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Un homme se regarde dans un miroir cassé
© Unsplash

A la rencontre des sologames, ces gens qui s'aiment eux-même

Le 19 mars 2019

Vous pensez qu’il faut être au moins deux pour créer une relation ? Les autosexuels et les autoromantiques affirment que non. Eux ne cherchent qu’à se plaire à eux-mêmes, et ils adorent ça. 

Nous sommes à l’ère de l’acception et de l’affirmation de soi. Des salles de yoga aux couvertures des magazines féminins, en passant par le rayon développement personnel des librairies, tout nous invite à nous aimer nous-mêmes.

Pour certains, s’aimer soi-même va bien au-delà de la philosophie de vie et devient une véritable forme de sexualité. On les appelle les autosexuels. Les personnes autosexuelles ressentent donc une attirance sexuelle envers leur propre corps. Certains parlent même de romansturbation : un rendez-vous galant en bonne et due forme avec soi-même, suivi d’une séance solo sous la couette.

A priori, ça ressemble à de la masturbation ritualisée. Rien de bien nouveau - même si le sujet continue de déranger, notamment sur les réseaux sociaux. Mais l’autosexualité peut aussi être accompagnée d’autoromantisme, c’est-à-dire être amoureux de soi-même au même titre qu’un sentiment développé envers une autre personne. Certains autosexuels/autoromantiques choisissent de s’engager et d’entretenir une relation exclusive avec leur propre personne. On parle alors de sologamie. Et cet engagement peut aller jusqu’à l’auto-mariage. La pratique n’est pas reconnue légalement, mais comme le mariage entre deux personnes, c’est déjà un business pour certaines entreprises qui proposent des kits d’auto-mariage.

Ghia : autosexuelle, fiancée à elle-même et... heureuse

D’après le chercheur et sexothérapeute Bernard Apfelbaum à l'origine du concept, il est difficile d’évaluer la proportion d’autosexuels, encore peu visibles dans la société. En revanche, certains n’hésitent pas à revendiquer haut et fort leur identité autosexuelle. C’est le cas de l’autrice Ghia Vitale, autosexuelle, gender-fluid, autoromantique et… heureuse.

« J’avais des sentiments romantiques et une attirance sexuelle envers moi-même, mais j’ai toujours supposé que pour être légitime une relation devait impliquer une autre personne. Aujourd’hui, je me rends compte que ma relation avec moi-même est aussi légitime qu’une autre, » explique-t-elle au média britannique Metro. En 2017, un mois après ses auto-fiançailles, elle a publié un long essai sur Medium pour expliquer sa relation à elle-même. Elle y raconte les poèmes romantiques qu’elle s’écrit, le plaisir qu’elle a de passer du temps seule et surtout l’attraction sexuelle envers son propre corps qu’elle ressent depuis ses 13 ans.

Être son propre partenaire, du célibat déguisé ?

Se masturber, aller au cinéma seul et apprécier passer du temps avec soi-même, est-ce que ça ne serait pas simplement ce que l’on appelle... le célibat ? Pas pour le chercheur Elyakim Kislev. « L’automarriage, la sologamie et autres pratiques du même type peuvent sembler saugrenues. Mais elles ne sont que des exemples d’un changement fondamental dans notre société, un passage des traditions à l’indépendance et de l’obéissance à l’expression de soi », explique l’auteur du livre Happy singlehood: the rising acceptance and celebration of solo living.

« Ce n’est pas qu’une modification sémantique. Ce changement fait du bruit dans toutes les sociétés à travers le monde, » poursuit-il. Les stéréotypes de genre sont de plus en plus remis en cause au profit d’une compréhension plus fluide et flexible du sexe et du genre. De la même manière, les sologames et les autosexuels permettent de repenser et d'élargir notre conception de la sexualité et des relations humaines et amoureuses.


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