habillage
premium1
premium1
Une femme avec un manteau en fourrure sur le quai d'un métro
© FluxFactory via GettyImages

Unfluenceurs : ces influenceurs qui nous énervent mais qui nous font du bien

Le 3 sept. 2019

Sur Instagram, temple de l’influence, se cachent aussi des unfluenceurs : des influenceurs qui nous énervent et nous donnent envie de faire l'inverse de ce qu'ils font. Ils nous agacent, nous exaspèrent... mais les unfluenceurs pourraient aussi être bénéfiques pour notre santé mentale.

1h22 : c’est le temps moyen passé quotidiennement sur les réseaux sociaux par les Français. Et il y a de bonnes chances que l’on croise la route – et surtout les photos impeccables – d’influenceurs made in Instagram.

On les suit de notre plein gré, mais on adore aussi critiquer les Instagrammeurs, leurs vacances de rêve même en novembre, leur dressing inépuisable et leur régime alimentaire qui semble presque exclusivement composé d’avocado toast. Ce phénomène a un nom : le hate following. C’est un peu moche mais c’est psychologique : on aime suivre les gens qui nous énervent.

Saturation d’images sur Instagram

La tendance du hate following peut transformer les influenceurs en unfluenceurs, c'est-à-dire en influenceurs inversés. Les unfluenceurs sont des influenceurs comme les autres sauf qu’au lieu de nous donner envie de faire comme eux – et surtout d’acheter les mêmes produits, ils nous poussent à faire exactement le contraire. Dans un article originellement publié dans New York Magazine, Marissa Meltzer raconte son rapport à ces Instagrammeurs qu’elle finit par détester. « Son feed me dégoûte des choses que j’aimais avant, comme les polaires Patagonia ou les sabots en bois », raconte Marissa à propos d'une influenceuse qu’elle adore haïr. Une amie de Marissa refuse carrément de porter des Nike après en avoir vues aux pieds de son unfluenceuse favorite.

Marissa n’est pas une simple hateuse aigrie qui aurait Instagram en horreur. Bien au contraire, la journaliste l’assume sans détour : elle a « les mêmes désirs modernes que la plupart des hommes et des femmes de sa tranche d’âge ». Des envies largement infusées à la culture visuelle d’Instagram. Marissa ne déteste pas non plus les influenceuses par principe. Elle professe même sa passion pour l’instagrammeuse Katie Sturino qui use et abuse des codes de la plateforme. Il faut dire que sur Instagram, les clichés se suivent et souvent se ressemblent comme le montre le compte @insta_repeat.

Détester l’autre pour mieux se connaître soi-même

L’unfluenceur est énervant mais il a aussi une fonction. Figurez-vous que cette instagrammeuse qui vous donne envie de ne plus jamais commander de golden latte vous permet de mieux vous connaître, de mieux savoir ce que vous aimez ou non. Pour Marissa, ce qui transforme une simple influenceuse en unfluenceuse, c’est de noter une dissonance entre ce que l’instagrammeuse prétend aimer et ses véritables goûts. « Mais le fait que ça me touche a moins à voir avec le narcissisme de l’unfluenceuse que le mien : je ne suis pas aussi originale que j’aimerais l’être, mes goûts ne sont pas aussi raffinés que je le pense », avoue la journaliste.

« Cette unfluenceuse m’a fait réfléchir sur moi-même autant que mon ancien psychanalyste, et elle le fait gratuitement, » conclut-elle. Encore mieux que les vrais psys qui investissent Instagram, les unfluencers qui révèlent notre vraie personnalité ?

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.