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un clavier et une souris d'ordinateur posé dans l'herbe

Dix gestes pour passer votre numérique au green (et améliorer vos performances)

Béatrice Sutter
Le 23 mai 2019

Et si passer votre IT en mode écolo vous permettait de mieux performer ? On vous donne 10 mesures à prendre pour réduire vos factures, faire progresser vos résultats et diviser par deux votre bilan carbone. Enjoy !

Pour Frédéric Bordage, fondateur du Club Green IT et animateur de GreenIT.fr, la communauté française du numérique responsable, il ne faut surtout pas opposer le développement durable au business. « Clairement, l’idée du durable prendra quand on aura compris à quel point elle est efficace pour le business. Opposer les écolos aux requins de Wall Street n’a aucun sens. S’intéresser sérieusement à l’écologie amène à innover, à créer de la valeur et à conquérir de nouveaux clients pour diffuser largement des solutions intéressantes pour l’environnement ». Voici donc les dix points pour passer votre activité numérique dans le vert.

1. Quantifier son empreinte 

Réduire l’empreinte environnementale de son activité numérique. OK. Mais par où commencer si on ne sait pas par où on pèche ? Pour le savoir, une seule solution. Procéder à une analyse de cycle de vie simplifiée qui vous détaillera l’impact de vos équipements, de vos usages, de vos flux…

2. Nommer un.e responsable Green IT

Soyez-en sûr. Si personne ne suit et n’anime le sujet… les meilleures volontés vont s’éteindre en moins de temps qu’il ne faut pour griller un kilowattheure. Il faut donc nommer un responsable Green IT. Privilégier un convaincu du développement durable avec un solide bagage technique et qui saura échanger à tous les étages de la pyramide… avec autant de rondeur que d’insistance. Ne pas négliger de lui allouer des moyens. Ça peut servir !

3. Sensibiliser le Comex 

Clairement, attaquer le bilan écologique de votre activité numérique n’est pas une opération cosméto. Avec un pied dans la transformation numérique et l’autre dans la transition écologique… il s’agit bien d’un enjeu vital. Autant dire que si on loupe ce coche, on risque d’y laisser des plumes, voire le croupion. Et si le comex ne l’a pas compris, il faut fissa retourner le lui expliquer.

4. Eteindre ou mettre en veilleuse ses équipements  

Simple et comme à la maison. Quand on ne se sert pas de ses équipements… on les éteint. En termes d’effort, on est assez proche du 0, mais en termes de facture… ça peut en retirer quelques-uns.

5. Limiter les impressions et favoriser le papier recyclé ou certifié 

Reconnaissez qu’imprimer recto/verso votre prose ou celle de votre boss ne devrait pas dénaturer la pertinence des propos échangés. Choisir un papier recyclé, ou, à défaut, issu de forêts gérées durablement, non plus. Faites confiance aux écolabels FSC ou Blue Angel pour vous indiquer les meilleurs produits.

6. Utiliser de l'électricité à faible impact 

Oyez, oyez ! L’électricité que vous consommez présente un bilan écologique directement lié à son mode de production. Le moins impactant, sans conteste, reste l’hydraulique. Pour les autres, chacun fera son choix. Le nucléaire rejette des déchets dont on ne sait pas quoi faire dans les 100 000 prochaines années, consomme beaucoup d’eau, mais ne rejette que peu de gaz à effet de serre. Quant au gaz, c’est le contraire, mais sans les déchets radioactifs. Quoi qu’il en soit, pour connaître la nature de l’électricité que vous consommez, il vous faut demander une garantie d’origine. Demandez-la et, le cas échéant, faites votre choix.

7. Limiter le suréquipement (et la multiplication des écrans) 

« Si à 50 ans, tu n’as pas deux écrans sur ton bureau et deux smartphones, t’as raté ta vie ? » Ben non. Dans le lamentable bilan écologique présenté par nos joujoux numériques, les écrans s’avèrent les plus coupables. Alors, on stoppe la surenchère. On opte pour un seul téléphone, et si on a vraiment besoin d’avoir plusieurs 06, on apprend à jongler avec les cartes SIM. On se passe d’un double écran sur le bureau et on repasse au vidéoprojecteur dans la salle de réunion.

8. Recycler les déchets électroniques et le papier

Bon, de toute façon, vous n’avez pas le choix, c’est une obligation légale. Depuis janvier 2018, toutes les entreprises de plus de 20 salariés doivent mettre en place une solution de tri et de recyclage de leurs déchets papier. Contactez votre mairie ou l’un des nombreux prestataires existants (EasyRecyclage, La Corbeille Bleue, Les joyeux recycleurs…). Pour le traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques, tournez-vous vers Ecologic, l’éco-organisme chargé d’organiser ce type de collecte.

9. Réemployer ses équipement ou ceux des autres 

Rien de plus efficace, pas trop compliqué, mais souvent jugé pas hypersexy : le matériel d’occasion. Allez, on pense aux fleurs, et on accepte de mettre dans les appels d’offres une partie du matériel sur le marché de la seconde main. Le marché du réemploi est très bien structuré. Les fabricants ont conçu des offres, et des associations se sont spécialisées sur cette activité avec, entre autres, les Ateliers du Bocage d’Emmaüs, ATF Gaia, Ateliers Sans Frontières, etc.

10. Concevoir vos services numériques en mode UX et sans gras 

Ici, on attaque le plus gros chantier, mais incontestablement le plus rémunérateur. Vous l’aurez compris, la sobriété numérique peut vous faire économiser beaucoup, mais elle peut surtout vous faire gagner énormément. Le principe ? Opérer une cure de désintox à vos sites et applis. On oublie le gras numérique – on vise à tout simplifier en mode UX.

Vous ne voyez pas ? Souvenez-vous de la home page de Yahoo! versus celle de Google. Les deux moteurs de recherche se tiraient alors la bourre. L’un avait opté pour une page d’accueil qui clignotait d’infos que l’internaute n’avait pas sollicitées, l’autre avait choisi de ne donner que ce qu’on venait y chercher. L’histoire parle d’elle-même. Google est resté, Yahoo! a péri.

Autre exemple, plus récent. En 2015, PagesJaunes a écoconçu son site. Résultats : réduction de sa facture gaz à effet de serre de 720 tonnes d’équivalent CO2 et économie de 18 000 mètres cubes d’eau, l’équivalent de 6 millions de kilomètres en voiture et 2 millions de packs d’eau minérale. Sans compter 30 % de bande passante en moins. L’entreprise ne donne pas les chiffres, mais on parle ici de millions d’euros d’économie. Et, last but not least, leur service, devenu nettement plus user-friendly, leur a fait gagner des parts de marché. Allez, à vous de jouer !


Cet article est paru dans la revue 18 de L'ADN. Vous en voulez encore ? Vous pouvez commander votre exemplaire ici.


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