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loupe avec oeil d'une jeune femme
© Getty Images

Tech : les 5 tendances fortes que nous avons repérées au CES 2020

Sandrine Cochard
Le 9 janv. 2020

Au CES, on s'attaque aux grands enjeux. Sauver le monde... depuis le temps que la tech en parle, aujourd'hui elle veut s'y mettre. Sélection des tendances de cette édition 2020.

La tech fait-elle amende honorable ? Régulièrement épinglée pour ses dérives (bataille de l’attention et dark patterns, empreinte écologique ou encore exploitation des données personnelles des utilisateurs), la technologie version CES 2020 en a fini avec la course à l’innovation gadget pour se retrouver autour d'une nouvelle mission : résoudre les problèmes du monde. Rien que ça ! La preuve en 5 tendances vues sur place.

La durabilité comme fil rouge

Durabilité ! C'est l’un des mots les plus cités cette année au CES. Il faut dire que plus personne ne peut ignorer les enjeux environnementaux. Alors, sur quoi se concentre l’innovation durable ? En priorité, sur l’énergie. Qu’il s’agisse de réaliser des économies d’énergie grâce au foyer connecté et à ses capteurs en tout genre pour réduire sa consommation et sa facture, ou de rouler à l’électrique, le renouveau énergétique se confirme. Objectif : donner les moyens aux consommateurs de franchir le cap.

Vous ne voulez pas acheter de véhicule électrique ? Vous pouvez le louer avec Canoo, une start-up française basée à Los Angeles. Vous craignez qu’un véhicule électrique soit plus difficile à recharger, faute de bornes ? La start-up américaine SparkCharge vous dépose une batterie portable chez vous. Bref, l’objectif est clair : faire de 2020 l’année pivot vers la voiture électrique. « Le nombre de voitures électriques a fortement augmenté ces dernières années, mais les infrastructures ne suivent pas. Nous pensons que c’est à nous d’aller vers les consommateurs », souligne Joshua Aviv, fondateur et CEO de SparkCharge.

« On pense que nous glissons d’un système de propriété à un système d’usage qui englobe aussi la voiture, explique Olivier, PDG de Canoo. Notre but est de proposer une expérience de mobilité plus adaptée à la manière de vivre des consommateurs, de promouvoir l’électrification du parc automobile et de préparer l’arrivée des voitures autonomes. »

En attendant, il faudra toujours compter avec ce que l’on connaît déjà : trottinettes, vélos et véhicules électriques en tout genre, encore très fortement représentés cette année. Pas de révolution de ce côté, mais un engouement qui se confirme, avec des matériaux toujours plus légers et résistants, et une meilleure autonomie électrique.

Avion is the new taxi

Ça y est, nous y sommes ! La voiture volante fantasmée depuis un siècle est devenue réalité ! Enfin presque. Uber et Hyundai ont profité du CES pour annoncer leur partenariat et la construction d’une flotte de taxis volants.

Ces « Uber Air Taxi » pourront embarquer jusqu’à 4 personnes et pourront voler à des vitesses allant jusqu’à 200 miles (soit 322 km/h). Ils ont vocation à être autonomes, même si les premiers modèles seront pilotés manuellement. Objectif : désengorger les axes routiers en créant des couloirs aériens inédits, à moins de 600 mètres de hauteur. Une première démonstration devrait être faite en 2020, leur commercialisation est attendue pour 2023, légèrement en avance sur les prédictions. De quoi relancer la course aux premiers eVTOL (electric vertical take-off and landing, ndlr) puisque dans tout marché émergent, la règle est souvent celle du premier arrivé, premier servi. D’autres acteurs comme Airspace Experience Technologies, Airbus ou Boeing développent leurs propres solutions. Le secteur de l’aéronautique va-t-il avaler le marché du transport individuel ?

« Cyber everywhere »

C’est le titre d’une conférence donnée au CES cette année. Il faut dire qu’il y a de quoi dire sur le sujet, alors que les géants de la tech multiplient les annonces sur la protection de la vie privée. Facebook a récemment dévoilé une nouvelle fonctionnalité de vérification. Google vient d’ajouter une commande « undo » à son assistant vocal. En disant « Hey Google, that wasn’t for you », l’assistant supprime l’audio enregistré. Bref, la protection de la vie privée et de l’exploitation des données personnelles est un enjeu de plus en plus fort un peu partout dans le monde.

Deux secteurs concentrent les inquiétudes : celui de la sécurité, avec le recours à la reconnaissance faciale, qui fait l’objet d’intenses débats en France ou aux États-Unis ; et celui de… la santé.

