caméra de surveillance sur mur vert

Surveillance : ces artistes ont choisi de dévoiler leurs données personnelles

© Lucas Gallone via Unsplash

Envoyer sa géolocalisation au FBI, publier son historique Google sous la forme d’un livre… Alors que la tendance est plutôt de lutter contre le traçage de nos données, certains artistes font le choix de partager publiquement les leurs. Quitte à être fliqués, autant tout balancer ?

« Avez-vous déjà pensé à tout ce que l'on sait de vous ?  » , questionnait l'artiste Laurie Frick lors d’une interview à The Atlantic en mai 2015. « Certes, Amazon sait à quelle vitesse vous terminez un livre grâce à Kindle » , oui « Netflix sait si vous êtes un téléspectateur occasionnel ou pas » , admettait la plasticienne américaine, habituée à utiliser ses données comme un matériau de création. Mais que cela plaise ou non, ce flicage continu est aussi un bon moyen d’en savoir plus sur soi-même, défend-elle. 

 
 
 
 
 
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Elle n'est d'ailleurs pas la seule sur le créneau. En dévoilant leurs données personnelles, certains artistes trouvent un exutoire dans la création et tentent de rire (jaune) aux dépens du capitalisme de surveillance. Sélection. 

Albertine Meunier

Depuis 2006, date à laquelle Google lance le service Search History pour stocker nos recherches, Albertine Meunier compile elle-même ses propres requêtes sur le moteur de recherche et partage publiquement son historique. 

My Google Search History de Albertine Meunier. Au 104, Village des Innovations de Futur En Seine 2011. © Benjamin Boccas pour Futur En Seine 2011.

Avant d’en faire un livre quasi autobiographique – My Google Search History l’artiste française nous le fait même lire et écouter en ligne !

Hasan Elahi

Un an après les attentats du 11 septembre 2001, Hasan Elahi est arrêté à l’aéroport de Détroit, rapporte The Atlantic. L’artiste américain d’origine bangladaise est alors soupçonné, à tort, de conserver des explosifs dans un casier en Floride. Après six mois d’interrogatoires du FBI et une dizaine de passages au détecteur de mensonges, l’artiste est enfin libéré mais restera marqué par cette expérience. Il crée alors un site Web que le magazine Wired baptisera « l’alibi parfait » , une sorte de cartographie de ses moindres faits et gestes qu’il envoie chaque jour au FBI sous la forme de notifications électroniques. 

Itinéraires, dates de déplacements, photos de chambres d’hôtel, de toilettes et de cafés Starbucks… l’artiste documente sa vie, parfois « minute par minute » sur une carte en direct et sur son site. En résultent des milliers d’images et de données qu’il utilise pour « troller » la police fédérale américaine.

Alberto Frigo

En 2004, cet artiste italien décide de photographier tout ce que sa main droite touche jusqu'en 2040.  « Si je continue jusqu'à mes 60 ans, j’aurai photographié près d'un million d’objets et pourrai ainsi prétendre à une sorte de code ADN de ma vie » , explique-t-il dans un article universitaire en ligne.

Capture d'écran du site d'Alberto Frigo.

Il commence à compiler, au cours de la même décennie, ses rêves, ses pensées, les musiques qu'il écoute, la météo, ses émotions ainsi que des éléments de son environnement qu'il agrège à l'aide de plusieurs médias comme la photo, la prise de notes, le croquis ou les enregistrements audio. Tout, absolument tout est consultable en ligne (sous la forme de .PDF) et l'on pourrait s'y perdre pendant des heures...

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