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un danseur de rue noir
© OnP / Les Films Pelléas

Hip-hop VS Mozart : ce battle de danse « made in Barbès » à voir absolument

Le 17 janv. 2019

Porté par les bruits du quartier de la Goutte-d’Or et la musique de Mozart, le court-métrage Grand Hôtel Barbès mélange hip-hop, danse et musique classique sans aucune faute d'accord. Un film jeune et frais qui porte l’Opéra dans la rue.

Le pitch : errant et désœuvré, Ulysse, la vingtaine, n’a pas de quoi payer sa chambre d’hôtel. En plein cœur de Barbès à Paris, un battle de hip-hop sur la musique de Mozart pourrait bien l’aider à se tirer d’affaire… 

Réalisé par Ramzi Ben Sliman pour la 3e Scène de l’Opéra, le film Grand Hôtel Barbès décloisonne les arts avec poésie et intelligence. Ici, hip-hop, danse classique et foot de rue flirtent avec la symphonie 25 de Mozart avec une fluidité qui n’étonne même plus, comme une évidence que l’on aimerait voir plus souvent.

Un hommage au quartier de la Goutte-d’Or

Ramzi Ben Sliman a planté sa caméra à Barbès, un quartier qu’il connaît bien pour y avoir déjà tourné. « C’est l’endroit où j’ai tourné mon premier long-métrage. C’est un quartier très photogénique et surtout plein de frontières, nous explique le réalisateur. Il se reconstruit sans cesse, sépare et unit les gens… ces contradictions, j’ai choisi de les placer dans la danse ».

Mise à l’honneur tout le long du film, l’ambiance sonore de Barbès façonne la chorégraphie, métaphore filée incarnée par Ulysse (Lorenzo Da Silva), principal protagoniste et danseur solitaire.

« C’est un film de rue sans dialogues. Il fallait donc occuper l’espace sonore de façon à ce que le bruit soutienne le cours de l’action », poursuit Ramzi Ben Sliman. Pendant près de 12 minutes, les vibrations du métro aérien, les rumeurs du périphérique et le carrefour entre les terminus de la Gare du Nord et de la Gare de l’Est offrent « un camaïeu de sons » bien connus des parisiens.

Affiche du film "Grand Hôtel Barbès"

 © OnP / Les Films Pelléas

La danse sans académisme

Du bruit, du brouhaha, jusqu’à ce qu’Ulysse dévoile ses talents, parmi une foule de danseurs et face à deux impressionnants break dancers.

« C’est sa personnalité, son sens du groove et du rythme qui m’ont plus, rapporte le réalisateur au sujet de l’acteur qui n’a pourtant pas l’étoffe d’un danseur classique, mais qui parvient, avec justesse, à alterner entre grands jetés, jongles de rue factices et mouvements électros, une danse urbaine né au début des années 2000 à Paris.

Pas de script, peu de préparation et peu de règles. Le film permet aux danseurs de s’adonner à ce qu’ils savent le mieux faire : danser ensemble dans la rue, sur du hip-hop comme sur du Mozart.

En matière d’adaptations et de créations hybrides, la 3e Scène n’en est pas à son coup d’essai. En 2017, le réalisateur Clément Cogitore avait adapté une partie du ballet des « Indes Galantes » de Jean-Philippe Rameau avec des danseurs de Krump, une danse née dans les quartiers pauvres de Los Angeles dans les années 90.

La street, c'est « in »

« Est-ce le rôle de l’Opéra que de casser ses canons tricentenaires ou est-ce que ce sont justement ces canons qui permettent de créer quelque chose d’autre, ailleurs ? », questionne Ramzi Ben Sliman dans une interview vidéo

La question mérite d'être posée, en particulier à un moment où « le retour à l'authenticité » séduit de nombreuses marques. En région parisienne, quartiers populaires et/ou périphériques, friches et lieux alternatifs  poussent partout et font le bonheur de leurs entreprises partenaires, des agences (BETC a ouvert Les Magasins Généraux à Pantin, un lieu dédié à la création, ndlr) et bien évidemment des artistes. À plus grande échelle, le film promotionnel d'Apple « iPhone 7 + AirPods » surfait aussi sur cette mouvance, plus urbaine et marginale. 

Toutefois, force est de constater que tous les quidams de la rue ne peuvent pas aller à l'Opéra. Ni s'acheter une paire d'écouteurs sans fil siglée par la pomme ! Les acteurs de la street seraient-ils plus sympas en photo qu'en clients ?

Margaux Dussert - Le 17 janv. 2019
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  • Rectification (parce que lire tecktonik en 2019...)

    La "Danse Electro" , inventée par des jeunes d’Île de France, a pris naissance au tournant des années 2000 lors des soirées Clubbing à Paris et sa région .

    S'enrichissant d'apports nouveaux au travers des battles (Face-à-face), mêlant jeux de jambes & jeux de bras se pratiquant aussi bien sur les dancefloors que sur des spots urbains, la danse electro s'est rapidement popularisée , par le bouche à oreille , grâce aux vidéos diffusées sur le net & notamment la "Techno Parade 2007" de Paris.

    Danse urbaine, elle est adaptée au rythme de la musique électro house , Mais l'electro se caractérise avant tout par la liberté de créer ses propres pas de danse.

    Cette danse n'a cessé d’évoluer depuis sa création encore récente, intégrant apport esthétiques , techniques , musicaux.

    #kikasama