech : grève de la data, empoisonnement des données et collaboration avec la concurrence.

Pour rééquilibrer (un peu) la relation entre les géants du numérique et les utilisateurs, des chercheurs de Northwestern University suggèrent trois techniques à mettre en place collectivement. À chaque fois, l’idée est la même : faire de nos données un moyen de négociation. Car sans elles, Facebook, Google et consorts ne peuvent pas faire grand chose.

La grève des données

Il s’agit de supprimer certaines données détenues par un réseau social ou tout autre site. En cessant d’utiliser ledit site, en lui demandant de supprimer les données nous concernant (le RGPD l’autorise), ou plus simplement en utilisant un adblock, ces extensions permettent de bloquer les publicités en ligne et empêchent ainsi les géants de la tech de bien en évaluer la portée.

Le brouillage des pistes ou data poisoning

Pour réduire la précision des algorithmes et la valeur financière des données, on peut aussi choisir de publier de fausses informations. Annoncer sur Instagram que vous déménagez alors que pas du tout, par exemple. L’extension Chrome AdNauseam automatise cette technique dite de l’obfuscation en cliquant sur absolument toutes les publicités que l'utilisateur croise sur le web.

Tout donner à la concurrence

Les données que les plateformes détiennent sur vous sont moins précieuses si elles peuvent se retrouver ailleurs. La troisième technique expliquée par les chercheurs consiste donc à partager ses datas avec une ou des plateformes concurrentes. Par exemple : télécharger sur Tumblr l’ensemble de vos photos Facebook.

Ces méthodes sont déjà mises en place par certains internautes. Mais utilisées individuellement, elles n’ont pas vraiment d'impact sur les décisions des Gafam. En revanche, lorsque plusieurs millions de personnes se coordonnent, cela peut changer la donne, estime les chercheurs. Des effets de meute contre les géants du numérique ont déjà eu lieu sans que ces actions n'aient été préparées, ni théorisées. Lorsque WhatsApp a annoncé en janvier 2021 des changements dans sa politique de confidentialité, des millions d’utilisateurs ont menacé de quitter la messagerie en téléchargeant Signal et Telegram en masse. Résultat : WhatsApp a reporté les changements. Une petite victoire pour les utilisateurs. La difficulté reste de mobiliser les troupes sur le long terme et d’être capable de mesurer réellement l’effet de ces techniques, pointent les chercheurs.

Marine Protais - Le 8 mars 2021
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  • "Négocier" tout en restant entre les murs d'une plateforme. Un peu comme ces gens qui disent depuis 5 ans qu'ils vont quitter Facebook... Dur d'admettre nos addictions et nos contradictions.
    Le meilleur moyen de lutter contre les réseaux et les écrans toxiques, c'est simplement de les quitter.