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Une femme dans un magasin zéro déchet
© monkeybusinessimages vie GettyImages

Zéro déchet : par où commencer ?

Le 15 oct. 2019

Conscience écologique, quête d’une vie plus saine, économies…. ils sont nombreux à se lancer dans le zéro déchet.

On a beau faire le tri sélectif. Les poubelles jaunes, elles-aussi, débordent. Radicaux ou expérimentaux, les adeptes du zéro déchet ont décidé de vivre autrement. Leur devise : le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas.

Anti-gaspi, plastique, fait maison, DIY…. les mille facettes du zéro déchet

Le zéro déchet, c’est un gros morceau. Et personne n’y entre par la même porte. Pour Juliette, 28 ans, c’est la quête de produits non-testés sur les animaux qui l'a menée à ce mode de vie. « C’était tellement difficile de trouver des informations claires et transparentes sur la composition des produits que je me suis mise à fabriquer moi-même mes produits, » se souvient cette étudiante en médecine.

Au rayon zéro détritus, on trouve de tout. Il y a les mordus de l’anti-gaspi alimentaire, ceux qui font la guerre au plastique, les apprentis chimistes qui fabriquent leurs produits d’entretien dans leur cuisine, les fans du vrac, les pros du recyclage textile, les bricolos éclairés, et même des femmes qui cherchent des alternatives économiques et écologiques aux protections hygiéniques. Autant d’adeptes que de déchets, donc.

Mais rares sont ceux qui peuvent se targuer d’un bilan parfait. « Le zéro déchet absolu, ça n’existe pas, » assume Ophélie, 40 ans, à la tête d’un blog sur le zéro déchet. Mère de 6 enfants, elle explique qu’avec des ados, « impossible d’être à 100% ». Pour elle, c’est aussi une question d’éducation. « Les adolescents sont à un âge où ils apprennent la vie. » Il faut donc y aller étape par étape et « ne pas trop se mettre la pression », raconte-t-elle après deux ans et demi de vie « presque » sans déchet.

Par où on commence ?

Il faut bien commencer quelque part. Oui, mais par où ? On a oublié comment repriser nos vieilles sapes. On saurait difficilement laver nos vêtements sans lessive liquide. Et on ne parle même pas de récurer les toilettes sans toute une armée de produits achetés en supermarché.

Sur Facebook, des dizaines et des dizaines de groupes sur le zéro déchet ont vu le jour. Paris, Lyon, Lille, Caen, Marseille, Brest… à chaque ville, à chaque région, ses adeptes du zéro déchet – ou ZD pour les intimes. Sur ces groupes s’échangent bonnes adresses, tutos et recettes plus ou moins précises. En scrollant, on découvre des astuces que nos grands-mères tenaient sûrement pour acquises ainsi que des préparations qui nous font regretter de ne pas avoir plus écouté en cours de chimie.

On apprend par exemple à fabriquer des sirops contre la toux au thym. Plutôt classique. Plus étonnant, les savons à la cendre de bois. Dans une société où l’on est habitués à associer propreté et parfums « fleurs des îles » artificiels, le zéro déchet nous oblige aussi à revoir notre conception de l’hygiène.

Se fier à la communauté

Dans le même style, des posts enseignent les rudiments des savons à base de graisse de canard ou de bœuf – déjà utilisés dans les produits industriels sous le nom de tallowate de sodium. D’après les commentaires, c'est un détachant anti-gaspi particulièrement efficace. Et c’est bien là un point crucial. Sur Facebook, on se fie aux commentaires de la communauté de chimistes en herbe. Une méthode « test and learn » qui peut faire aussi peur que les compos crados de certains produits. Rien d’inquiétant pour Ophélie qui explique que le zéro déchet, « c’est avant tout utiliser des produits naturels qui ne sont pas dangereux. » Même avis du côté de Juliette qui considère Pinterest comme sa « mine d’or d’informations. »

Elle évoque néanmoins sa crème solaire DIY. Face à la tendance des recettes maisons, des chercheurs se sont penchés sur la composition de ces produits. À l’été 2019, une étude publiée dans le Journal of Health Communication tirait la sonnette d’alarme : les crèmes solaires maison seraient inefficaces. Une information qui n’a pas échappé à Juliette qui note quand même « que les recettes utilisaient de l’oxyde de zinc comme principe actif, comme les crème solaires du commerce. » L’adepte du fait maison a sollicité l’avis de sa pharmacienne sur le sujet qui n’a pu que lui confirmer que la composition « n’était pas absurde. » « Je ne sais pas trop quelle position adopter mais je n’ai pas pris de coups de soleil, » conclut-elle avec précaution.

Ok, et combien ça coûte ?

En parcourant les groupes dédiés à la pratique, on récolte aussi beaucoup d’astuces pour alléger son budget. Sur Facebook, la communauté zéro déchet est loin de ressembler à des bobos qui boivent leur matcha chai latte avec des pailles en inox à 4€ l’unité. Sur l’un de ces groupes dédiés au ZD, Eva raconte avoir réduit son budget mensuel de 300€ en passant aux protections hygiéniques lavables, en réduisant sa consommation de viande et fabriquant ses produits d’entretien et d’hygiène.

D’autres internautes notent un investissement de départ important – achat d’appareils, de bocaux, de boîtes… qui s’équilibre par la suite. Un point de vue qui n’est pas partagé par Ophélie pour qui « avoir des appareils à foison » n’est que « l’exploitation marketing du zéro déchet ». Pour sa famille de 8 personnes, le passage au sans déchet n’a pas fait de trou dans le budget. Elle explique que pour le pôle alimentation, le vrac coûte cher car il est souvent bio mais qu’il est au même prix que le bio emballé. En réduisant la consommation de viande à 3 fois par semaine et en fabriquant tous ses cosmétiques, produits d’hygiène et d’entretien à la maison, le budget s’équilibre.

Pour Juliette, ce mode de vie s’accompagne naturellement d’une tendance au minimalisme. Elle raconte ainsi « consommer globalement moins ». En revanche, Ophélie l’avoue, « ça demande du temps et de l’organisation. » Même contrainte pour Juliette qui raconte que « ce qui prend le plus de temps, ce n'est pas la fabrication des produits mais le fait de se renseigner sur leur qualité et les endroits où les trouver. » Même en n'utilisant que des produits facilement trouvables, elle cherche toujours à aller plus loin. Pas question donc de se contenter de « bicarbonate de soude emballé dans des sachets en plastique ». Au pays du zéro déchet, il y a toujours de la place pour l'amélioration.

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