Metavers

Gen Z : ce que le Web3 change pour eux (et pour nous)

Avec Heaven

Cryptomonnaies, blockchains, NFT, métavers, DAO… Tout le monde en parle, mais personne ou presque ne sait vraiment de quoi il s'agit. Et encore moins ce que cela va changer dans le paysage numérique. Pour y voir plus clair, l'agence Heaven a réalisé une étude sur ses « early adopters »  : les 18-25 ans. Enseignements.

Au-delà du bruit médiatique, comprendre les contours du Web3

L'agence Heaven part d’un constat : s'il y a pléthore d'articles autour du Web3, publiés sur des supports plus ou moins grand public, la plupart se focalisent sur le phénoménal. En mettant l’accent sur les usages bling-bling qu'en font les stars et / ou les geeks, on ne tente pas d’explications conceptuelles, ou de faire le tri entre l'essentiel et l'anecdotique. Au mieux, le discours est extrêmement technique, au pire il est inexistant. Et si, à la rédaction de L'ADN, on redouble d'efforts pour le contredire, il est vrai qu'on se sent souvent seuls...

Pourtant, le Web3 est déjà en train de changer la donne à plusieurs titres.

Le premier, et ce qui explique que cette nouvelle étude se focalise sur la Gen Z – et pas sur les moins de 13 ans ( « Born Social » ) comme les années précédentes – est que sur le Web3 il faut « payer pour voir ». Autrement dit, la monétisation est consubstantielle au Web3. En théorie, il faut donc avoir plus de 18 ans pour y accéder et y évoluer.

Quant aux mythes sur le Web3, ils ont tous plus ou moins trait à la propriété, qui est pour l'instant un leurre ou, disons, pas encore juridiquement reconnu. Cela dit, rien de plus normal que cette « zone grise » actuelle (immaturité technologique, scepticisme du marché, nombreuses dérives et arnaques, détracteurs très virulents...), si on se remémore les balbutiements du Web 2.0.

Sans surprise, le Web3 est un « boys' club »

Il faut commencer par souligner que les 18-25 ans impressionnent par leur niveau de connaissance des termes piliers du Web3 : plus de 90 % connaissent ou ont déjà entendu parler de cryptomonnaie, 72 % des NFT et 61 % des métavers. On passe sous les 50 % pour les termes « blockchain », « Web3 » et « DAO » – qui est tout de même connu par près de 25 % des interrogés !

Pour autant, si on affine, la majorité des réponses positives vient des jeunes hommes (20,3 % des femmes n'en connaissant aucun contre 3 % des hommes déclarant tous les connaître). Comme évoqué plus haut, cela tient au fait que le discours est encore très technique, pour ne pas dire jargonnant.

On ne s'étonnera donc pas que, de la théorie à l'action, le « gap » soit encore plus grand et que ce boys' club se retrouve sur Fortnite et Discord, respectivement le jeu vidéo et le serveur de la communauté de joueurs... 

L'attractivité pour les cryptomonnaies et les NFT est réelle chez les jeunes

Une des révélations de l'étude est le taux de possession des cryptomonnaies. En effet, 32 % des 18-25 ans déclarent en posséder (contre 8 % du total des Français, ou 12 % des moins de 35 ans). Impressionnant. Ce qui les attire est purement financier, soit la possibilité de pouvoir se constituer une épargne rapide. Certains sont même attirés par la spéculation, mais la volatilité des cours, comme le côté trop technique et chronophage de la gestion d'un portefeuille, restent encore des freins importants compte tenu des moyens généralement limités de cette génération.

Quant aux NFT – s'il est établi que ce ne sont pas des œuvres mais des certificats de propriété numérique – bien qu'encore peu possédés, ils suscitent un fort désir d’acquisition : près de 50 % des 18-25 ans envisagent d’en acheter. Assez naturellement, leur choix se tourne alors vers des objets en lien avec leur univers : items virtuels en rapport avec un jeu vidéo (skin, emotes, etc.) ou œuvre digitale de la pop culture musique, photo, vidéo. Et ils sont même prêts à débourser des sommes importantes pour les obtenir (jusqu'à 1 000 € ! ).

Métavers et DAO semblent encore lointains (mais pas tant que ça)

Moins de 25 % de cette tranche d'âge fréquente déjà les métavers, mais ce qu'il faut retenir c'est que plus de 50 % l'envisage et s'y intéresse. Mieux, la majorité est même prête car elle possède déjà un avatar !

En fin de compte, pour l'heure, les DAO sont le dernier bastion du Web3 qui ne touche pas encore la Gen Z. Pour une bonne raison : personne n'a encore vraiment saisi ce que c'était et ce à quoi ça pouvait bien servir. Ceci dit, une fois qu'on leur explique l'intérêt – par exemple se constituer en groupe pour racheter l'exemplaire du storyboard original de Dune (culte ! ) – la Gen Z se dit intéressée. Mieux, elle y voit d'emblée un moyen de gagner de l'argent (en crypto, évidemment).

La conclusion de cette étude est sans appel : la Gen Z est déjà l'un des vecteurs essentiels de la propagation des nouveaux usages du Web3, ce d'autant que 77,5 % de ce focus group est convaincu que l'avenir (numérique) repose sur le Web3.

Les 18-25 ans y voient un moyen de lutter contre les dérives du Web 2.0 (essentiellement le harcèlement via les réseaux sociaux et le moyen d'avoir une meilleure maîtrise de ses données personnelles), ainsi qu'une espérance de gains financiers.

Sans oublier, pour les plus mûrs, un grand désir d'appartenance via ce nouveau web communautaire qui possède déjà ses propres codes, son lexique et sa reconnaissance envers les contributeurs à sa construction – comme le Web0 à ses débuts... Le numérique, comme la mode, est un éternel recommencement.


Quelles perspectives pour les marques, quels usages au sein de la Gen Z ? Éléments de réponse dans le livre blanc « Web 3 Culture » de l'agence Heaven téléchargeable ici !

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