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une ville futuriste avec des lumières
© Grand failure via Getty Images

Lire de la science-fiction nous aiderait à surmonter notre anxiété face à l’actualité

Le 19 juin 2020

Loin de couper les lecteurs de la réalité, la littérature de science-fiction forge la créativité, le sens critique et la prise de recul sur le monde, défend la chercheuse américain Esther Jones dans un article de The Conversation

On vous a forcé à lire de la littérature classique plutôt que des « romans pour geeks » ? L’enfant frustré que vous étiez pourrait prendre sa revanche aujourd’hui. Car pour la chercheuse américaine Esther Jones, professeure d’anglais spécialiste des notions de genre et de race en littérature, les livres de science-fiction et de fantasy ont été injustement dénigrés et méritent plus que jamais leurs lettres de noblesse. 

Ceux qui lisent de la science-fiction ont été stigmatisés comme des geeks qui ne savent pas faire face à la réalité.

Contrairement à une perception erronée selon laquelle les deux genres conviendraient aux introvertis déconnectés de la société, ce type de lecture pourrait en fait aider les jeunes générations à prendre de la distance avec le monde qui les entoure. Mieux, à faire face à l’anxiété et à l’appréhension de l’avenir, en particulier en période de pandémie. 

Apprendre la résilience à travers d’autres mondes

Pourtant historiquement, « ceux qui lisent de la science-fiction ont été stigmatisés comme des geeks qui ne savent pas faire face à la réalité, regrette la chercheuse. Cette perception persiste, en particulier pour ceux qui ignorent les changements de ce genre au cours des dernières décennies. ». Selon elle, la pensée critique, l’agilité d’esprit et l’intelligence émotionnelle conférées par ce type de littérature permettent au contraire de produire une résilience et une créativité que la vie quotidienne et la réalité peinent en général à prodiguer. 

Elle rappelle que, dans un article de 2016 paru dans la revue Social and Personality Psychology Compass, le fait de se connecter à des mondes fictifs implique un double processus d’empathie ; personnel dans la perception de challenges difficiles à surmonter, mais aussi profondément connecté au ressenti du héros. De Harry Potter à Hunger Games, « les lecteurs voient des exemples de jeunes aux prises avec de graves problèmes sociaux, économiques et politiques qui sont intemporels et pertinents, mais qui, dans des contextes et périodes singuliers, offrent une distance critique. »

Ainsi, la littérature de science-fiction et de fantasy aiderait les jeunes à mieux comprendre le monde. Selon une enquête réalisée en 2015, ce type de lectorat consomme en effet d’autres types de livres et médias et possèderait la capacité de mieux appréhender la science et ses phénomènes, par exemple. 

S’évader pour mieux revenir

Enfin, la surcharge d’informations qui entoure les jeunes générations les incite peut-être à appréhender différemment le réel.

« Avec l'augmentation des taux d'anxiété, de dépression et de problèmes de santé mentale chez les jeunes au cours de ces deux dernières décennies, il se peut que les jeunes (...) souffrent d'une surcharge de réalité. Ils ont aujourd'hui un accès sans précédent à des informations sur lesquelles ils n’ont que peu d’influence ou de poids. »

Dans un roman, les jeunes puisent alors leurs propres stratégies de résilience et c’est peut-être ce dont ils ont le plus besoin aujourd’hui.

Lire l'article original.

Margaux Dussert - Le 19 juin 2020
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