La santé connectée, qui s’est énormément développée avec l’IoT, doit aujourd’hui démontrer sa capacité à protéger les téra de données collectées. Des start-up comme la française Geo Sentinel en ont fait un service à part entière. Avec My Lazo, un « coffre-fort des données médicales », elle propose de centraliser les données des patients, mais aussi de les analyser pour en tirer des prédictions utiles aux médecins.

Alors que Google montre ses ambitions en la matière, et aspire au passage les données de santé de millions d’Américains légalement, mais sans leur consentement, d’autres acteurs lorgnent ce nouveau marché. De quoi faire dire à Peter Diamandis, gourou de la tech, qu’à l’avenir, « Amazon et Apple seront nos docteurs ». Et vous, à qui allez-vous faire confiance ?

Tracking ciblé pour personnes âgées

Porté par le vieillissement de la population observé un peu partout dans le monde, les seniors sont les nouveaux millennials : la cible de toutes les attentions donc. Qu’il s’agisse de garder un œil sur eux à domicile ou de piloter une surveillance individuelle en maison de retraite, les personnes âgées représentent un nouveau marché qui n’a pas fini de grandir. Alors, quel sort réserve-t-on à nos aînés ?

Des détecteurs de chute en temps réel. CarePredict propose un bracelet connecté qui mesure l’activité physique de son porteur et sonne l’alerte en cas de chute. De son côté, la start-up française Morphée + opte pour une colonne à installer dans un coin de son salon, « sans capteur ni caméra pour préserver l’intimité des personnes », explique son président, Bruno Duperrier. Concrètement, l’appareil est capable d’analyser la vitesse de déplacement, le temps d’alitement, le rythme cardiaque et respiratoire et transmettre ces données dans un dossier de soin, voire générer des alertes en temps réel. « L’enjeu est de préserver l’autonomie des seniors, mais aussi tout un écosystème. Plus un trouble est pris en charge tôt, mieux on peut le traiter et limiter ses conséquences. Cela permet de limiter les durées d’hospitalisation, ce qui peut alléger la charge des services d’urgence et le coût pour la CPAM ou les mutuelles. »

Une surveillance ultra-personnalisée avec Smardii. La start-up basée à Miami a développé un capteur d’environ 5 centimètres de diamètre qui se fixe sur la couche d’un patient pour détecter selles et urine. Il peut aussi analyser les urines pour traquer d’éventuelles traces de protéines, nitrates ou glucose, ou encore mesurer la température de la personne et sa position (allongée, debout), pour faciliter le travail des médecins et des infirmier.ères.

Fake food ou good food… toujours un vrai business

Impossible Foods s’est donné une mission : en finir avec la viande animale. Depuis neuf ans, la start-up californienne développe des steaks à base de viande cultivée en laboratoire. Cette année, elle a fait sensation en présentant sa viande de porc… sans porc. Un mélange à base de protéines végétales qui confirme l’engouement pour les solutions alternatives à la viande, un filon déjà bien exploité par la marque Beyond Meat.

Mais la fake food, c’est aussi du faux vin, comme ceux de Endless West ou Replica Wine, ou du faux lait, comme les crèmes glacées ou les yaourts sans lait de Perfect Day Foods ou Ripple Foods. Mais si on est ici bien loin du retour à la terre, à l'autre bout du spectre des entreprises militent. Des start-up comme myfood proposent aux particuliers de « se reconnecter avec votre nourriture » grâce à des serres connectées abritant des potagers en permaculture pour cultiver ses propres légumes, que l’on possède une maison ou un balcon.

De son côté, Agreenculture développe des robots équipés de logiciels Dassault Systèmes pour aider les agriculteurs à entretenir leurs champs ou leurs vignes de manière plus saine, et en finir avec l’usage de certains pesticides. Bref, le retour vers le vivant se confirme

Et en bonus... les gadgets du CES

Eh oui... le CES ne serait pas vraiment le CES si on n’y trouvait pas une série de gadgets plus ou moins inutiles. Florilège de choses vues dans les allées.

Pour ressentir la technologie. Un casque de basses à porter sur la poitrine pour s’immerger dans un film, une musique ou un jeu vidéo avec BassMe. Un smartphone à écran haptique pour donner l’illusion de toucher physiquement ce que l’on voit à l’image, comme les touches de son clavier ou une action dans un jeu, avec Hap2U.

Pour les pressés. Un appareil pour se brosser les dents en 10 secondes, avec YBrush.

Pour les control freak. Un bandeau pour contrôler son écran par la pensée, avec NextMind.

Sandrine Cochard - Le 9 janv. 2020
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  • "Objectif : désengorger les axes routiers en créant des couloirs aériens inédits, à moins de 100 km de hauteur." On doit comprendre 100 mètres j'imagine ?

    • Vous avez raison, il s'agit bien d'une erreur. 100km est la distance que le taxi volant sera capable de parcourir. Les appareils voleront à une altitude comprise entre 300 et 600 mètres.