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un homme se fait gifler par une patte de chat
© Don't Touch Your Face / Leah Shore & Rob Yulfo

L'humour du Web en 2020 : coronavirus, désenchantement et résilience

Le 9 juill. 2020

Des feux en Australie ayant causé la mort de milliers de koalas, à la pandémie de Covid-19 en passant par le confinement, le déni de certains chefs d’État et la crise économique… le premier semestre 2020 pousse les internautes à s'exprimer sur la période avec humour.

On le sait maintenant, les mèmes peuvent aider à mieux gérer mal-être et dépression. En dépit de leur cynisme, peut-être pourront-ils nous aider à exorciser les mauvais souvenirs de 2020. Il faut dire que cette année semble bel et bien résolue à tester la solidité de nos nerfs. 

Sur Twitter, de nombreux hashtags humoristiques (#MyPandemicSurvivalPlan, #QuarantineAndChill…) ont fleuri durant la pandémie. En mars, une sous-catégorie Reddit dédiée au coronavirus connaissait la croissance la plus rapide sur la plateforme avec plus d’1,9 million d’abonnés. Idem sur TikTok, grand gagnant du confinement, où les challenges et vidéos comiques liés aux gestes barrière comme « Corona Time » et « Wuhan Shake » sont rapidement devenus viraux. 

Corona, tu nous auras pas

Selon un rapport de Know Your Meme, véritable bible de la culture mème, la période de propagation du Covid-19 aurait même connu trois phases tragi-comiques. 

La première, qui s’étend sur tout le mois de janvier, correspond à la découverte du virus. Sur les réseaux, le Covid-19 devient très vite... viral. On y voit des mèmes avec des individus portant des masques en forme de bec, référence aux costumes de protection que portaient les médecins pour se protéger de la peste bubonique au 14ème siècle. D’autres publications plaisantent aussi au sujet du jeu mobile Plague Inc. - depuis interdit en Chine - dans lequel les joueurs sont invités à fabriquer et à propager des agents pathogènes dans le monde entier. 

Plus critique, la deuxième phase de la pandémie concerne les réactions de chacun face à la propagation du virus. La pénurie de papier toilette qui a suscité moult railleries ou encore l’indignation suscitée par une vidéo d'ados (plus soucieux de réussir leur Spring Break que de se protéger du virus) ont donné de la matière aux internautes.

Rendons enfin hommage aux mèmes hilarants de la tendance « Don’t touch your face », consigne rabâchée par les autorités sanitaires nous dissuadant de nous toucher le visage, mais pas si facile à respecter.

La troisième phase concerne enfin la mise en place du confinement et la distanciation sociale. Et là, c’est (encore plus) la débandade. Alors que la tendance des montages « 1er mars VS 1er avril » s’amuse à comparer notre état physique et mental au début et au milieu du confinement... 

... certains internautes se mettent à relayer la façon dont ils ou elles occupent leurs longues journées solitaires.

Qu’il s’agisse d’épépiner une fraise avec une pince à épiler ou de faire exploser une pastèque en l'enroulant d’élastiques, c’est à celui qui ira le plus loin dans l’art du désœuvrement. 

« Fuck 2020 »

Plus généralement, et au-delà des différends que la période a pu soulever - faut-il oui ou non investir dans un bunker anti-pathogènes ou stocker 24 paquets de Panzani pour subsister ? - nous sommes à peu près tous d’accord pour dire que 2020 est une année de mer**. 

Sur Twitter, le hashtag #AlrightJuly résume plutôt bien le tableau et a vu plusieurs internautes se préparer au pire à la fin du mois de juin : « Ok Juillet, voyons ce que t’as dans le ventre », « Ok Juillet, j’ai survécu à la première moitié de 2020. Qu’est-ce que tu as prévu pour moi ? », « Juillet, fais pas le con ». 

Sur TikTok, la chanson virale du moment « Fuck 2020 » arbore des paroles tout aussi imagées : « Mon chat est mort et une pandémie mondiale a pris le contrôle de ma vie. J’ai sorti de la musique que personne n’a aimé. Je me sens à la fois triste et énervée. Du coup, j’emmerde 2020. » 

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Avenue Beat (@avenuebeat) le

En France, même Renaud est revenu sur le devant de la scène. Son nouveau titre, Corona song, déploie le langage fleuri qu’on lui connaît bien : « Coronavirus, connard de virus, commence-t-il. T'as débarqué un jour de Chine; retournes-y qu'on t'y confine. Dans ce pays où on bouffe du chien, des chauves-souris, du pangolin. Moi devant ma télé pourrie entre BFM et LCI, j'me cogne sans cesse Arlette Chabot ou la pauvre Roselyne Bachelot. »

Ce n’est plus qu’une question de temps avec que le tube ne se transforme lui aussi en un phénomène viral. 

Ah, attendez, ça chauffe : 

Margaux Dussert - Le 9 juill. 2020
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