Un policier américain de dos

Los Angeles : des policiers utilisent les chansons des Beatles pour ne pas se faire filmer sur Instagram

Aux États-Unis, des policiers utilisent les règles de copyright d’Instagram pour empêcher les activistes de les filmer.

« Conseil pour celles et ceux qui ne veulent pas que leurs vidéos OnlyFans fuitent : mettez une chanson de Beyoncé en fond sonore et la vidéo sera automatiquement supprimée pour atteinte au droit d’auteur si elle fuite sur Internet. » À la fois ironique et tout à fait sérieux, ce précieux conseil est récurrent sur Twitter. Et il aurait aussi inspiré les policiers de Beverly Hills.

Yesterday… All my troubles seemed so far away…

Sennett Devermont est un activiste américain anti-violences policières. Depuis 2011, il a créé Mr.Checkpoint pour inciter les citoyens à « toujours filmer la police ». Un mot d’ordre qu’il s’applique évidemment à lui-même. Il poste ainsi de nombreuses vidéos sur le compte Instagram associé, suivi par 300 000 personnes. Récemment, il est confronté à un nouveau phénomène : des policiers qui se mettent à diffuser de la musique quand ils comprennent qu’ils sont filmés. Dans une vidéo publiée le 12 février, on peut voir un policier qui utilise son téléphone pour jouer le célèbre tube des Beatles Yesterday alors que Sennett Devermont essaie de discuter avec lui.

 
 
 
 
 
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L’algorithme d’Instagram peut-il protéger la police ?

Ce n’est pas la seule vidéo qui montre des policiers de Beverly Hills utilisant Spotify comme une arme de protection contre les activistes. D’après Vice, la pratique serait d’ailleurs en train de se répandre dans la cité des Anges. Objectif : que l’algorithme d’Instagram supprime automatiquement la vidéo ou interrompe le live. Et si l’algorithme de modération ne faisait pas correctement son boulot – ce qui n’étonnerait personne – les utilisateurs peuvent toujours signaler manuellement la vidéo indésirable pour enfreinte des règles de la plateforme. C’est exactement ce qu’avaient prédit les chercheurs Nick Simmons and Adam Holland à l’été 2020. Ils avaient analysé la suppression de nombreuses vidéos Black Lives Matter des plateformes sociales et avaient conclu que la police pouvait facilement utiliser cette technique comme une arme afin d’empêcher la diffusion de certaines vidéos. C’était bien vu, et c’est flippant.

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