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Photo du défilé confiné de Ronald van der Kemp
© Marijke Aerden via Instagram

Désormais, le masque sera votre accessoire de mode

Le 6 mai 2020

On voulait des masques. On va en avoir. À paillettes, en velours, en satin, de toutes les couleurs, les marques et les designers s’y mettent.

Mardi 5 mai 2020, Emmanuel Macron effectue la visite d’une école primaire dans les Yvelines. Cette fois, le président de la République, qu’on avait déjà vu porter des masques FFP2, est apparu avec un masque dit « grand public ». Et son design sobre, bleu marine orné d’un petit drapeau tricolore, a fait parler de lui. Hé oui, il fallait s’y attendre ! Les masques sont désormais des accessoires de mode.

Le premier défilé de haute couture consacré au masque

L’accessoire essentiel qui a tant manqué au plus fort de la crise a même eu droit à son premier défilé haute couture. Le créateur néerlandais Ronald van der Kemp a orchestré un défilé confiné et masqué le 28 avril dernier. Aux fenêtres d’un hôtel d’Amsterdam, 30 mannequins ont présenté la collection de masques du designer. En lien avec sa démarche d’upcycling, le designer a réalisé la collection avec des chutes de tissus.

 

Ils ne respectent probablement pas les recommandations Afnor, mais ces masques prouvent que l’accessoire risque d’investir durablement nos garde-robes.

Une sacré opportunité business

« Les gens vont probablement porter des masques pendant quelques temps. Et s’ils doivent mettre ce bout de tissu sur le visage, pourquoi ne pas en faire quelque chose d’agréable à porter ? », explique la créatrice américaine de mode Eugenia Kim au Washington Post. La designeuse de la marque de chapeaux et accessoires de tête qui porte son nom n’a donc pas hésité à se lancer dans le business. Sur son site, une catégorie « masques pour le visage » a fait son apparition. Et attention, rien à voir avec les masques chirurgicaux jetables. Il y a du satin, du voilage, de la couleur et même des sequins. Vendus 20$ pièce, ces masques sont déjà en rupture de stock.

Même le géant Disney est de la partie. Le groupe qui annonce des pertes à hauteur d’1,4 milliard de dollars à cause du confinement s’est néanmoins lancé dans les masques pour enfants – recommandés à partir de 2 ans aux États-Unis. L’entreprise a annoncé que l’intégralité des bénéfices américains serait versée à des associations et qu’un million de ces masques sera offert à des familles vulnérables.

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Le masque is the new casquette ?

Derrière les paillettes et les tissus colorés, il y a bien quelque chose d’étrange à voir un objet de protection contre un virus qui a mis le monde à genou devenir un accessoire de mode. Selon Patricia Mears, Directrice adjointe du musée du Fashion Institute of Technology à New-York, il n’existe pas d’équivalent dans l’histoire. La comparaison la plus proche serait la parka, passée d’un vêtement de survie inuit à un vêtement stylé pour l’hiver. De la même manière, les masques de protection contre le coronavirus deviennent également des moyens d’expression.

Un masque de protection avec l'inscription Louis Vuitton

©Ki Collection

« Si je sors une fois, et puis une autre fois, est-ce que je remets le même masque ? Idéalement, non », commente la designeuse Kiki Pedro-Hall, qui a vu dans la confection de masques l’occasion d’allier l’utile à l’agréable. Sur son compte Instagram, elle partage ses créations haut-de-gamme réalisées à partir de dust bags de luxe (les sacs en tissus qui protègent les sacs de luxe).

Chanel, Alexandre McQueen, Fendi… ses masques qui se vendent entre 65$ et 130$ sont aussi ostentatoires que des sacs de designers. Ils ont au moins le mérite d’être utiles.

 

Alice Huot - Le 6 mai 2020
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