Robot humanoïde

Médias, faites GAFA à l’IA !

Le 11 mai 2017

À peine remis de la tornade internet, les médias doivent se préparer au nouveau chantier qu'est celui de l’intelligence artificielle, déjà largement investi par les GAFA.

Méta-Media, le blog collectif de France Télévisions qui « décrypte les tendances pour comprendre les médias et le journalisme de demain », a publié, dimanche 7 mai, une nouvelle étude intitulée : « Et si les médias redevenaient intelligents ? » Réalisée par Éric Scherer, directeur de la prospective chez France Télévisions, l’étude invite les médias à saisir l’importance de la « nouvelle révolution industrielle qui est en train de définir le siècle : l’intelligence artificielle ». « Après "digital", "mobile" et "social first", voici venu le temps, nous dit-on, d’une nouvelle injonction : IA first ! »

Augmenter les médias

Éric Scherer dresse alors quinze pistes de réflexions afin « d’augmenter les médias. » Parmi elles, la nécessité de développer des « machines qui dialoguent à la voix ». De même qu’Apple, Microsoft ou Samsung ont développé leurs propres assistants vocaux, pourquoi ne pas imaginer, dans le futur, des IA capables de « donner des nouvelles, lire des textes, transcrire automatiquement des interviews enregistrées, présenter un JT, etc… » ? Éric Scherer défend donc une vision bienveillante de l'intelligence artificielle ; celle d’une collaboration entre l’homme et la machine.

Ainsi, les « robots-journalistes », nous explique-t-il, peuvent permettre de « laisser le travail plus gratifiant aux journalistes » en les déchargeant de tâches plus ingrates comme « détecter des "fake news" et empêcher leur viralisation ». De même, côté consommateur, l’intelligence artificielle peut, à la manière d’Amazon et de ses recommandations personnalisées selon nos goûts, nous aider à « réduire l’abondance de choix qui nous submergent. » Dans le même esprit, Éric Scherer préconise le développement de « machines qui archivent, trient et font ressortir le bon grain de l’ivraie. » Exemple est pris avec les 1,2 million d’articles scientifiques parus, l’an dernier, en bio-médecine. « Comment faire pour rester dans le coup ? », se demande Éric Scherer. Vous l’aurez deviné : grâce à l’IA, une nouvelle fois.

IA : Crise de confiance

Le directeur de la prospective chez France Télévisions va plus loin. L’IA, analyse-t-il, est aussi un puissant outil prédictif : « Demain, elle sera capable non seulement d’aller chercher ce que je veux, mais aussi ce dont j’ai besoin, avant même que j’en ressente l’envie. » Flippant ? La question mérite d’être posée, d’autant plus qu’Éric Scherer voit dans le manque de confiance envers l’IA, l’un des principaux freins à son développement.

Il faut « rendre l’IA plus amicale », explique-t-il, « car la méfiance reste grande. » Et de poursuivre plus globalement sur toutes les problématiques que l’IA soulève : « dilemmes éthiques, manipulation cognitive, menaces sur les emplois, perte de contrôle sur nos données… » L’avance prise par les GAFA en matière d’intelligence artificielle est également source d'inquiétudes. Elle fait peser le risque que les grands groupes dictent nos choix de lectures, d’achats ou d’information. D’où la nécessité, enchaîne M. Scherer, que « l’innovation ne reste pas dans dans les mains d’une algocratie, d’une petite caste d’heureux éclairés. » Et de pointer du doigt l’« inquiétante » impréparation de la part des médias à l’égard de ces questions. Gare donc à ceux qui, à nouveau, ne verraient pas le vent se lever !

Crédit photo : Alex Knight.

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