habillage
premium 1
premium 1
getty-animal-crossing
© Getty Center via Nintendo - Animal Crossing

Sur Animal Crossing, les musées bravent la crise

Le 11 sept. 2020

Du musée Warhol de Pittsburgh au MET, les institutions culturelles sont de plus en plus nombreuses à miser sur le jeu star du confinement pour faire rayonner leurs collections.

Quand les visiteurs se font rares, certains musées se tournent vers le jeu le plus populaire du confinement pour conserver un lien avec leurs publics : soit Animal Crossing New Horizons, dernier opus de la franchise Nintendo déjà vendu à plus de 22 millions d’exemplaires dans le monde. Le jeu vidéo, qui laisse les utilisateurs devenir propriétaires et gestionnaires d’une île, accorde de plus en plus de place à l’Histoire de l’art et à ses chefs-d’oeuvre. Sa dernière « acquisition » ? Chelsea Girls, un film expérimental réalisé en 1966 par Andy Warhol actuellement diffusé en boucle dans une salle de projection virtuelle de la plateforme. Un bon coup de pub pour le musée Warhol de Pittsburgh où l’on peut habituellement voir l’oeuvre.

Grands gagnants de cette période de pandémie, les jeux vidéo sont de plus en plus plébiscités par les musées, certains ayant bien compris qu’une visite virtuelle vaut mieux que… pas de visites du tout, à commencer par le Louvre qui avait réussi à enregistrer 10,5 millions de visiteurs durant le confinement grâce à ses parcours en ligne.

Démocratiser l’art sur Animal Crossing

Sur Animal Crossing, c’est la possibilité de personnaliser la décoration de son espace de jeu avec des oeuvres d’art qui plait aux musées. Nintendo permet en effet aux joueurs d’acheter et de revendre certaines pièces emblématiques comme la Joconde moyennant quelques « bells », la monnaie locale. 

Durant le confinement, les équipes du Getty Center de Los Angeles se sont intéressés de près au lancement de la nouvelle version du jeu. Objectif ? Trouver un moyen d’y intégrer des oeuvres de leurs collections. C’est finalement Jaron Viëtor, ingénieur informatique, qui leur offrira la solution : un programme de code gratuit permettant aux joueurs de convertir des oeuvres d’art en QR codes avant de les numériser dans le jeu. 

En permettant aux utilisateurs de télécharger des oeuvres de leurs collections numériques, de plus en plus d’institutions rebondissent sur la fonctionnalité, sans pour autant la rendre payante. Car l’objectif est surtout de « démocratiser l’art », explique Sofie Andersen, responsable du département numérique du Metropolitan Museum of Art à The Wall Street Journal. Ayant décidé de se prendre au jeu, le musée new-yorkais a vu certaines de ses oeuvres - La Vague d'Hokusai ou l’Autoportrait en chapeau de paille de Vincent Van Gogh notamment - connaître un vrai succès sur la plateforme.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par nasjonalmuseet (@nasjonalmuseet) le

D’autres institutions américaines comme le Cincinnati Art Museum et le San Antonio Museum of Art ont également participé au mouvement. En Europe, le Norway’s National Museum offre désormais une version téléchargeable du célèbre Cri de Munch. Idem pour le Victoria and Albert Museum de Londres qui permet aux joueurs de télécharger dans le jeu les motifs et papiers peints de l’artiste William Morris. En France, le musée des sciences naturelles d’Angers était même allé plus loin en organisant des visites virtuelles de ses collections au sein de la plateforme. 

En période de distanciation sociale, la tendance a du bon pour ces institutions, qu’il s’agisse de conserver un lien avec leur public ou de faire connaître des oeuvres habituellement conservées au sous-sol.

Margaux Dussert - Le 11 sept. 2020
À lire aussi
premium2
habillage

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.