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Une femme avec une passoire sur la tête qui effectue un test
© RichVintage via GettyImages

Inutiles voire nocifs, l’arnaque des tests de personnalité

Le 7 juill. 2020

On aime répondre à leurs questions, cocher des cases et lire nos résultats. Mais les tests de personnalité pourraient nous être néfastes.

Ils s’appellent Papi, Sosie, MBTI, Color Code… Leur but est de définir notre personnalité, nous mettre dans une case ou nous assigner une couleur. Bref, nous dire qui nous sommes, vraiment. Que ce soit dans les magazines, sur Internet ou dans les cabinets de recrutement, la popularité des tests de personnalité n’est plus à démontrer. C’est même une industrie florissante qui pèse 2 milliards de dollars. Malheureusement pour elle, Benjamin Hardy a décidé de gâcher la fête avec son nouveau livre Personality isn’t permanent. Docteur en psychologie, il s’attaque au bullshit des tests de personnalité.

Notre personnalité n’est pas immuable

En Septembre 2019, le New York Times qualifiait les tests de personnalité d’« astrologie de l’open space ». La comparaison est bien trouvée. Horoscopes et chartes astrales connaissent effectivement un retour en force. Mais contrairement à l’astrologie, les tests de personnalité ont souvent une aura scientifique – à part peut-être le pourtant très qualitatif « Quel toast êtes-vous ? » de Buzzfeed. Mais Benjamin Hardy l’affirme, ces tests ont tout faux.

Ce que Benjamin Hardy reproche à ces tests – en plus, d’avoir failli gâcher son mariage avec sa femme – c’est qu’ils présentent la personnalité comme quelque d’immuable et d’inné en l’étiquetant de façon fixe et définitive. Or, « une étiquette peut être vraie à un certain moment mais complètement fausse à plein d’autres moments, parfois au sein d’une même journée », explique le psychologue spécialiste du travail et du leadership à Fast Company. En plus d’être partiellement faux, ces tests pourraient être néfastes.

Des étiquettes qui collent à la peau

Les tests de personnalité ne nous disent pas qui nous sommes. Au contraire, ils nous façonnent. Et pas forcément de la bonne manière. Selon Benjamin Hardy, les résultats de ces quiz peuvent nous empêcher d’évoluer positivement. Persuadés de leur valeur scientifique, nous avons tendance à nous accrocher aux étiquettes qu’ils nous collent et faire en sorte de les confirmer. Ce qui nous amène à penser que notre « futur moi » sera identique à celui d’aujourd’hui. Résultat : on se retrouve coincé. Forcément, ça rend la pratique un peu moins ludique.

Alors qu'on nous promet toujours plus d'intelligence artificielle dans les processus de recrutement, Benjamin Hardy nous invite à revoir l'intérêt même de mettre les personnalités dans des cases. Et à voir au-delà.

Alice Huot - Le 7 juill. 2020
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