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© Jeff Mermelstein

Des SMS d’inconnus immortalisés par un photographe de rue

Le 10 sept. 2020

Le photojournaliste Jeff Mermelstein a passé des années à capturer les textos que s’envoient les New-Yorkais dans la rue. En découle une collection d’échanges intimes, figés dans le temps, à l’heure où tout va toujours trop vite.

Souvent lus aussi vite qu’ils ont été expédiés, SMS et autres messages instantanés envoyés aux quatre coins du monde demeurent bien souvent éphémères. Ils en disent pourtant long sur notre humanité, estime le photographe américain Jeff Mermelstein

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Depuis des années, ce photojournaliste féru de photo de rue s’amuse à capturer les échanges numériques de New-yorkais avec son smartphone. Il les publie aujourd’hui dans un recueil hilarant, parfois déchirant, mais toujours cru et sans filtres. Une tranche de vie contemporaine que l’on pourrait scroller... à l’infini.

« Salut. Tu vas bien ? Je vais bien. Et toi ? Moi aussi. »

Dans la ville comme dans le métro, Jeff Mermelstein guette le plaisir de tomber sur un échange absurde, de croquer le portrait d’inconnus via ce qu’ils tapotent à l’écran ou simplement de capter les bizarreries de nos échanges épistolaires modernes. Et autant dire qu’il y a à boire et à manger dans les 1 200 messages qu’il a collectés. 

Des discussions politiques désespérantes qui finissent en queue de poisson...

© Jeff Mermelstein

… à l’annonce de nouvelles imprévues.

© Jeff Mermelstein

En passant par le soutien d’un proche dans la douleur...

© Jeff Mermelstein

Ou par tous ces messages creux qui ne disent absolument rien, tout en disant tout…

© Jeff Mermelstein

Extraits de leurs flux intarissables, les messages se figent, prennent une importance nouvelle et se transforment en  fragments de vie auxquels tout le monde peut s'identifier.

Donner une corporéité à nos échanges virtuels

Il sait que sa pratique pourrait être jugée illégale, mais Jeff Mermelstein assure conserver l’anonymat de ceux et celles qu’il photographie. Et quand bien même se ferait-il taper sur les doigts, que deviendrait la photographie de rue sans cette spontanéité ? 

« Je crois que la condition humaine - du moins avec le baromètre que j’ai de New York - est assez désordonnée, assez loufoque, assez surprenante, assez interdépendante. Elle va du plus ordinaire, au plus régulier, jusqu'au plus bizarre. », raconte le photographe à Esquire. Une vision que la couverture de son recueil, simplement baptisée #NYC, résume assez bien. 

Dessus, une main, un smartphone et un message presque absurde : « Cette période de ma vie m’a laissé une impression durable de bien des manières. Et crois-moi, si seulement nous avions pu garder cela privé... »

Peut-être pour dire que rien ne disparaît jamais réellement ? Aussi bien de l’intérieur d’un smartphone que de l’oeil aguerri d’un photographe. 

Margaux Dussert - Le 10 sept. 2020
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