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G5, une performance de Rocio Berenguer
© Rocio Berenguer

Le G5, ce sommet mondial inter-espèces où l’humain ne décide… de rien

Le 15 oct. 2019

Et si demain, l’humain n’était plus au centre des grandes négociations mondiales ? Avec son « G5 inter-espèces », l’artiste Rocio Berenguer imagine un futur où minéraux, plantes, animaux, machines et humains doivent coopérer pour assurer le futur de la vie terrestre.

 
 
 
 
 
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Dans un futur proche, la découverte d’intelligences végétales, minérales, animales et artificielles inverse la hiérarchie des espèces. Presque évincé de la table des négociations, l’humain doit composer avec ses homologues vivants pour assurer le futur de la vie sur Terre. Bienvenue au G5, le premier sommet « inter-espèces » du monde.

Utopie artistique imaginée par l’artiste espagnole Rocio Berenguer, cette fiction en trois actes (performance, spectacle de danse et installation) ouvre le débat sur les collaborations possibles entre ces différentes formes de vie. L’artiste, actuellement en résidence au Centre des arts d’Enghien-les-Bains, nous parle de son premier volet, « Coexistence » : une performance théâtrale hybride où chaque espèce, avec ses perceptions, tente d’apprivoiser l’autre…

artiste rocio berenguer

Rocio Berenguer

Le G5 est une proposition utopique de ce que pourrait être le futur de notre politique. 

Intelligences artificielles, minéraux, plantes, animaux… Comment vous est venue l’idée d’un sommet inter-espèces ?

Rocio Berenguer : je pense que la question de l’altérité est à remettre sur la table. Il faut percevoir l’autre comme un être différent, une possibilité, une variation, non pas à travers une échelle de valeurs ou un rapport hiérarchique, mais via un panel infini de variations, de formes d’être, de possibilités d’être. Je sens qu’on a besoin de s’ouvrir à toutes ces altérités qui nous entourent.

Pour moi, la politique ne peut plus être dans le déni de l’interdépendance du vivant (humain, animal, végétal…) dans le monde. Je crois que c’est une vraie urgence d’inclure ces aspects dans notre système politique. Le G5 est une proposition utopique de ce que pourrait être le futur de notre politique.

« Coexistence » est la première performance de ce G5. Elle parle de protocoles, de dialogues entre toutes ces espèces…

R. B. : « Coexistence » est une performance participative au cours de laquelle le public participe à un référendum. Les résultats de ce référendum sont enregistrés et analysés en direct. À terme, j’aimerais pouvoir les inclure au déroulement de la performance.

Il y aura aussi un spectacle de danse et une installation. Comment votre histoire évoluera-t-elle dans le temps ?

R. B. : le G5 est un projet transmedia qui se décline effectivement en trois formes : une performance, une installation et un spectacle. Dans mon travail, je développe un univers autour d’une idée, cet univers se nourrit de rencontres, d’échanges, de documentations et de recherches. Ces recherches produisent ensuite des objets ou formes artistiques. Je ne pars pas de la forme. Elle émerge à la fin, dans la matière compilée par la recherche.

Vous vous êtes entourée de scientifiques et même d’un philosophe pour ce projet. En quoi cela vous a-t-il aidée à construire votre histoire ?

R. B. : les rencontres et discussions avec les chercheurs.euses et philosophes sont très importantes pour moi, notamment dans mon processus de recherche. Le sujet du G5 est riche et complexe, et cela m’aide à formaliser mon univers. Elles me permettent de confronter l’imagination au réel pour ensuite creuser les limites entre fiction et réalité. Souvent, on se rend d’ailleurs compte que le réel dépasse la fiction.

Le dialogue entre sciences, technologies et société habite la plupart de vos performances. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

R. B. : la science et les nouvelles technologies sont des espaces intéressants car ils font l’objet de beaucoup de recherches. Cela confère un espace créatif qui nécessite de l’imagination et de l’inventivité. Ce sont des espaces « d’élasticité du réel » dans lesquels on cherche à comprendre le monde qui nous entoure et à bricoler des « possibles ». Notre culture est pleinement influencée par les hypothèses scientifiques sur ce « réel ». Et notre approche du monde est aussi très influencée par les usages des technologies.

Comment se termine ce fameux G5 ? Est-ce que vous avez toujours en tête de faire « triompher » le monde minéral ?

 R. B. : eh bien, ça c’est un secret, et je ne peux pas tout dévoiler, il faudra venir voir le spectacle pour le découvrir... 

La performance Coexistence est à retrouver à la biennale Nemo, du 5 au 8 février 2020.

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