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+8000 % de streams : la popularité de Kate Bush explose grâce à la série Stranger Things

La série Stranger Things dépoussière les années 1980 et catapulte la chanteuse britannique au firmament des playlists d'ados. Son titre Running Up That Hill (A Deal with God) bat des records de popularité sur les plateformes de streaming.

Le retour en grâce de la « sorcière du son » et icône britannique des années 1980 est peut-être l’un des plot twists ( « rebondissements » en français dans le texte) les plus imprévus de ces dernières semaines. Depuis la diffusion de la première partie de la saison 4 de Stranger Things, la chanteuse britannique âgée de 63 ans est passée du statut d’icône des années 1980 à celui d’idole de la pop culture contemporaine. Le jour de la diffusion de l’épisode, le 29 mai, son tube Running Up That Hill (A Deal with God) devenait le titre le plus « Shazamé » de l’histoire (du nom de l’application de reconnaissance musicale Shazam, NDLR). Quelques jours plus tard, le tube de Kate Bush est numéro 1 sur les plateformes Apple Music et Spotify. Sur le marché américain, le titre a connu un sursaut de streams de 8000 %, précise le magazine américain Variety.

Détresse, anxiété, dépression : remonter la pente

Le titre Running Up That Hill (A Deal with God) (sorti pour la première fois en 1985) sert de ressort dramatique musical à l’intrigue de la série rétro-fantastique. Dans l’une des scènes de l’épisode, le personnage de Max, joué par l’actrice Sadie Sink, se débat pour échapper à Vecna, le méchant de fantasy, qui la retient prisonnière dans le monde parallèle. Cette scène est une allégorie de la détresse psychique de l’héroïne, aux prises avec la dépression et l’anxiété suscitées par la perte de son demi-frère. Le titre de Kate Bush vient rythmer le travail de deuil de l’héroïne, qui l’écoute de manière obsessionnelle. Un retour en grâce pour une icône qui n’a jamais perdu de sa superbe, mais qui restait jusque-là inconnue des moins de vingt ans.

Le succès de Kate Bush, miroir inversé de l’obsession pour la nouveauté

Profitant de la popularité nouvelle de Kate Bush auprès du jeune public, certains observateurs n’hésitent pas à brocarder certaines tendances de l'industrie musicale. Le consultant musical britannique Sean Adams dénonce ainsi l'obsession actuelle pour les nouveautés qui conduit les plateformes à injecter de nouveaux titres à flux constant, faisant le lit de gloires éphémères et de triomphes anecdotiques. Pour Sean Adams, le succès du titre de Kate Bush illustre le fait que les gens préfèrent la qualité – même surannée – à la médiocrité – quoique récente. « Greatness never gets old » : ce qui est bon ne vieillit pas, souligne-t-il.

Le retour du baladeur K7

Au passage, la série Stranger Things remet aussi au goût du jour un mode d’écoute que l’on pensait définitivement enterré du fait du triomphe du tout numérique : le baladeur K7 et les cassettes à bande magnétique. Kate Bush revient en grâce. Les AirPods n’ont pas encore ringardisé le Walkman et les casques ajustables. Une bonne nouvelle pour les nostalgiques, ou simplement les amateurs et amatrices de bonne musique.

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