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Deux hommes et une femme
© domoyega via GettyImages

La tri-parentalité, une nouvelle façon de concevoir la vie de famille

Le 23 sept. 2020

Recomposée, monoparentale, homoparentale... on le sait, la famille a muté. Et de nouveaux modèles comme la tri-parentalité voient le jour.

Un enfant, trois parents. C’est le modèle non-conventionnel de la famille Kent-Hausfather-Jay. Pour The Atlantic, la journaliste Angela Chen dresse le portrait de cette famille californienne qui s’éloigne de la structure parentale classique. Parmi ce trio de parents, on trouve David Jay, activiste et fondateur du Asexual Visibility and Educational Network. David est asexuel, c’est-à-dire qu’il ne ressent pas d’attraction sexuelle. En revanche, les personnes asexuelles ont les mêmes besoins émotionnels que les personnes sexuelles et la même capacité à créer des relations intimes en dehors la sexualité.

David a toujours su qu’il voulait des enfants, raconte la journaliste. Il également toujours su qu’il ne le ferait pas dans le cadre traditionnel de la famille biparentale et hétérosexuelle. Grâce à un couple d’amis, Avary Kent et Zeke Hausfather, il a pu fonder sa famille sur un modèle qui leur ressemble et leur convient.

La tri-parentalité, comment ça fonctionne ?

Octavia, 3 ans, a donc trois parents : David, Zeke et Avary. Elle porte d’ailleurs les noms de famille de ses 3 parents. Zeke et Avary sont en couple et mariés. Romantiquement, David n’est pas impliqué dans la relation de Zeke et Avary. Grâce à l’adoption tri-parentale autorisée en Californie – ainsi que dans une poignée d’autres États américains –, David, Zeke et Avary sont tous parents de leur fille, de façon égale et légale. Un statut juridique particulièrement important puisque son absence exposerait le troisième parent à une grande vulnérabilité comme le rappelle la journaliste.

Alors que de nombreux couples se lancent parfois dans l’aventure sans avoir réfléchi à toutes les éventualités, la famille Kent-Hausfather-Jay ne s’est pas construite par hasard. David Jay a longtemps discuté avec son entourage de son désir de fonder une famille non-traditionnelle. Lorsque Avary et Zeke lui ont proposé de devenir parents ensemble, un peu après leur mariage, la future famille a consulté un médiateur. Que faire si l’un des parents trouve un travail dans une autre ville ? Que faire si l’un d’entre eux tombe très malade ? Des questions – et surtout des réponses – qui ont confirmé leur désir commun de famille tri-parentale.

Trois parents et une meilleure répartition des tâches domestiques

Après trois ans de co-parentalité à trois, la famille Kent-Hausfather-Jay semble se porter à merveille. L’aventure s’avère même plus facile qu’attendue, confie David à The Atlantic. En plus des trois salaires, la tri-parentalité offre l’avantage d’une meilleure répartition des tâches familiale. Dans les familles bi-parentales hétérosexuelles, la charge domestique est encore largement assurée par les femmes. Pas dans cette famille d’un nouveau genre où chaque parent fait un tiers du boulot. 

Une structure familiale traditionnelle déjà dépassée

Sous sa forme légale et formelle, la tri-parentalité est un phénomène nouveau. Mais David rappelle que sa famille n’a rien inventé. Dès 2014, une étude du Pew Research Center révélait déjà que moins de la moitié des enfants américains vivaient dans un foyer dit « traditionnel », avec deux parents mariés et hétérosexuels. En France, les familles monoparentales représentaient près d’un quart des familles avec enfant en 2015 d’après les données de l’INSEE. D’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, la structure familiale évolue et se diversifie. Et dans ces nouvelles structures, comme les familles recomposées, il n’est pas rare que les enfants grandissent avec plus de deux figures parentales comme modèle.

La famille tri-parentale de David, Zeke et Avary ne serait donc finalement pas si originale que ça. D’après David, son asexualité et sa relation platonique avec ses deux co-parents, apporte à sa famille un avantage. « On évite complètement la stigmatisation qu’il peut y avoir autour d’une relation polyamoureuse. Du coup, les gens se concentrent sur la parentalité et les bénéfices que ça apporte à notre famille », explique-t-il. Il serait donc plus facile de remettre en cause les normes de la structure familiale que des celles des relations romantiques.

Alice Huot - Le 23 sept. 2020
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