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des personnes courent avec des bidons d'essence
© Canal+

L’Effondrement : que vaut la nouvelle série « collapso » de Canal+ ?

Le 7 nov. 2019

L’Effondrement, nouvelle création courte de Canal+, est à retrouver à partir du 11 novembre sur la chaîne. Juste après La Guerre des Mondes. De quoi vous garantir des soirées réjouissantes, placées sous le signe de la fin du monde.

Et si la fin de notre civilisation avait lieu demain ? Dans un monde sans gasoil, ni électricité et où l’argent ne vaut plus rien, que devient l’humain et comment survit-il sans le « système » ? Surtout, que serions-nous prêts à faire pour sauver notre peau ou protéger nos proches quand l’anarchie est la seule voie possible ? Ce sont les questions posées par L’Effondrement, nouvelle micro-série Canal+, diffusée à partir du 11 novembre 2019.

Anthologie dramatique dont les courts épisodes (15 minutes) prennent aux tripes, la création relate les destins croisés de plusieurs individus et familles forcés de fuir pour survivre. 

Choisir de faire le bien ou le mal

La série aborde, pêle-mêle, des enjeux profondément humains dans un climat de défiance, d’émeutes et d’insécurité.

De familles prêtes à tout pour protéger leurs enfants au flic paniqué incapable de faire régner l’ordre, en passant par la figure d’un magnat couard, fuyant vers une île privée avec son Van Gogh sous le bras, L’Effondrement dresse une fresque complexe de ce que pourraient être nos vies futures. Quand il ne reste plus rien d’une société, si ce n’est une poignée de proches et un brin d’humanité, que biens matériels et statut social ne valent plus un clou, hommes et femmes se retrouvent face à eux-mêmes, dans ce qu’ils ont de plus lâche et de plus vertueux. Certains tentent de s’allier en créant des sociétés autosuffisantes, d’autres font le choix de marcher seuls, quitte à piller la moindre station-service pour avancer.

Dans les deux cas, méfiance est mère de vertu : il faut constamment surveiller ses arrières car la faim et la survie tenaillent tout le monde, les « méchants » comme les « gentils ». L’état d’urgence et le sentiment de panique sont d’autant plus palpables que Bastien Ughetto, Jérémy Bernard et Guillaume Desjardins, les trois amis à l’origine de la série, ont fait le choix de tourner chaque épisode en plan séquence. Ils se sont notamment inspirés du film Les Fils de L’homme (2006) d’Alfonso Cuarón dont l’impressionnante séquence de fin avait nécessité deux semaines de préparation. Les trois cinéastes se sont également inspirés du travail de chercheurs comme Pablo Servigne, co-auteur de l'ouvrage Comment tout peut s'effondrer (2015) dans lequel il soutenait que notre société industrielle court à sa perte.

Certains épisodes – nous avons pu voir les quatre premiers – sont à la limite du soutenable. Non pas en termes de violence à l’écran, mais dans la façon de filmer la faillibilité de certains personnages, acculés et au pied du mur. Dans un monde sans forces de l’ordre ni structures étatiques, le choix entre le bien et le mal redevient quelque chose d’instinctif, d’originel, d’essentiel. On alterne entre moments de cruauté et moments de grâce : bref au meilleur et au pire de notre espèce. À voir absolument.

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