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Jeux érotiques : mouvement de libération pour tout le monde

Étude - Avec la diffusion (tardive) chez les hommes du mouvement body positive, les manières de s’éclater au lit ont changé… Certains jeux ne sont plus interdits, d’autres nettement moins tolérés.

Soyons clairs. Les chiffres du premier volet de l’étude Observatoire européen de la sexualité féminine conduite par l’IFOP annoncent moins de bifles et d’éjaculations faciales pour les femmes, plus de sodomie passive pour les hommes.

Rejouer les scènes de Pornhub et Jacqueline & Michel, non merci

« Jusqu’alors, une diversification lente mais générale du répertoire sexuel des femmes s’opérait au cours de leur vie, avec par exemple l’adoption graduelle de certaines pratiques SM soft popularisées par le porno, comme la fessée ou le bondage » , explique François Kraus, à la tête du pôle Genre, sexualités et santé sexuelle de l’IFOP. « Or, on note dorénavant une baisse des comportements sexuels chargés symboliquement par les codes de la pornographie, comme l’éjaculation faciale ou l’ingestion de sperme. » Moins enclines à se prêter aux jeux archétypaux de la domination masculine, les femmes – notamment les plus jeunes et les plus diplômées - laisseraient donc de côté les pratiques sexuelles ne procurant pas un plaisir charnel direct.

Le chiffre : 40 % des femmes déclarent avoir déjà avalé le sperme de leur partenaire, contre 46 % en 2016.

« La sodomie passive progresse lentement mais sûrement »

La dégenrisation des rapports sexuels passe notamment par la sexualité anale. « La sodomie passive progresse lentement mais sûrement chez les hommes », souligne François Kraus. Pour le chargé d’études, la sexualité des couples hétérosexuels dénote en matière de pratiques anales d’une plus grande versatilité que celle présentée dans le porno mainstream, où les scènes représentant des femmes en train de pénétrer des hommes restent plutôt rares… Et pourtant !

C’est dans les CSP+ que la sodomie active fait le plus d’adeptes chez les femmes, ces dernières étant probablement moins attachées à la rigidité de la représentation des genres. De leur côté, leurs partenaires masculins, sécurisés par leur assise sociale et économique, craindraient moins la remise en cause de leur identité masculine. « Mais cela n’est pas évident pour tout le monde, surtout pour les jeunes, à ce titre bien plus conservateurs », note François Kraus.

Le chiffre : alors que la pratique était très peu répandue en 2016, le score oscille aujourd’hui entre 13 % et 22 % selon les types de pénétrations anales (langue, doigt, objet.)

Ce n’est pas la fête à la maison pour autant

Près d’une femme sur trois n’a pas eu de rapport sexuel durant les 4 semaines précédant l’étude. Et quand le rapprochement se produit, ce n’est pas le feu d’artifice pour 56 % des sondées, qui considèrent que leur partenaire n'est pas attentif à leur plaisir.

Le chiffre : 37 % des femmes sondées se sont déclarées sexuellement inactives, contre seulement 32 % en 2016. FODA, es-tu là ?

Méthodologie de l’étude : Étude IFOP pour The Poken Company réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 1 au 5 mars 2021 auprès d’un échantillon de 5 025 femmes, représentatif de la population féminine âgée de 18 ans et plus résidant en Italie, en Espagne, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. 

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