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Salarié d'une start-up portant un casque de réalité virtuelle avec un air ébahi
© skynesher via Getty Images

De big data à ubérisation, petit lexique satirique des mots (énervants) de la tech

Le 6 nov. 2019

Vous ne comprenez toujours pas le principe de la blockchain ni l’intérêt des hackathons ? Pas sûr que ce lexique du dessinateur Fix vous aide, mais il vous permettra de mieux supporter cette novlangue tech.

GAFA, blockchain, cybersécurité… Ces mots ont envahi notre quotidien, que l’on travaille dans le secteur de la tech ou non. Le dessinateur Fix leur donne des définitions humoristiques dans son livre Petit Dictionnaire illustré de l’Entreprise. Morceaux choisis.

Big data

Désigne le gros tas de données sans queue ni tête générées par la navigation de 7 milliards d’humains décérébrés sur Internet. Bizarrement, les gars du marketing ont réussi à faire croire à la DG qu’il était possible de tirer quelque chose de ce fatras grâce à la magie des algorithmes et des data scientists. Ce qui leur a permis de décrocher de nouveaux budgets et d’acheter enfin ce babyfoot dont ils rêvaient.

Blockchain

Concept de cryptage de données incompréhensible, mais très à la mode.

Cybersécurité

Ne vous concerne pas, car le piratage informatique, ça n’arrive qu’aux autres.

Data

Ressource naturelle à la base de notre glorieuse civilisation digitale, qui a succédé en tant que pilier de l’économie mondiale au silex, au charbon et au pétrole, et qui présente l’avantage indéniable d’être beaucoup moins salissante.

GAFA

Acronyme de « Google Amazon Facebook Apple », les quatre méga-corporations, modernes cavaliers de l’Apocalypse digitale, qui règnent sur nos écrans, s’accaparent notre argent, nos vies, nos cerveaux et nos âmes, nous transforment en consommateurs zombies, détruisent nos civilisations et ruinent le petit commerce. Bien pratiques quand même.

Fab Lab

Abréviation de Fabrication Laboratory. Désigne un endroit hyper branché plein d’imprimantes 3D, d’ordinateurs, de compétences, et de tas d’autres trucs dont vous ne savez pas trop à quoi ils peuvent bien servir. Peuplé de geeks, de hipsters et de plein d’autres gens dont vous ne savez pas trop à quoi ils peuvent bien servir.

Google

Votre meilleur ami. Le cœur omniscient de notre civilisation. Le nouveau dieu de l’Homo numericus. Connaît les réponses à toutes vos questions, devance vos envies et vos besoins, et prend soin de vos données personnelles, de manière parfaitement désintéressée et philanthropique. À noter : en cas de doute, rappelez-vous que Google est votre ami.

Hackathon

Rassemblement de gentils marketeurs et d’informaticiens dans le but de développer de sympathiques petites innovations sur des sujets aussi subversifs que les applications digitales de toilettage pour chiens ou le système d’information RH, tout en se prenant pour de dangereux anarchistes-punks. Étymologiquement, le mot « hackathon » s’inspire du hacking des pirates informatiques, un peu comme si Raymond Barre prétendait être l’héritier spirituel de Che Guevara.

Objets connectés

Idée bizarre consistant à connecter des objets par Internet pour les parer de nouvelles fonctionnalités inutiles. Ce qui permet de vendre quelque chose de nouveau et de cher aux consommateurs hagards, de collecter leurs données, de collecter leurs données, de collecter leurs données, et aussi de collecter leurs données.

Réseaux sociaux

Cet endroit virtuel merveilleux où vous avez plein d’amis que vous ne connaissez pas, mais qui pensent la même chose que vous, qui likent la vie que vous présentez comme la vôtre, qui vous recommandent des produits de manière parfaitement désintéressée, qui partagent des photos de chatons et d‘Illuminati, qui sont des sources d’information fiables, et que vous n’avez pas besoin de rencontrer dans le monde réel. La vie, la vraie, quoi. Autrement plus confortable que ce cloaque lourdingue qu’on nomme réalité.

Ubérisation

Désigne l’expérience, assez déplaisante, mais largement répandue, que l’on vit lorsqu’un petit malin sorti de nulle part révolutionne votre métier, et remet en cause la confortable rente de situation sur laquelle vous vous reposiez depuis quelques décennies. L’expression trouverait ses racines dans le milieu des taxis parisiens du XIIème siècle, quand un nouveau taxi dénommé Hubert déboula sur le marché en demandant à être moins payé en échange d’un service de meilleure qualité. Comme il se doit, ledit Hubert fut lynché par ses collègues, mais l’expression est restée.

À lire pour plus de définitions absurdes : Petit dictionnaire illustré de l’entreprise de Fix, Diateino, 2019.

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