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Un homme avec un sac en papier sur la tête
© mediaphotos via GettyImages

Après le flygskam, voici le köpskam : la honte de faire du shopping

Le 4 nov. 2019

Cette fois-ci, ce ne sont pas nos vacances à Rio qui sont en jeu, mais nos virées shopping.

Comme son nom l’indique, la nouvelle tendance nous vient encore de Suède. Après le flygskam, qui désigne la honte de prendre l’avion et qui a marqué l’année 2019, 2020 pourrait bien se dérouler sous le signe du köpskam. Construit sur le même modèle, ce néologisme scandinave met un mot sur une autre tendance : la honte de faire du shopping. (köp = acheter, skam = la honte).

Le pays de la fast fashion se met à la diète

Le köpskam cible particulièrement l’industrie de la mode. Comme son grand frère le flygskam, cette nouvelle « honte » modifie en profondeur les pratiques de consommateurs. Dans le pays qui a vu naître l’empire de la fast fashion H&M, le köpskam s’attaque donc à tout un système fondé sur la surconsommation. Première victime : la Fashion Week de Stockholm annulée pour cause de mauvais bilan carbone.

Et quand on regarde les chiffres de l’industrie textile, on se demande presque pourquoi on n’a pas inventé un mot plus tôt. Car, à l’échelle mondiale, la mode c’est 20% des rejets d’eaux usées et 10% des émissions de CO2. Et d’après les prévisions de la Fondation Ellen MacArthur, cela risque d’empirer. En 2050, on prévoit que le secteur représentera 26% des émissions de gaz à effet de serre. Il va donc falloir köpskamer sévère. Et ce n’est pas gagné. Actuellement, le #köpskam et sa centaine d’occurrences sur Instagram font difficilement le poids contre le #shopping qui en compte 113 millions.

Des turbulences à prévoir dans le monde de la mode ?

Pour le moment, le grand gagnant de cette décroissance, c’est le marché de la seconde main. D'après l'Institut Français de la Mode, près de 2 Français sur 5 ont acheté des vêtements d'occasion en 2019. Et 48% des personnes interrogées ont l'intention d'en acheter plus en 2020. Les applis comme Vinted ou Depop pour les plus jeunes tirent donc leur épingle du jeu malgré une promesse qui n'a, au fond, rien d'écolo.

En Suède où les vols ont baissé de 3,8% depuis janvier 2019, ou en France où Guillaume Pepy, Président de la SNCF, parlait d’un « effet flygskam », la honte de prendre l'avion a des conséquences réelles. On attend de voir si le köpskam aura le même impact.

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