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photo de l'acteur james dean
© Needpix

James Dean ressuscité au ciné : une polémique à laquelle il fallait s'attendre

Le 12 nov. 2019

« L’icône culturelle, décédée en 1955, sera de retour sur nos écrans grâce aux images de synthèse » a écrit The Hollywood Reporter. Une annonce qui a fait polémique, mais qui a pourtant connu des antécédents.

James Dean, star de La Fureur de vivre décédée en 1955, va faire son grand retour au cinéma grâce aux effets spéciaux. Le pitch d’un film de science-fiction ? Raté. Révélée en exclusivité par The Hollywood Reporter, l’annonce n’a rien d’un canular. On y apprend que l’icône a été sélectionnée (ressuscitée ?) par le biais d’un casting posthume pour le film d’action Finding Jack, dont le tournage doit commencer le 17 novembre prochain.

Une polémique d’ordre éthique et commercial

Adapté d’une nouvelle de Gareth Crocker, le film devrait aborder la découverte de milliers de chiens militaires abandonnés à l’issue de la guerre du Vietnam. James Dean, décédé à l’âge de 24 ans, doit y interpréter un second rôle : le personnage de Rogan. Sa performance doit notamment être rendue réaliste grâce à la technique du « full body », laquelle permet de recréer le physique intégral d’une personne via des images d’archive (photos, vidéos) sans le superposer à une doublure vivante.

« Nous avons activement cherché le personnage idéal pour interpréter le rôle de Rogan, qui présente des arcs de narration extrêmement complexes. Après des mois de recherche, nous avons choisi James Dean », rapporte Anton Ernst, l’un des deux réalisateurs, au média américain. « Nous sommes très honorés que sa famille nous soutienne et nous prenons toutes les précautions pour que son héritage en tant que star de légende reste intact. La famille considère qu'il s'agit de son quatrième film, un film qu'il n'a jamais réussi à faire. Nous n’avons pas l’intention de laisser tomber ses fans. »

Malgré ces quelques précautions oratoires et la promesse d’une prouesse technologique, l’annonce a largement été critiquée sur Twitter. Certains y dénoncent une visée purement commerciale, d’autres une exploitation peu éthique de l’image d’une icône décédée.

Le culte de la jeunesse éternelle

« La création de personnages 100 % numériques apporte vraiment une liberté artistique et l'imagination devient la seule limite du réalisateur, rapporte Maxime Munier, directeur du cinéma Agnès-Varda à Joigny (Yonne) à France Inter, (…) mais quand il s'agit juste de "banker" sur un acteur disparu, je suis vraiment dubitatif de l'intérêt purement cinématographique du projet. »

Jusqu’où les progrès de l'imagerie de synthèse peuvent-ils aller au nom du réalisme ? Peut-on rendre immortelles nos icônes favorites ? Ce n’est pas la première fois que le sujet questionne. En 2013, les équipes du film Fast & Furious 7 avaient dû recréer l’image de l’acteur Paul Walker, brutalement décédé avant la fin du tournage. La saga Star Wars n’en est pas à son coup d’essai non plus. Carrie Fisher, décédée en décembre 2016, apparaît rajeunie dans Rogue One. Idem pour l’acteur Peter Cushing dont le visage est incrusté sur le corps d’une doublure.

Même le rappeur Tupac, décédé en 1996, a eu droit à son hologramme posthume lors d’un concert à Coachella en 2012...

C’est finalement moins la technologie utilisée qui importe que l’utilisation abusive de l’image de personnes disparues – voire de leur esprit, si l’on veut se projeter un peu plus avec l’épisode 3 de la saison 5 de Black Mirror. Dans l'épisode, la chanteuse Miley Cyrus doit notamment se confronter à l'utilisation artificielle de ses capacités créatives alors qu'elle est dans le coma.

Autre fiction prophétique ? Le film Le Congrès où l’actrice Robin Wright se voit contrainte de se faire scanner et de céder ses droits d’image à Miramount pour rester jeune et belle à jamais et espérer avoir du succès. De science-fiction à réalité, il n'y a parfois qu'un pas.

Margaux Dussert - Le 12 nov. 2019
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